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Une pour toutes
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Virginie Calle
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Elle pensait entrer dans une nouvelle phase de sa vie.
Elle ne savait pas qu’elle allait déclencher un séisme.
Alice, 52 ans. Une vie stable. Trop stable.
Jusqu’au jour où son corps change… et que tout le monde regarde ailleurs.
Bouffées de chaleur. Fatigue. Doutes.
Au travail, les humiliations. Partout, le même silence…
Alors elle décide de parler.
Un blog. Des témoignages. Une vérité que des milliers de femmes attendaient.
Quelques femmes la lisent, puis des centaines. Puis des milliers.
En quelques semaines, Alice devient une voix.
En quelques mois, un symbole.
Mais face à l’indifférence, elle change de stratégie.
Radicalement.
Ce qui commence comme un cri devient un mouvement.
Ce mouvement devient une pression.
Et la France entière vacille.
Quand une société détourne le regard,
jusqu’où faut-il aller pour être entendue ?
Plus loin que prévu.
Plus loin que permis.
Un roman coup de poing sur un sujet encore tabou.
Un texte sur le corps, le temps et la place qu’on laisse aux femmes quand elles cessent d’être attendues.
Une fiction dérangeante… parce qu’elle touche au réel.
UNE POUR TOUTES !
À mon ancre, mon amie Nath,
qui m’a inspiré cette histoire.
Merci de tes encouragements
et d’être si présente…
C’est juste parti d’un ras-le-bol sociétal, le manque de considération des femmes. Cette ambiance et cette atmosphère si dérangeante…
Alice va avoir cinquante-deux ans, cela ne change pas grand-chose à sa vie…
Pierre, son mari lui a organisé comme chacun de ses anniversaires depuis leurs trente ans de mariage, « un anniversaire surprise » avec ses deux filles, ses amis et les voisins. Le seul changement ; quelques nouvelles têtes de voisins qui se sont installés récemment dans le quartier mais pour le reste, le traditionnel barbecue, les ballons gonflés en cachette dans le garage, les bouteilles cachées au fond du congélateur…
Alice connaît presque toutes les étapes, ça ne l’empêche pas d’être touchée de cette attention, c’est juste que…
— Ça manque cruellement d’originalité ! Jamais je ne me permettrais de me plaindre. Aucun de nos amis n’est resté en couple aussi longtemps, se dit-elle.
Malgré tout, Pierre se donne du mal, ne serait-ce que pour caler une date, appeler tout le monde et faire les courses. Même si je sais que nos filles, Lisa et Sandra l’aident beaucoup. Sans doute est-ce la normalité, la monotonie du couple, tout est tellement prévisible, même les surprises !
Souvent les habitudes sont rassurantes mêmes si elles sont ennuyeuses… vais-je avoir un nouvel aspirateur ultra silencieux ou un Thermomix pour l’occasion, que cela est excitant ! Houlala, je ne tiens plus en place !
Je m’en veux quand je deviens injuste comme ça… je me sens cruelle d’avoir ce type de pensées, après tout, je n’en fais pas plus pour Pierre…
La routine s’est installée depuis plusieurs années dans la vie d’Alice et Pierre. Ils se connaissent par cœur. Chacun est devenu prévisible pour l’autre : trente ans de vie commune finissent par rendre les gestes, les silences et les réactions familiers.
Ils se sont rencontrés sur un grand marché d’été. Pierre tenait un stand de jouets pour enfants, histoire de gagner un peu d’argent. Il avait vu Alice passer devant lui sans s’arrêter. Il en était resté sans voix. Alors il s’était lancé à sa poursuite pour lui proposer un café après son travail. Elle avait refusé.
Il avait recommencé. Chaque samedi. Pendant six semaines. Une fois, il ne l’avait pas vue — et cela l’avait inquiété.
Le samedi suivant, il était reparti à sa recherche. Cette fois, il lui avait parlé de son absence, de son inquiétude. Elle s’en était étonnée. Et attendrie. Ses grands yeux, un peu perdus, avaient fait le reste.
Elle avait fini par accepter.
Un café
Le lendemain.
À dix heures, sur le port…
✦
Quand ils se retrouvent ce matin-là, il la chahute sur son manque de ténacité :
— Tu as fini par accepter alors que j’étais prêt à courir tous les samedis !
Elle lui avoue avoir refusé ses propositions, elle pensait qu’il s’agissait d’une technique bien rodée avec toutes les filles. En travaillant sur les marchés, il devait croiser beaucoup de jeunes femmes…
— Jamais, je n’ai osé courir après une fille, à force de dire à mon collègue au stand : « Tiens, la voilà, qu’est-ce qu’elle est belle ! » Au bout de trois à quatre samedis, il m’a poussé à courir après toi. Et comme je ne me décidais pas, il m’a menacé… Il m’a affirmé que la prochaine fois, ce serait lui qui te courait après et tant pis pour moi ! Ça m’a donné du courage, j’ai arrêté de réfléchir et je t’ai couru après, samedi après samedi. Je n’ai rien lâché !
C’est comme ça que cette histoire d’amour a commencé, à force de persévérance et de ténacité…
Alice s’était fait désirer et Pierre adorait jouer de surprises pour maintenir le charme de leur histoire et voir ses grands yeux s’étonner ! Il était déjà séduit par cette jeune femme et il avait complètement craqué pour ce regard qu’il adorait surprendre. Pour cela il déployait des trésors d’ingéniosité…
Il pouvait lui donner rendez-vous le soir après leur travail pour l’emmener voir un concert, ou lui faire découvrir un nouveau restaurant avec des spécialités très singulières, ou encore, il organisait un pique-nique avec un charmant apéro sur les bords de l’Erdre, il prévoyait un plaid pour la protéger du froid et profiter du son de la rivière…
Ce n’était pas un effort pour Pierre mais un plaisir mais au fur et à mesure du temps qui passe, cela s’est ralenti pour s’espacer et peut-être doucement s’éteindre…
Qui n’a jamais vécu sur ses acquis ! Entretenir la flamme, l’excitation reste un exercice difficile… et depuis, les mêmes habitudes se répètent jour après jour, du petit déjeuner au dîner, les mêmes demandes, au rythme de la journée. La même question de Pierre à 18h : « Que mange-t-on ce soir, chérie ? »
Des sujets banals alimentent leurs dîners, histoire de dire qu’ils partagent la table, des discussions superficielles des rumeurs du bureau…
Leur sexualité a largement diminué depuis quinze ans. L’intimité s’est tellement transformée qu’elle est également devenue une routine du premier week-end du mois. Quand elle n’est pas oubliée ! Sans doute la faute au temps qui passe, une certaine indifférence s’installe dans le ménage…
Alice a conscience que c’est de leur responsabilité commune de surmonter la monotonie du couple. D’entretenir leur relation amoureuse, mais ils ont cessé les efforts tous les deux, non par manque d’amour mais par habitudes, la facilité, la fatigue, peut-être la paresse…
Ce cinquante-deuxième anniversaire réveille Alice. Elle a envie de spontanéité, de nouveauté, d’être surprise, de surprendre également !
— Marre de voir les mêmes têtes, d’avoir les mêmes cadeaux inutiles. J’ai envie de renouveau, j’ai besoin de passion, d’objectif, d’inattendu, de romantisme, de sexe ! Merde au Thermomix. J’aimerais vivre des nouvelles expériences ; un voyage qui m’enivre pour rallumer la flamme, la surprise d’une nouvelle expérience, faire des rencontres étonnantes, des changements dans notre quotidien, faire l’amour avec passion et excitation, me sentir vivante… je ne sais pas ce qui m’arrive, j’enverrais tout valdinguer en ce moment…
Je n’ai pas le sentiment d’avoir totalement perdu intérêt pour Pierre mais quelque chose nous manque pour me sentir réellement épanouie. Peut-être ai-je besoin que nous reconstruisions notre complicité, notre amitié…
— C’est moi chérie, je suis rentré. Comment vas-tu ? C’était une belle journée ?
— C’était comme d’habitude, les mêmes tâches, les mêmes retardataires, les mêmes blagues ! répond Alice.
— Toujours ce petit merdeux qui se permet de faire des remarques désobligeantes à tout le monde ?
— Oh non, juste à moi, ça suffit. Pour le reste de l’équipe, il apprécie les filles de trente ans, donc pas de sous-entendus !
— N’y prête pas attention chérie, ce serait lui accorder trop d’importance. Je vais profiter du soleil pour tondre la pelouse, on mange quoi ce soir ?
— Je vais regarder si je peux faire une pizza avec ce qu’il reste.
— J’adore, c’est parfait. À plus tard.
Ce sont les échanges quotidiens, assez succincts, sans y prêter plus attention que cela. Sans vraiment se poser pour parler des préoccupations de chacun. Pierre n’a pas le sentiment de négliger les souffrances vécues par Alice au bureau, il pose la question sur l’ambiance de sa journée mais sans s’en rendre compte, il minimise la situation subie par sa femme chaque jour. C’est vrai, qu’elle ne l’a pas interpellé, qu’elle n’est pas bouleversée, il se dit que ça passera. Que sa femme a les épaules pour encaisser ! Il doit tondre la pelouse pour regarder le match tranquillement ce week-end car dans quinze jours, c’est l’anniversaire d’Alice, il n’aura pas une minute à lui…
Lundi matin. Il faut de nouveau affronter cette journée au bureau pour Alice. De nouveau subir une équipe qui ne la soutient pas. Alice a de plus en plus de mal à assumer son poste avec les remarques désobligeantes ou les réflexions humiliantes… et malheureusement, sa vie personnelle ne compense pas et ce week-end a été encore plus ennuyeux que les précédents. Pierre a regardé ses enregistrements de matchs tout le week-end avec les rediffusions de penalties !
Elle aussi culpabilise, elle n’a rien fait pour le rendre plus excitant ! Enfin bref, elle n’est pas disposée aujourd’hui à supporter toutes les boutades de ce petit arrogant de Stephan !
Cette matinée avait pourtant bien commencé. Son travail est intéressant dans cette entreprise spécialisée dans l’énergie solaire. Des belles innovations proposées par les ingénieurs. Une belle dynamique des jeunes qui participent, ils ont les valeurs du travail.
Malgré cela, la matinée déraille !
Alice traverse les bureaux pour faire des photocopies. Son bas est filé, elle ne l’a pas vu mais Stéphan ne manque jamais une opportunité de faire une réflexion dans le but de faire rire la galerie !
— Eh, Ménopausita, t’a pété tes collants de chez Monop !
Tous les regards se retournent sur elle pour vérifier l’information et les rires se multiplient au lieu de prendre sa défense. Alice reste un moment sidérée par la situation avant d’exploser. C’est la goutte d’eau… reprenant possession de ses émotions, elle s’exprime avec tranquillité :
— Tu sais Stéphan, le vieillissement n’épargne personne. Sur l’âge, nous sommes tous égaux, et j’espère que tu regretteras tes surnoms humiliants quand tu seras équipé d’une demi molle ou d’une demi sèche et que tu banderas mou ! Tu seras relégué à des tâches de grabataire et tu te rappelleras toutes les femmes de trente ans que tu convoitais, mais elles ne te verront plus, tu deviendras invisible… sur ce, je te laisse à ta satisfaction éphémère de distraire ta cour car cela ne durera pas non plus et je clôturerai avec ce qui te définit le mieux : « Tu n’es qu’un petit trou du cul ! »
— Tu ne peux pas insulter les gens comme ça, vieille peau !
— Qu’es-tu en train de faire alors ?
— Ça ne se passera pas comme ça !
— Je te laisse, je n’ai pas de temps à perdre avec des gamineries de trouduc !
Stephan est dans tous ses états, rouge de colère. Il serre les poings, il est touché par les mots d’Alice et ne veut surtout pas perdre la face. Il a envie de se venger de cette humiliation…
Deux choix s’imposent à lui, soit il présente ses excuses à Alice, mais il a le sentiment de passer pour un branleur ou bien, il va voir la direction pour expliquer ce qui s’est passé, du moins, sa version des faits ! Son ego et son arrogance l’emportent.
Alice est convoquée par la direction le mercredi matin en présence de Stephan. Ce dernier a eu le temps de présenter ses faits et de se préparer à ce rendez-vous. Elle prend le temps d’écouter et surtout de digérer ce qu’on lui reproche. Apparemment, elle prendrait de haut les jeunes collaborateurs de l’équipe et elle se permettrait des libertés de langage dues à son âge et son ancienneté. Le responsable veut bien comprendre qu’elle puisse présenter des signes de fatigue ou d’irritation mais le respect est la règle d’or et fait partie des valeurs de l’entreprise !
On lui fait comprendre ce jour-là que le souhait de l’entreprise est d’embaucher du sang neuf avec la dynamique que véhicule la société. Son poste est maintenu car elle a été rachetée avec l’entreprise il y a deux ans mais que ce type de comportement n’est pas toléré !
Alice sent son cœur s’emballer, ses mains devenir moites. Elle essaie de se défendre. Elle explique les nombreuses attaques de Stéphan, elle nomme les sobriquets dont il l’affuble, pour faire rire tout le monde. Son discours de lundi, aussi grossier, est la conséquence des nombreuses humiliations vécues depuis des mois et qu’elle apprécierait le soutien de sa direction…
Pour le responsable, ce sont des gamineries. On lui rappelle l’importance d’être exemplaire et de ne pas se laisser embarquer dans ce genre d’idioties.
— Alice, vous connaissez ma philosophie. L’esprit d’équipe est capital comme l’image de l’entreprise. La prochaine fois risque d’être une proposition d’arrangement entre nous si votre poste ne vous plaît plus ! Me suis-je bien fait comprendre ?
— Oui, monsieur, j’ai bien compris le message.
Ils se retirent ensemble du bureau du Directeur.
Stephan la dépasse avec un air satisfait, en lui souhaitant tout bas : « Belle journée Alice au pays des hormones ! »
Elle a besoin de se retirer aux toilettes. Elle lâche prise et se laisse pleurer toute l’injustice ressentie, toute la gratuité de la situation. Un sentiment de ne plus être à sa place, de ne plus être désirée sur son poste de travail. Elle a eu l’impression qu’on lui demandait de subir ou de partir ! Pour la première fois dans sa vie, elle ressent une terrible impuissance face à la situation…
Elle se sent trop vieille pour démissionner. Elle a pris conscience qu’elle ne représente plus l’image que l’entreprise recherche. Pendant toute la durée de l’entretien qui l’étranglait, elle eut ce sentiment dérangeant qu’on lui faisait comprendre que l’entreprise subissait son profil !
Alice se sait rattrapée par la ménopause. Elle accuse des coups de fatigue, des bouffées de chaleurs mais parvient à composer avec et essaie de cacher les désagréments qu’elle vit…
Mais ça, c’est le coup de grâce. Elle ne se sent pas soutenue par un directeur de son âge. Il n’impose pas le respect entre ses équipes et recadre injustement en fonction de ses intérêts et non des valeurs !
Elle quitte son travail une heure avant la fin en expliquant qu’elle a besoin de respirer. Dehors, elle se dirige machinalement vers sa voiture mais ne prend pas le chemin de la maison. Elle part directement chez son médecin, elle a besoin d’une oreille attentive, de douceur, de compréhension…
Blanche son médecin, la reçoit avec tant de bienveillance et de considération qu’Alice s’effondre dans son cabinet. Quand elle se ressaisit, elle lui explique ce qu’elle vient de vivre et ce qu’elle endure depuis des mois sans sourciller. Négligée par sa direction mais aussi dans son couple… Blanche l’écoute sans l’interrompre, la laisse pleurer sa peine et revenir avec douceur dans l’entretien. Elle ne voit pas d’autre solution que de lui imposer un arrêt de quinze jours pour ne pas tomber totalement en dépression. Elle détecte qu’Alice a de plus en plus de trouble du sommeil, de l’agitation, une anxiété grandissante, de l’encombrement mental.
La culpabilité d’Alice se réveille immédiatement :
— Ils vont dire que c’est suite à notre altercation que je me suis mise en arrêt de travail.
— C’est exactement ça, Alice ! Vous ne pouvez pas rester dans ces conditions, il faut qu’ils comprennent qu’ils touchent à votre être profond et que cela est insupportable pour vous. Nous avons tous des limites et les vôtres ont été franchies…
— Je me sens mal docteur, je me sens coupable.
— La culpabilité, c’est de faire mal avec intention. Est-ce votre intention ?
— Non, évidemment… ils pourront se passer de moi, j’en suis certaine…
— Donc, c’est entendu, c’est pour vous protéger Alice. J’ai besoin que vous retrouviez de l’équilibre dans votre être, dans votre vie personnelle, pour affronter de nouveau votre vie professionnelle avec sérénité. Il n’y a pas de mal à vouloir se choisir, c’est la société qui vous pousse à vous négliger de la sorte. Je vous prescris ce médicament, juste pour apaiser les angoisses et vous permettre de dormir. Il faut vous reposer et trouver du sens dans votre vie pour retrouver l’envie…
On se revoit dans quinze jours pour voir si vous vous sentez apte à reprendre votre activité, ça vous convient ?
— Merci sincèrement docteur de votre écoute et de votre temps. J’ai l’impression que je n’ai pas eu d’échanges de qualité depuis des mois… je me sens plus apaisée…
De retour chez elle, elle se pose dans le canapé, elle reste encore abasourdie de cette journée. Pierre arrive et il la découvre assise, les yeux hagards, les bras posés le long de son corps. Elle semble si absente. Il vient s’asseoir doucement près d’elle et lui demande si elle va bien. Elle lui raconte cette journée épouvantable comme s’il s’agissait d’une autre personne. Cela fait des années que Pierre n’a pas pris sa femme dans ses bras pour la consoler avec sincérité. La chaleur de leur corps lui permet de lâcher enfin prise, de déverser toutes les larmes de son corps, d’expliquer ses blessures.
— Pardon mon amour, je n’ai pas compris ce qui se passait ! Je n’ai pas suffisamment considéré tes souffrances. Pardon Alice, de n’avoir pas mieux discerné cette situation qui s’est envenimée…
Peut-être cela l’arrangeait-il de croire que sa femme était suffisamment forte pour faire face à ce gamin arrogant et brutal mais à force de coups, elle se fragilise… elle est en train de se briser. Il est si facile de ne pas considérer une situation pour vaquer à ses propres occupations, la négligence de l’autre… les habitudes de faire ce que chacun a à faire… pour ne pas s’embarrasser des petits soucis du quotidien…
Cette nuit-là, Alice retrouve les bras de Pierre pour s’endormir. Cela fait bien longtemps qu’ils n’ont pas dormi de cette manière tendre et réconfortante…
Après trois jours à végéter dans la maison. Ruminant de la cuisine au salon, du salon au jardin, elle décide de se reprendre en main et de s’intéresser à elle.
Alice, 52 ans, se tient devant son miroir. Elle observe les rides qui se creusent doucement autour de ses yeux et les premiers signes de changements de son corps. La ménopause est là, silencieuse, mais bien présente, marquée par les bouffées de chaleur et cette fatigue persistante qui l’accompagne depuis quelques mois.
Elle a toujours été la femme active, dynamique mais aussi l’épouse, la mère, la collègue impliquée. Aujourd'hui, un sentiment étrange s'installe, celui d'être en décalage avec elle-même… dans sa tête, les échos de la société française la renvoient à une image de jeunesse, de beauté éternelle. Mais dans son corps, elle ressent un décalage, comme si son âge devenait un fardeau, un facteur de discrimination invisible. Elle en parle peu, comme beaucoup de femmes. La ménopause, un sujet tabou, presque honteux à aborder. Pourtant, elle sait que des milliers d’autres femmes vivent la même expérience, souvent dans l’ombre.
La société valorise l’image de la jeunesse. Elle semble ignorer cette phase de la vie, comme si les femmes, une fois cette étape franchie, n’avaient plus leur place dans le discours public. Un mur invisible s’élève entre elles et le monde extérieur, renforçant des sentiments de doute et de solitude…
Au fil des semaines, Alice se rend compte que ce moment de transition, bien qu’inconfortable, peut aussi devenir une libération. C’est l'opportunité de redéfinir sa relation à son corps et à son image. Il lui faut juste oser en parler, briser le silence. L'inclusion des femmes dans ce sujet, le droit de vivre la ménopause sans honte ni jugement, un débat qui, petit à petit, fait écho en elle.
Alice saisie que la vraie beauté ne réside pas dans la jeunesse ou l’apparence, mais dans l’acceptation de soi à chaque étape de la vie. Elle décide, ce matin-là, de commencer à s’accepter pleinement, sans honte, et de revendiquer sa place dans ce monde, en tant que femme, à chaque âge.
Elle commence activement à s’informer sur le sujet de la ménopause, sur les violences sociétales face à cet évènement :
— Que se passe-t-il dans notre corps, pourquoi tous ces changements ? Pourquoi tant de violence vis-à-vis de cet état. Pourquoi la ménopause se présente comme une injonction sociale ?
Elle découvre un puissant sujet d’actualité. Une vraie négligence citoyenne, une violence ordinaire et enfin une réelle ignorance autour du sujet. Cette nuit-là, elle ne dort pas, elle cogite, elle se lève, elle fait des recherches et prend des notes. Elle veut un moyen de créer un outil interactif où elle pourrait s’exprimer, publier des articles, également donner la parole aux femmes.
Le lendemain, elle appelle sa fille Sandra pour lui demander conseil. Celle-ci lui préconise de créer un blog pour communiquer régulièrement ses idées et ses impressions sur divers sujets. Evidemment, elle devra être correctement renseignée, confirmer ses sources, peut-être rencontrer des professionnels…
Alice est transcendée par le sujet, elle dévore des articles, des témoignages, s’étonne des recherches et des ignorances du sujet ! Elle rassemble un grand nombre d’informations qu’elle veut partager avec d’autres femmes. Les femmes victimes de harcèlement, celles qui ne sont pas accompagnées, celles qui se sentent vieillir et ne se comprennent pas… celles qui subissent le regard de la société, celles qui se sentent isolées…
Depuis quelques jours, Alice est devenue blogueuse. C’est une frénésie d’écriture qui s’empare d’elle et la soigne.
Sa première histoire, c’est sa propre histoire, son sentiment d’injustice, son arrêt de travail et son recentrage sur elle qui lui donne la force de rebondir ! Elle s’étonne du nombre de réponses et de cas similaires au sien. Pour la première fois, elle se sent soutenue. Les lectrices réclament qu’elle continue d’écrire car elles se reconnaissent en elle. Elles sont curieuses du sujet de la ménopause et posent de nombreuses questions à Alice.
C’est le déclencheur de tout !
Alice va commencer à recenser, regrouper, insérer des liens, des articles pour parler de la ménopause, le sujet est captivant. Elle obtient des rendez-vous avec des praticiens du domaine pour mieux comprendre la chimie du corps… toutes ses découvertes sont stupéfiantes.
Elle commence par être suivie par de nombreuses lectrices et quelques lecteurs. On la questionne, on témoigne par des dizaines et des dizaines de commentaires sous les articles, les tabous disparaissent.
Elle devient totalement absorbée par cette activité, du matin avec son café jusqu’en fin d’après-midi avant le dîner. Ses soirées avec Pierre deviennent animées avec ses révélations sur le sujet, ses découvertes étonnantes.
Son mari se préoccupe davantage de sa santé et de son bien-être. Il reste attentif à ses besoins, à leurs échanges et sincèrement intéressé par ce qu’elle lui raconte. Il sent sa femme retrouver la flamme !
Elle écrit dans son blog les stigmatisations et les ridiculisations subies par les femmes ménopausées.
Blog d’Alice
— Nous sommes parfois la cible de moqueries, de remarques désobligeantes ou de stigmatisations en raison de nos symptômes, telles que les bouffées de chaleur.
Cela peut nous faire nous sentir honteuses ou embarrassées de vivre la transition de notre corps, déjà difficile à supporter, alors que nous ne sommes pas convenablement accompagnées sur le sujet.
— Alice
Alice raconte son histoire en détail dans son blog, les surnoms, le harcèlement et l’acharnement pour terminer sur un profond sentiment d’injustice. Elle découvre le doux pouvoir de l’écriture qui l’apaise et lui permet de dépasser cette épreuve. C’est Blanche qui lui a conseillé d’écrire pour guérir de ses blessures émotionnelles. Elle lui a expliqué que cela permet d'extérioriser ses pensées, de structurer ses émotions, aussi d’aborder un processus de compréhension et d'acceptation pour dépasser l’épreuve vécue…
En effet Alice prend peu à peu conscience de sa propre force intérieure et de sa résilience face à la situation, elle apprend à être plus douce envers elle-même, l’autocompassion…
Les langues se délient sur le blog. D’autres femmes prennent la parole pour témoigner des méchancetés et des souffrances aujourd’hui légitimées par notre société ! Certaines vivent la discrimination dans le monde du travail comme Alice.
Une lectrice rapporte à Alice.
Témoignage de Laure
— Je m’appelle Laure, j’ai 51 ans et je suis ravie de vous lire. Enfin ce TABOU sort de l’ombre et entre dans la lumière…
Je me sens moins seule et mieux comprise dans cette transformation que nous vivons depuis que je vous suis sur votre blog. Je vis depuis un an une forte remise en question dans mon couple.
Mon mari m’affuble de sobriquets comme « Vieille peau » ou « La Ménopausée ». J’ai eu le courage d’avoir récemment une conversation avec lui depuis que je vous suis et que je comprends mieux mon corps.
Il m’a alors avoué avoir peur pour lui-même, car cela le confronte également à son vieillissement ! Il est vrai que pouvoir procréer fixe une barrière avec la mort, cette faucheuse avec laquelle nous ne sommes pas à l’aise dans notre monde occidental…
Grâce à vos conseils et aux informations sur la transformation de notre corps, j’ai pu miser sur le dialogue et, depuis peu, nous avons retrouvé plus de sérénité et d’écoute dans notre vie de couple.
— Merci pour votre témoignage, Laure. En effet, le manque de soutien familial peut aussi nous isoler. Dans cette période de changement, il est fondamental de recevoir le soutien de la part de notre famille, de notre conjoint ou de nos proches. De nous sentir comprises et écoutées. Souvent, le comportement de notre environnement est dû à un manque de sensibilisation ou à des préjugés sur la ménopause, c’est la raison pour laquelle, la ménopause ne doit plus être un sujet tabou. Cela peut causer des troubles difficiles à gérer tels que l’isolement social. Certaines peuvent se sentir isolées et exclues de cercles sociaux en raison de leurs symptômes ou de leur âge… j’en parle en connaissance de cause si vous avez lu mon histoire. Cela a entraîné pour moi une perte de confiance, d’estime et des sentiments de solitude. Ce blog est aussi une solution à cet isolement, il appelle à la solidarité et à la compassion.
Témoignage de Stéphanie
— Mon gynéco est un homme, il minimise constamment mes symptômes, ça le fait sourire ! Il m’indique que des traitements existent pour répondre à la ménopause et que c’est un passage obligé, je n’y échapperai pas !
Je ne me suis pas sentie comprise et je n’ai pas eu le sentiment d’être sincèrement écoutée.
— Chère Stéphanie, certaines femmes ont rapporté des expériences similaires avec des professionnels de santé qui minimisent leurs symptômes. On peut parler de négligence émotionnelle au-delà de la négligence de santé, pourtant les deux sont tant connectées... Parfois, ils les renvoient chez elles sans conseil ou leur prescrivent des médicaments inappropriés.
C’est devenu ma mission depuis quelques semaines. Je suis en train de réunir un maximum d’informations qui pourraient nous guider dans le choix d’un traitement naturel et nous rassurer sur la qualité de ce dernier. Il me tient à cœur de vous répondre très prochainement avec un maximum d’éléments vérifiés suite à mes rendez-vous avec des professionnels experts dans ce domaine.
Pour ma part, mon médecin traitant qui est une femme me suit au niveau gynécologique. Elle prend le temps de m’écouter et je lui fais réellement confiance. Voici le discours qu’elle me tient : « Si votre tête et votre cœur y sont prêts, votre corps trouvera comment faire… » La ménopause est associée à certains risques pour la santé, tels que la perte de densité osseuse (l’ostéoporose) et une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires. Cependant, des mesures préventives peuvent être prises pour minimiser ces risques…
Témoignage de Valérie
— Merci Alice pour ces échanges riches et vrais, que cela fait du BIEN ! Je m’appelle Valérie, j’ai 54 ans et je vis avec mon mari dans un village du Gers. J’aime votre BLOG car les TABOUS et l’anonymat n’existent plus ! ENFIN…
Je n’ai jamais supporté l’injustice mais depuis trois ans, cela me pèse réellement. J’interviens dans des situations qui ne me regardent pas ; un couple où le mari s’emporte contre sa femme ; une mère qui gronde trop fort son enfant… Bref, cela me place parfois dans des situations compliquées. Grâce à Sabine, une sage-femme extraordinaire, j’ai compris plusieurs choses que j’aimerais vous partager.
Elle m’explique que la chimie du cerveau se modifie autour de la cinquantaine, et nos façons de penser et de traiter l’information en sont affectées. Moins de tolérance face à l’injustice et l’iniquité, davantage d’intuition, de pulsions créatrices également…
La ménopause invite à mettre à jour notre logiciel. C’est une deuxième vie qui commence ! Elle me dit qu’à 60 ans, cette période nous paraîtra insignifiante et qu’il y a une telle RENAISSANCE après !
— Chère Valérie, merci infiniment pour ce partage avec les lectrices du blog. Chaque histoire est riche et doit aujourd’hui être partagée pour mieux comprendre et accepter…
En effet, si notre corps change, nos hormones, nos émotions, nos humeurs, nos valeurs peuvent également en être affectées, nous rendant plus sensibles. Cela ressemble à cette période des règles que nous vivions précédemment et qui modifiait notre comportement, notre rapport aux choses et aux autres…
Chaque femme vit la ménopause de manière unique, et ce n'est pas une condition médicale à traiter, mais une étape naturelle de la vie… il est possible que certaines femmes ménopausées ressentent une augmentation de la sensibilité émotionnelle, bien que cela varie d'une personne à l'autre. Les fluctuations hormonales associées à la ménopause peuvent influencer l'équilibre émotionnel et le bien-être mental.
Toutes les femmes n'éprouvent pas les mêmes changements émotionnels pendant la ménopause, et certaines peuvent même ne pas remarquer de différence significative… certaines parleront de changement d'humeur, de saute d'humeur, d'irritabilité, de l'anxiété ou de la dépression pendant la ménopause…
Témoignage de Maëlle
— Chère Alice, merci d’avoir pensé à créer ce blog pour nous rassembler. C’est une amie qui m’a parlé de votre site et j’adore vous lire en buvant mon café le matin. Vous êtes devenue mon rituel depuis quelques jours, alors un grand MERCI car je peux partager avec vous ce que je vis.
J’aimerais partager mon expérience de femme ménopausée avec les lectrices. J’ai 58 ans. Autant j’ai vécu la préménopause difficilement, autant mon désir s’est débridé depuis que je suis ménopausée, si j’ose dire.
J’ai pu lire que ce blog se passe des TABOUS et je dirai même que nous sommes entre nous ! Je vis aujourd’hui une nouvelle jeunesse dans mon couple. C’est en me libérant des contraintes de la contraception et de la peur d’une grossesse non désirée que je me suis révélée.
De cette complicité sexuelle est alors réapparue la motivation de nous proposer des escapades, des week-ends, de nous organiser des repas romantiques, car nous connaissions la finalité où nous étions tous les deux motivés pour ce final !
Je rajouterai que nous n’avons plus de logistique parentale puisque nos deux enfants sont aujourd’hui totalement autonomes et c’est un régal pour notre nouvelle vie d’amoureux…
Tant que nous nous maintenons en bonne santé physique et émotionnelle, rien ne nous empêche de garder une vie sexuelle pleine de vitalité. J’espère que vous découvrirez toutes ce que je vis pour en profiter comme moi et bénéficier des avantages de la ménopause.
Je vous embrasse toutes avec sincérité.
— Chère Maëlle, merci du fond du cœur de nous avoir dévoilé votre histoire. J’ai adoré comme de nombreuses lectrices vous lire et me dire, que tout est toujours possible et sans limite… j’ai la certitude que nous possédons énormément de ressources en nous pour évoluer et continuer à grandir. J’ai découvert qu’il n’est pas rare qu’une femme ne parvienne à l’orgasme qu’à la ménopause. L’autoérotisme est permis et chaque semaine si l’envie est là…
Il faut également travailler sur ses croyances, plutôt se dire « je suis touchante d’avoir de telles pensées » plutôt que « je suis trop vieille pour ces choses-là… ».
Peut-être être en recherche de félicité par les massages, la musique, les lumières tamisées, créer une ambiance…
Il est prouvé de manière scientifique que cultiver les plaisirs, maintient un taux élevé de monoxyde d’azote dans l’organisme. Ce gaz qui contribue à améliorer notre santé. Nous sécrétons également de la sérotonine qui est l’hormone du bonheur… il faut considérer son corps comme sexuel. La libido concerne tous les désirs de la vie… À commencer par celui de SE consacrer un peu plus de temps et d’énergie.
Les filles, pensez à la rééducation périnéale !
Alice termine toutes ses journées de discussions actives par :
— Il est important de reconnaître ces injustices sociales liées à la ménopause et de promouvoir l'éducation… la sensibilisation et l'égalité des sexes pour lutter contre ces inégalités. Les femmes ménopausées ont le droit de vivre cette transition de manière positive et de bénéficier d'un soutien et d'un respect adéquat de la part de la société.
Plus Alice écrit, plus elle apprend à se connaître, à se guérir des blessures profondes ou des souffrances. L’écriture lui révèle les différents aspects du problème de cette indifférence sociale qui concerne cinquante pour cent de la population. Elle commence à identifier ce qui peut être envisagé pour progresser, elle imagine des actions concrètes, envisage des stratégies... L’écriture devient sa thérapie personnelle, son médicament, sa guérison, son engagement...
Bientôt deux semaines qu’Alice est en arrêt maladie. Elle ne s’est jamais sentie aussi bien…
Elle s’est découvert une réelle vocation. Son blog fait sensation auprès des femmes matures, des maris et des compagnons concernés et même de certains professionnels de santé comme Blanche son médecin qui l’encourage quotidiennement en appuyant ses propos. Des sage-femmes remercient vivement Alice d’oser enfin parler de cette transformation essentielle chez la femme, elles préconisent aujourd’hui le blog d’Alice sur ordonnance comme le remède à la compréhension et à la solitude !
Ce matin, Alice se lève avec une nouvelle envie. Ce sera son anniversaire surprise demain et pour une fois, elle est ravie ! Elle a retrouvé des forces et une nouvelle vitalité depuis qu’elle écrit et se sent entourée de Pierre mais également de tous ses lecteurs qui l’attendent chaque jour.
— J’ai envie d’une nouvelle tête, j’ai envie d’une nouvelle tenue pour une nouvelle Alice ! J’ai une telle énergie ce matin que je pourrais courir un marathon, mais je vais plutôt courir les boutiques, on ne va pas s’emballer tout de suite !
Bonjour Jade, aurais-tu une place dans la journée pour me coiffer, j’ai un besoin urgent de changer de look !
— Bonjour Alice, tu es recherchée par la police, tu as besoin d’une nouvelle identité ?
J’adore les changements de look, excellente idée Alice, passe à 11h.
Jade tient un salon de coiffure plutôt branché. Sa clientèle si diversifiée, s’est construite grâce à cette personnalité enjouée et un peu extravagante qui sait s’adapter, apprécier et considérer des clients de tout âge. Une petite brune surprenante, tatouée et percée avec un sourire authentique qui respire la bonne humeur. Bref, elle incarne à elle seule un remède à la dépression …
— Bonjour les filles, s’exclame Alice en ouvrant la porte du salon.
— Waouh, tu es radieuse, Alice, tu as perdu du poids ?
— Oui, il y a pas mal de changements en ce moment…
— Assieds-toi, tu vas me raconter. On va prendre le temps de te transformer comme tu en as envie et tu vas me confier ce qui te rend si belle ! Alors, de quelle transformation as-tu envie ?
— Je te fais entièrement confiance Jade. Plusieurs fois, tu m’as fait des propositions que je n’osais pas accepter, aujourd’hui, je suis prête. Fais-toi plaisir !
— J’adore la nouvelle Alice, j’ai une idée qui va te mettre en valeur et tu vas découvrir à quel point tu es belle. Et il faut que tu me racontes ce qui se passe en ce moment dans ta vie… je suis curieuse…
Elles s’installent toutes les deux. Jade commence son relooking et Alice se confie sur son histoire.
— J’adore ta manière de rebondir, tu es trop forte et je t’admire de te lancer dans cette aventure où toutes ces femmes attendent de toi des réponses.
— Il n’y a rien de difficile, je prends un vrai plaisir dans ces recherches. La ménopause est réellement un sujet abandonné et négligé alors qu’il est essentiel pour la moitié de la population.
Une cliente du salon interpelle Alice, quand elle saisit la nature des échanges :
— C’est vous qui parlez sur ce blog formidable qui informe toutes les femmes ?
— Oui c’est Alice du blog ! S’exclame Jade avec fierté. Comment s’appelle ton blog déjà ?
— Je n’ai pas encore vraiment donné de nom, pour le moment « le blog d’Alice », vous me prenez de court les filles !
— Vous devriez Alice, car votre blog va connaitre un succès national, reprend la cliente. Je pense que vous ne mesurez pas encore l’impact de celui-ci mais tout mon entourage vous lit et je parle d’une trentaine de femmes alors qu’il est ouvert depuis peu. Il représente un souffle vital pour certaines d’entre nous et nous éclaire sur des sujets que nous dissimulions. C’est une véritable révélation et un vrai rassemblement des femmes. Vous nous sortez du placard Alice.
— C’est vrai Alice, tu dois lui donner un titre. Pourquoi pas RÉVÉLATIONS justement.
— Non, ça fait trop ésotérique mais j’aime la symbolique du rassemblement. Vous avez raison mesdames, je vais me pencher sur le titre qui aura du sens pour le sujet.
Trois belles heures de soins, de cajoleries, de rires. L’objectif est atteint. Alice ne se reconnaît pas devant le miroir. Une jolie coupe courte blonde platine qui lui donne l’air dynamique et conquérant.
— Qu’en penses-tu ?
— Tu as fait de la magie jade, le résultat est fantastique !
— Alors, tu ne savais pas que tu étais aussi belle Alice, hein ? Grâce à ta nuque dégagée, ton cou et tes épaules sont en valeur. Grâce au blond platine, tes yeux pétillent. Tu es la nouvelle ALICE du blog solidaire pour les femmes !
— Tu as raison Jade. Tu es incroyable, c’est ça le TITRE.
— Le blog solidaire ? Bof quand même… ça fait un peu commerce équitable !
— Mais non, la « solidarité ». Une pour toutes et toutes pour une !
— La devise des mousquetaires ? Remise au goût du jour et trouvée dans MON salon, je vais être célèbre grâce à toi Alice ! s’écrie Jade.
— Merci jade de tout ce que tu as fait pour moi aujourd’hui. J’avais besoin d’un nouveau visage, tu as fait bien plus que ça… tes encouragements, ton enthousiasme naturel, ton implication pour une cause qui ne te concerne pas encore. Merci sincèrement pour tout cela.
— C’est avec grand plaisir Alice, merci de ta confiance. Je me suis régalée à travailler sur ton nouveau look et à échanger avec toi sur ton projet. Je vais suivre ton blog et le partager. Ton idée est grandiose, il faut que tu continues.
— Complètement d’accord, reprit la cliente. J’espère aussi que vous continuerez car nous attendons beaucoup de vous maintenant… vous devenez une source d’inspiration pour beaucoup de femmes et pour ma part, vous avez toute mon admiration.
Alice n’aurait jamais imaginé la portée de sa démarche. Ce besoin essentiel chez les femmes de trouver du soutien comme elle-même en avait eu besoin… Ce qui ne devait-être qu’un coup de gueule prenait un réel sens pour les femmes ! Son énergie était décuplée, sa vitalité débordante, son blog serait la bouée de sauvetage dont elles avaient toutes besoin.
— Il y a une nouvelle boutique de jolies fringues au coin de la rue, si tu as envie de terminer ton nouveau look de blogueuse ! Lui précise Jade.
— J’y vais de ce pas, je serai une nouvelle femme pour mon anniversaire demain.
— Waouh, je ne savais pas. Eh bien, c’est cadeau ma belle, je t’offre ton relooking. N’oublie pas de parler de moi sur les réseaux ! Tu as quand même trouvé le titre de ton blog dans mon salon !
— Je t’adore Jade, ce sera dit et expliqué. Je file chercher ma nouvelle tenue.
En rentrant à la maison. Pierre découvre une nouvelle femme. Alice le rejoint dans le salon, coiffée, maquillée et vêtue d’un magnifique ensemble noir. Pantalon flottant et tunique cintrée à la taille par une belle ceinture tombante, pour terminer sur des petits talons noirs qui finissent à merveille son nouveau style.
Pierre reste bloqué quelques secondes à contempler sa nouvelle femme comme s’il avait besoin de s’assurer que c’est bien elle !
— Tu es splendide !
Il lui attrape la main pour la faire tourner sur elle-même.
— Où est ma femme ? Tu es tout simplement époustouflante !
— J’avais besoin de changer de look.
— J’espère que tu ne ressens pas le besoin de changer de mari ?!
— Pas pour le moment mais il faut toujours rester vigilant, rien n’est jamais acquis malgré ce que l’on pense !
— Tu as raison de me mettre en garde… ce soir, tu es trop belle pour rester à la maison. On sort manger quelque part, j’ai envie de profiter de ma femme dans un cadre aussi splendide qu’elle.
Ce fut une belle soirée. Elle eut le goût des moments d’avant, à l’occasion desquels ils avaient des milliers de choses à se raconter... Ils eurent le sentiment de se redécouvrir…
La nuit fut exceptionnelle, amoureuse… généreuse… pleines d’attentions…
Pierre et les filles se sont organisés pour qu’Alex, l’amie d’Alice, vienne la chercher pour un café en ville et prétexter un essayage de paires de lunettes. Ils veulent préparer cette journée tranquillement pour accueillir les invités à midi.
— Je crois que j’ai entendu klaxonner, Alice, ce doit-être Alex.
— À tout à l’heure tout le monde, annonce Alice pour rejoindre Alex.
Alice s’installe dans la voiture d’Alex.
— Waouh ma chérie, tu m’avais prévenue au téléphone qu’il y avait du changement mais là, je suis soufflée… c’est une métamorphose... tu es absolument superbe !
— Bonjour ma belle, merci. Oui, j’ai décidé de reprendre ma vie en main !
— Je crois que tu as beaucoup de choses à me raconter depuis ton arrêt de travail.
— D’ailleurs, je ne sais pas si nous aurons suffisamment de la matinée pour que je te dévoile tout, car nous avons un anniversaire SURPRISE, je te rappelle. Tu dois me ramener pour midi !
— Oh c’est vrai, mince… Pour une fois que ça pouvait-être croustillant ! Ton anniversaire non-surprise annuel ! Tu vas surprendre tout le monde avec ton nouveau style « Sharon Stone » !
— Tu rigoles mais c’est la première fois en dix ans que suis réellement contente de fêter cet anniversaire même si je connais tous les détails de la fête. Je suis heureuse qu’on s’occupe sincèrement de moi. Depuis mon arrêt de travail, j’ai révélé à Pierre ma vulnérabilité…
J’ai le sentiment d’avoir touché le fond avec cette histoire au bureau mais cela a eu l’avantage de me réveiller et de réveiller Pierre et les filles. J’ai l’impression que la sincérité et l’authenticité sont revenues entre nous. Cela faisait tellement longtemps que nous vivions l’un à côté de l’autre, que nous oubliions de vraiment nous accorder un temps de qualité. On vaquait naturellement à nos occupations. Lui au jardin et à regarder ses matchs, et moi sur ma tablette et dans mes livres…
Elles passent deux heures à tout se raconter, à parler du blog, du salon de coiffure, du changement, du sentiment de bien-être mais aussi de l’appréhension de reprendre lundi son activité même si elle se sent plus forte et déterminée.
— Oula ma chérie, il est l’heure que nous rentrions sinon tu vas être retard. Tu vas faire une entrée magistrale comme ça, personne ne va en croire ses yeux. Alice relookée, six kilos de moins et sapée comme une déesse !
— Non, non, je ne veux pas être en retard, il y a tous les voisins et même cette peste de Carole. Chaque année, Pierre se sent gêné d’inviter tous les voisins sans elle. Elle est tellement « langue de vipère » que je n’y arrive pas… elle a toujours un mot indélicat ou une parole blessante.
— Laisse tomber, c’est parce qu’elle ne baise pas suffisamment !
— Elle ne baise pas du tout, tu veux dire !
— C’est nous les vipères, là !
— En parlant de sexe, j’ai passé une nuit étonnante hier soir.
— Comment ça ! Avec Pierre ?
— Évidemment avec Pierre ! Mais avec le Pierre des débuts, celui de notre rencontre.
— Je veux tout savoir. Tu m’as caché ça toute la matinée ! C’est par ça qu’il fallait commencer ma chérie !
— C’était fantastique ! J’ai encore des frissons, rien que d’y penser...
— Moi aussi, je veux aller me faire relooker chez Jade !
— Ce n’est pas uniquement ça, mais évidemment que ça illustre mon changement d’orientation et d’envies. C’est tout le chambardement de ma personnalité…
Depuis ce blog, j’ai retrouvé confiance en moi, j’ai gagné en vitalité, en enthousiasme, en spontanéité. Pierre a le sentiment d’être avec une nouvelle femme, ça l’excite je pense. C’est exaltant !
— Définitivement, prends-moi sur le champ un rendez-vous chez Jade ! Moi aussi, j’ai besoin de me sentir désirée par mon mari, qu’il me fasse l’amour avec fougue !
Elles rient pendant tout le trajet de retour.
— C’est une belle fête d’anniversaire Pierre. Lui précise Carole, la voisine. Comme d’habitude, tu as mis le paquet et Alice est magnifique… attention Pierre, on pourrait presque croire qu’elle a un amant !
— Elle a trouvé un amant…
— Oh, je suis désolée pour toi ! Dit-elle faussement.
— Ne le sois pas Carole, j’en suis ravi, figure-toi !
— Tu le prends plutôt bien, je trouve ! Ça te permet d’avoir peut-être plus de liberté pour faire ce que tu as envie de ton côté ?
— Je n’ai pas besoin de plus de liberté. Je peux te confier un secret Carole ?
— Avec plaisir Pierre.
— C’est moi l’amant qu’elle a trouvé et Alice est une maîtresse d’exception ! Je fais partie de ces hommes chanceux et enviés. Je te laisse, je vois que la coupe de champagne de ma femme est vide.
Carole reste clouée à observer Pierre s’éloigner. Elle jette un regard furtif à Alice entourée de ses deux filles. Elle tourne les talons et elle s’échappe de la fête avec un air contrarié.
— Je crois que papa a calmé Carole. Rit Sandra. Oh, Maman, j’adore ton nouveau look, t’es trop belle, je vais t’emmener faire les boutiques et c’est toi qui vas me conseiller maintenant !
— C’est joli, reprend Lisa. Juste que, ce n’est pas un peu trop voyant ce blond platine ? Passé la cinquantaine, il vaut mieux rester discrète, non ?
— Ça sort d’où cette remarque ? S’exclame Sandra. Maman a complètement raison de se faire plaisir et la prochaine fois, je l’emmène se faire maquiller chez Gloria.
— Bah bravo, elle sera méconnaissable comme ça ! Ironise Lisa.
— Doucement les filles. Je suis flattée que mon nouveau style vous départage autant mais c’est mon choix et je suis très heureuse aujourd’hui… alors, soyez en joie pour moi !
Sandra enlace sa mère et lui déclare :
— Je veux être toi à ton âge, je t’aime ma jolie maman.
— C’est une belle déclaration ma fille, je t’aime.
— Maman, nous n’en avons pas parlé. Lui précise Sandra. Je te félicite pour ton blog, je l’ai parcouru en entier avec les témoignages poignants, les articles que tu as partagés et tes commentaires. Je suis impressionnée, tu m’as bluffée.
— Merci ma fille, je suis heureuse de ton retour, ton avis m’est important... ça m’encourage à continuer…
Pierre se rapproche de sa petite famille.
— Tout se passe bien mes chéries ? Demande-t-il, en les rejoignant avec trois coupes pleines.
— C’est parfait mon amour, tu as assuré. Tout le monde s’amuse et moi, je me régale…
— On va ramener le gâteau et ouvrir les cadeaux, ça te va comme timing ? Car on se réserve notre soirée pour tous les deux quand ces gens auront décidé de quitter notre jardin !
— Ah bon, tu crois que nous aurons le courage de faire autre chose que dormir ?
— Ma femme si créative n’aurait plus d’imagination ? De plus, nous avons une mission ma chérie ! Tu es si belle que tous les voisins s’inquiètent que tu aies pu me remplacer, il faut les rassurer que nous ne vendrons pas la maison !
— Ah je comprends, c’est pour la bonne cause alors ?
— Évidemment, je suis soucieux du bien-être de notre voisinage.
— Dans ce cas, je ne peux que me sacrifier quand la journée sera terminée.
— J’apprécie ta sollicitude mon amour mais tu vas vite réaliser que ce ne sera pas un sacrifice ! La taquine Pierre avec un clin d’œil.
— Qu’est-ce que vous complotez tous les deux, leur demande Lisa. Je vous vois parler à voix basse depuis cinq minutes, on peut savoir ?
— Ce ne serait pas bon pour tes oreilles chastes, ma fille ! Sourit tendrement Pierre.
— Vous racontez n’importe quoi tous les deux. On dirait que vous n’êtes pas dans votre état normal !
— Ils sont trop mignons, rétorque Sandra.
— Allez, venez mes filles, dit Alice. Nous allons souffler mes bougies.
Une magnifique pièce montée arrive. L’âge d’Alice n’est pas indiqué mais une inscription toute particulière : « À une femme d’exception : ALICE ».
Les larmes aux yeux, elle s’entoure de ses filles pour souffler les bougies et se réfugie dans les bras de Pierre, timide de son émotion qui la submerge.
Après des applaudissements, elle découvre ses cadeaux. Des soins de bien-être en institut, des bons cadeaux chez le coiffeur, une entrée pour la thalasso et enfin le cadeau de Pierre, une croisière dans les Îles grecques.
Ses invités ont bien compris qu’elle avait besoin de prendre soin d’elle…
La journée se termine, les derniers invités quittent le jardin. Les filles se proposent de rester pour aider à tout ranger mais Alice et Pierre réussissent à se débarrasser d’elles.
— Rentre Lisa, les enfants sont fatigués et ton mari travaille demain. Ne t’inquiète pas, nous allons le faire tranquillement avec ton père.
— Ok maman, vous êtes vraiment bizarres en ce moment !
— Je vous laisse aussi les parents, je crois que vous avez mieux à faire que remplir le lave-vaisselle, déclare Sandra avec un clin d’œil.
— On s’appelle bientôt les filles. Rentrez bien et merci pour tout ce que vous avez fait aujourd’hui, ajoute Alice.
Ils se retrouvent enfin seuls.
— Je croyais qu’ils n’allaient jamais partir !
— Moi aussi, j’ai presque cru que Fabrice allait se missionner pour rentrer le salon de jardin ! rit Alice
— Ça n’aurait pas été de chance, lui qui est toujours le premier à partir de peur qu’on lui demande quelque chose ! S’amuse Pierre
— On exagère, c’est quand même le mari de Lisa, chéri.
— C’est vrai, mais je n’ai pas envie de parler des invités mais plutôt de nous. Alors, êtes-vous prête Madame, pour une croisière de rêve accompagné d’un dieu grec ?
— Comment ça, Thomas m’accompagne ?
— Tu as de la chance d’avoir un mari qui a de l’humour, beauté !
— J’adore ce cadeau, c’est une idée formidable.
— Pour tout t’avouer, c’est une idée de dernières minutes. Cela m’est venu avec tous les changements que nous vivons en ce moment. Je sais que tu as envie d’évasion et moi, j’ai envie d’être avec toi et uniquement toi… je t’aime mon amour.
Tous ces changements depuis quinze jours, ont suffi à métamorphoser leur couple !
Quinze jours se sont écoulés, et Alice a le sentiment d’avoir repris sa vie en main. Elle est de nouveau prête à affronter son environnement professionnel. Elle se sent soutenue par Pierre.
— Je pousse la porte et j’entre sans stress. Cela m’étonne moi-même mais depuis que j’écris et que je communique sur mon blog, je me sens remplie, utile… cela contribue au nouveau sens de ma vie : un véritable but, l’engagement dont j’avais besoin. Je salue tout le monde, l’équipe est plutôt accueillante.
— Bonjour Alice, super ton nouveau look ! Remarque Effie sa collègue. Tu vas bien ? Grégoire aimerait te voir dans son bureau.
— Merci Effie, je vais beaucoup mieux, je vais le rejoindre.
— Bonjour M. Grégoire, vous souhaitez me voir ?
— Bonjour Alice, comment vous sentez-vous ? Cette période vous a-t-elle requinquée ? Vous avez l’air en forme en tout cas !
— Oui, merci. J’ai eu besoin de ce moment pour moi et je sens que je peux reprendre du service.
— Avant cette reprise, je souhaite aborder un sujet avec vous si vous le permettez.
Alice sent que cet accueil n’est pas de la sollicitude : il manque de bienveillance… que veut-il réellement ?
— C’est votre vie personnelle mais pour l’image de l’entreprise, je souhaite mettre les choses au clair avec vous. Stephan m’a présenté votre blog, il ne s’agit d’aucune mauvaise intention de sa part, la hache de guerre est enterrée mais par souci de réputation de la société et ne pas nous tourner en ridicule ! Enfin pour être direct. Pouvez-vous cesser vos discussions limites sur votre blog.
Alice reste sidérée. Elle le regarde sans comprendre son intervention. Comment peut-il se permettre ce genre de demande ?
— Pour quelles raisons, M. Grégoire ?
— Comme je viens de vous le dire, pour l’image de l’entreprise ! Vous comprendrez qu’aujourd’hui, avec la puissance des réseaux sociaux, tout le monde va savoir que vous travaillez dans notre entreprise, et que vos histoires racontent ce qui se passe dans nos murs.
— Vous outrepassez vos droits de responsable en me faisant cette demande. Il est clair que vous ne vous sentez pas concerné par ces histoires de femmes bien que votre épouse le soit inévitablement par son âge. Il s’agit d’un blog qui n’engage en rien la société dans laquelle je travaille mais permet aux femmes matures d’avoir de l’information, du soutien et de la compréhension. Manifestement, des critères dont vous êtes dépourvus et vous dépassent complètement !
— Cela suffit Alice, vous dépassez les bornes. Restez en maladie si vous ne comprenez rien !
— Oh mais je vais même faire mieux que cela… je démissionne immédiatement pour me sauver de vos injonctions et de votre tyrannie !
— Faites, je pense que cela vaut mieux pour tout le monde !
Alice sort du bureau sans ajouter un mot. Elle laisse la porte ouverte. Elle est révoltée, elle se sent sûre de sa décision. Elle se dirige vers son bureau pour récupérer ses effets personnels, sans le moindre mot, elle rassemble ses affaires dans un sac et se dirige vers la sortie. Elle prend une grande respiration. Elle se détourne et déclare sereine, au moment de quitter l’entreprise :
— Je suis heureuse de quitter une entreprise qui ne respecte pas les droits de l’homme et de la femme, qui intimide et veut contrôler ce qui ne lui appartient pas ! Je vous souhaite à tous sincèrement de vous réveiller…
Elle ferme la porte derrière elle. Elle s’assoit dans sa voiture et prend quelques minutes pour respirer. Étonnamment heureuse de cette situation, réellement soulagée et surtout libérée…
Elle texte Pierre :
— Mon Amour, j’ai pris la décision de démissionner car Grégoire a voulu contrôler ma vie privée. Ce n’est pas acceptable et il a dépassé les limites. Je sais que c’est une décision brutale mais cela fait si longtemps que je n’ai pas ressenti ce sentiment de LIBERTÉ ! Je te raconterai tout en détail ce soir, ne t’inquiète pas pour moi, je vais bien. Je t’aime.
En rentrant chez elle, elle s’installe directement devant son blog :
Blog d’Alice
— Bonjour mes chers lecteurs. Comme vous le savez, c’est aujourd’hui que je reprenais du service après un arrêt de travail de quinze jours. Eh bien, c’est inédit dans ma vie… pour la première fois, j’ai osé affronter une injustice : la demande illégitime de ma direction et j’ai démissionné !
Lors d’un entretien intimidant ce matin avec Grégoire, mon responsable, il m’a demandé sans détour d’interrompre mon blog par souci d’image de l’entreprise. Dans un premier temps, je suis restée muette face à sa requête. Avais-je bien compris ? Quel lien avec le fonctionnement de l’entreprise ? J’ai compris ce qu’il essayait de faire !
Cela fait dix-neuf ans que je travaille dans cette structure. Je suis restée intègre et honnête jusqu’au bout. Bien sûr, j’ai vieilli, je fatigue un peu plus, mais j’assume les tâches demandées. Nous sommes dans une société où nous devons toujours présenter le meilleur de nous, sans jamais faillir.
Nous n’avons pas le droit d’être humain !
Il y a malheureusement beaucoup de violences ordinaires dans le milieu professionnel : blagues inappropriées, manque de considération, manque de protection…
Je suis fière de m’être rebellée, de m’émanciper du système patriarcal de l’entreprise, du goulag des hommes qui se croient tout permis. La véritable raison de son mécontentement : c’est que je n’ai plus l’âge requis pour l’équipe qu’il veut mettre en place ! J’ai atteint la date limite de consommation ! Comme le dit Stéphan, le protagoniste de mon altercation précédemment racontée.
Au moment où je vous écris, j’ai un sentiment de LIBERTÉ et de FIERTÉ de m’être respectée dans ma décision. Je me suis choisie ! Je veux aider toutes les femmes qui subissent au quotidien le harcèlement, les diffamations, les humiliations à cause de l’âge mature. Cette violence sociale légitime doit se terminer pour plus de paix et de respect de chacun…
— Alice
Alice reçoit dans les heures qui suivent un nombre incalculable de témoignages de soutien de femmes, d’hommes, de déclarations, de félicitations…
Le lendemain de cet écrit, des associations l’interpellent pour la soutenir et l’encourager pour se défendre et maintenir son blog qui gagne fortement en popularité.
Cela dépasse toutes ses espérances.
Pierre et Sandra soutiennent Alice à trois cents pour cent. Quant à Lisa, elle s’inquiète pour sa mère…
Alice n’a plus peur de rien, elle se sent soutenue par l’homme qu’elle aime. Cela fait maintenant cinq mois qu’elle fait vivre activement son blog, des remarques et des témoignages de praticiens expérimentés confortent son combat et lui demandent de continuer. Cela lui donne du courage et de l’élan, un véritable sens. Il recense de plus en plus d’articles, de plus en plus de témoignages, de partages sur les réseaux sociaux, des interventions de professionnels qui soutiennent sa cause. Le nombre d'abonnés augmente en permanence.
— Coucou maman, j’ai une super nouvelle lui dit Sandra en entrant dans la cuisine.
— De quoi s’agit-il ma grande ?
— Une interview !
— Pour qui ?
— Mais pour toi maman. J’ai parlé de toi avec Lisandra. Tu te rappelles, mon amie de fac ? Elle est animatrice dans une radio locale et elle adorerait t’interviewer au sujet de ton blog.
— Ma chérie, je ne sais pas… parler de vive voix, ce n’est pas la même chose que d’écrire où je prends le temps de la réflexion, de mes phrases, de mes mots…
— Maman, fais-toi confiance s’il te plaît. Ton blog est trop important pour qu’il ne soit pas connu au niveau local. Tu as déjà une audience incroyable. Il y a encore trop de femmes perdues, sans réponses à leurs symptômes qui auraient besoin de rejoindre ce rassemblement. C’est un guide essentiel pour certaines et certains mais également une sortie de l’état d’isolement, une lumière après le tunnel. Tu l’as dit toi-même, être perdue sans que tes proches ne comprennent ce que tu vis et n’ont pas les informations nécessaires pour te soutenir, t’isole davantage.
Maman, c’est un vrai tremplin pour poursuivre ton objectif d’aider celles qui ne savent pas vers qui se tourner.
— Tu as peut-être raison ma fille, merci d’être si encourageante et si enthousiaste dans mon projet pour me guider… tu es un vrai ange gardien Sandra.
— Merci maman, rassure-toi, je vais t’aider à te préparer mais je sais que tu as déjà toutes les réponses. J’appelle mon contact pour tout organiser.
Première interview locale :
— Bienvenue à tous les auditeurs qui nous rejoignent pour cette émission. Bonjour Alice, je suis ravie et très fière de te recevoir aujourd’hui. Ton blog a explosé sur les réseaux sociaux et tu es régulièrement citée pour ton vivier d’informations et les témoignages que tu rassembles.
Ton blog « Une pour toutes » représente aujourd’hui des dizaines de milliers d’abonnés et autant de likes sur Facebook. Ce TABOU que tu as transformé en sujet captivant, intéresse toutes les femmes et de plus en plus d’hommes qui essaient de nous comprendre.
Ouf, nous sommes sauvées ! Une prise de conscience masculine et pour cela, je te remercie de défendre cette cause.
Comment expliques-tu cet engouement pour ton blog, Alice ?
— Bonjour Lisandra et merci de m’accueillir aujourd’hui. Je suis la première surprise par cette énergie, du nombre de lecteurs et des témoignages récoltés chaque jour. Je pense qu’il y avait un véritable besoin d’être guidée : un besoin de reconnaissance, de considération. Je l’explique également au travers les récits des lectrices et de nos souffrances communes légitimées par la société alors que nous vivons un véritable tsunami physique !
Les femmes, à un moment dans leur vie, ont besoin d’une boussole. Elles ont réellement besoin que quelqu’un s’intéresse au sujet, ose en parler sans TABOU, renseigner avec des vraies données de recherches. Mais nous avons aussi besoin de sens au niveau spirituel, au niveau culturel car la ménopause ne se limite pas à un changement hormonal, c’est une transformation de l’être...
— Alors justement Alice, la ménopause est-elle une construction sociale ?
— En effet, nous pouvons parler de construction sociale car ce terme met en scène le vieillissement féminin et les rapports sociaux de sexe en Occident !
Un peu d’histoire pour comprendre ce terme : le mot ménopause est née en France en 1821, une date assez récente. C'est un médecin français, Charles de Gardanne, qui introduit ce terme dans une période d'intérêt grandissant pour les maladies féminines. À partir du 18e siècle, on voit s'affirmer une pensée bicatégorielle du corps, avec un corps féminin différent et opposé au corps masculin. Jusqu'alors, le corps féminin était pensé comme une version moindre du corps. On employait par le terme « climatère », pour désigner ce moment du vieillissement humain, sans prendre en considération la cessation des règles et la fécondité.
Au 19e siècle avec l'essor de la psychiatrie. La ménopause sera même pensée, dans le contexte des « Folles de Charcot », comme la cause de maladies mentales et de fureurs cleptomanes ou sexuelles…
Pour la petite histoire, en 1887, lors d’une leçon clinique à la Salpêtrière, le neurologue Jean-Martin Charcot devant ses élèves, aux côtés d'une patiente évanouie, traitée pour hystérie, évoque les symptômes et considère la ménopause comme dangereuse ! Celle-ci pouvant engendrer des troubles mentaux. C’est la médecine du 19e siècle !
— On arrive de loin Alice en matière de croyances ! S’amuse Lisandra
— En effet, il y avait une totale incompréhension des symptômes de la femme ménopausée à cette époque. Nous n’avions pas tous les outils de la gestion des émotions, des comportements adaptatifs, des transformations hormonales, des neurosciences comme aujourd’hui ou encore la spiritualité qui aborde le sujet… pour autant, nous avons encore besoin d’avancer sur le sujet pour que cette transformation soit respectée dans notre société occidentale.
Il existe un livre très intéressant de la sociologue Cécile Charlap « La Fabrique de la ménopause », je le conseille aux auditeurs.
Cette autre idée que la ménopause n'est pas une transformation hormonale mais une PERTE ! Établi à partir d'un standard qui correspond aux taux hormonaux des femmes en période de fécondité. Le corps fécond n’est pas l’unique norme, tant que nous nous maintenons en bonne santé physique et émotionnelle, rien ne nous empêche de garder une vie sexuelle pleine de vitalité !
Beaucoup de mes lectrices témoignent d’une « ménopause sociale » vers l’âge de 40 ans, cet âge à partir duquel les grossesses sont considérées comme « dangereuses », tardives, à risques et donc déconseillées et se doivent d’être justifiées. De nos jours, beaucoup de femmes quarantenaires décident d’avoir un enfant. Elles se sont réalisées professionnellement et ressentent le besoin de s’accomplir dans leur rôle de mère. J’ai reçu plus d’une cinquantaine de témoignages où elles expliquent les retours négatifs de professionnels : « Vous vous réveillez un peu tard, ce sera peut-être une grossesse à risques ! » Elles ont le sentiment qu’on les somme de ne plus procréer et pourtant elles sont physiologiquement fertiles mais elles deviennent socialement stériles ! Très clairement, on nous prépare à l’accouchement mais pas à la ménopause !
— Alice, ce que tu expliques est passionnant et rassurant. Pourrais-tu nous expliquer ce qu'est la périménopause ?
— La périménopause, c’est la période de transition qui précède la ménopause. Elle marque le début des changements hormonaux et physiologiques qui conduisent finalement à l'arrêt définitif des menstruations et à la ménopause proprement dite. Elle peut commencer plusieurs années avant l'arrêt complet des règles et durer en moyenne de 2 à 8 ans mais la durée peut varier d'une femme à l'autre.
— Quels sont les symptômes et les changements dans le corps des femmes ?
— Pendant la périménopause, les ovaires commencent à produire moins d'œstrogènes et de progestérones, ce qui peut entraîner des symptômes et des changements dans le corps. Certaines des caractéristiques de la périménopause incluent : l’irrégularité menstruelle, les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la sécheresse vaginale, les sautes d'humeur mais également des modifications physiques…
— Je sens que tu es devenue experte du sujet, peux-tu nous indiquer quelles modifications physiques par exemple ?
— Je suis en effet totalement passionnée par ce sujet, ce qui me permet d’aller toujours chercher de l’information pour mieux guider… nous pouvons accuser des modifications physiques comme la prise de poids par exemple ou des douleurs articulaires, des problèmes de peau et d'autres symptômes…
— Peux-tu préciser ce que sont les œstrogènes et quel est leur rôle ?
— Les œstrogènes sont une classe d'hormones stéroïdes produites principalement dans les ovaires chez les femmes, mais elles sont aussi produites en faibles quantités chez les hommes. Ces hormones jouent un rôle crucial dans le développement sexuel, la régulation du cycle menstruel et la fertilité. Elles ont un impact sur de nombreux aspects de la santé chez les femmes…
Il existe plusieurs types d'œstrogènes, comme l'œstradiol, qui est l'œstrogène principal chez les femmes en âge de procréer. Il est impliqué dans la régulation du cycle menstruel et du développement des caractéristiques sexuelles dites secondaires ; c’est-à-dire la croissance des seins, le développement de la graisse corporelle autour des hanches et des cuisses, à la croissance des poils pubiens. Il joue un rôle clé dans la régulation du cycle des règles, et le déclenchement de l'ovulation. L'œstradiol a également un impact positif sur la santé cardiovasculaire en aidant à maintenir des niveaux de cholestérol sanguin sains.
Les œstrogènes peuvent affecter l'humeur, la concentration et la cognition chez les femmes, et certains symptômes de la ménopause, telles que les sautes d'humeur, sont liés à des changements dans les niveaux d'œstrogènes. Ils sont importants car ils contribuent également à la santé des os. Leur diminution pendant la ménopause peut augmenter le risque d'ostéoporose d’où la prise de vitamine D qui contribue au bon fonctionnement du système immunitaire et au maintien de l’ossature. D’ailleurs il s’agit d’une hormone et pas d’une vitamine. J’explique clairement dans mon blog l’utilité de cette dernière appuyée par plusieurs médecins qui l’encouragent.
On sous-estime complètement la préménopause, comme les conséquences des règles, le baby blues… Au lieu d’anti dépresseurs, on peut mettre en place un rééquilibre hormonal. La phytothérapie offre de nombreux remèdes naturels pour lutter contre les troubles de la ménopause avec l’actée à grappes noires, le trèfle rouge, les graines de lin, l’huile de sauge sclarée, la spiruline, le ginseng panax, le safran, le houblon, le soja… aussi l’homéopathie, hypnose, toutes ces solutions réduisent de 75 % les bouffées de chaleur. Ou encore l’acupuncture, le yoga…
Une chose importante à communiquer, j’ai mentionné son importance sur le blog après ma rencontre avec ce spécialiste. Quand les bouffés chaleurs sont très fréquentes, il faut rester vigilantes, car c’est aussi des accidents cardiovasculaires dans 10 à 20 % des cas et c’est souvent négligé…
— Merci Alice, c’est captivant et surprenant que le sujet soit si complet. Beaucoup d’auditrices nous demandent des précisions sur l'ostéoporose ?
— L'ostéoporose ou la "maladie des os fragiles". C’est une affection par une perte de densité osseuse (composée de minéraux comme le calcium) et une fragilité des os, il est important d’équilibrer notre alimentation avec le calcium et les minéraux. Cela rend les os plus faibles et plus susceptibles de se casser ou de se fracturer même à la suite de blessures mineures ou de chutes. Quand la densité osseuse diminue, la structure devient plus poreuse, ça entraîne une réduction de la résistance des os. Les conséquences de l'ostéoporose sont les fractures, qui peuvent survenir plus facilement au niveau des hanches, des poignets et des vertèbres. Elles peuvent entraîner une diminution de la qualité de vie et des complications, comme une perte d'indépendance.
Il est vrai que les femmes sont susceptibles d'en souffrir… il y a des facteurs à risque qui sont l’âge avancé, les antécédents familiaux de la maladie, la faible densité minérale osseuse mais il existe aussi des solutions pour minimiser ces risques comme une alimentation riche en calcium et en vitamine D, faire de l'exercice, arrêter de fumer, éviter la consommation excessive d'alcool… ce qui implique qu’une bonne hygiène de vie est incontournable pour l’éviter un maximum. Mais c’est la normalité de prendre soin de soi quand on avance dans l’âge pour bien vieillir avec plaisir et satisfaction, non ?
— Pour faire le bilan, reprend la journaliste : Mesdames choisissez une alimentation équilibrée, de l'exercice physique, arrêtez de fumer, limitez également votre consommation d’alcool.
Pour être honnête, nous mettons presque quinze jours à nous remettre d’une fête si on abuse, donc anticipons plutôt que d’avoir la tête à l’envers ! rit-elle.
— C’est exactement cela Lisandra. Mais mesdames, ne pensez pas à un régime de performance mais seulement à votre bien-être… Au pire des cas, un traitement existe en cas de déclaration de la maladie.
— C'est aussi un concept occidental. Tu expliques Alice, qu’au Japon traditionnel par exemple, il n'y a pas de mot pour désigner la ménopause ?
— En effet, je dois cette découverte à ma fille Sandra. Elle a vingt-sept ans, elle s’intéresse particulièrement à ce sujet. Elle s’est intéressée au travail de l'anthropologue Margaret Lock. Cette dernière a montré qu’au Japon, avant les années 1990, il n'existe pas de terme équivalent à cette notion d'arrêt de la fertilité et des règles. Il y a un terme, le « konenki ». Cela englobe le vieillissement en général, féminin comme masculin, c’est à dire le blanchissement des cheveux, le raidissement du corps, bref, l’ensemble des symptômes de vieillissement…
En Occident, le corps est perçu comme individuel, mais pour les Japonais, il comporte une énergie vitale, le « ki », reliée aux autres, à la communauté, au Cosmos…
Le japon possède une vision différente de la fécondité et de la maternité. En Occident, une femme féconde met au monde un enfant mais au Japon cette vision se poursuit dans l'éducation. Les grands-mères se sentent toujours fertiles parce qu'elles s'occupent des petits-enfants. Margaret Lock l’explique très bien. Cela fait une énorme différence pour l’estime de soi, ainsi que la considération et l’appartenance à la société ! La femme poursuit son rôle dans l’accompagnement et les transmissions auprès des enfants, elle n’est pas mise de côté et est respectée pour cela.
C’est très intéressant de disposer d’une autre vision que celle de l’occident. De voir que certaines cultures valorisent le rôle de la femme mature. Elle peut transmettre grâce à son expérience, elle peut soulager en aidant le foyer de ses enfants qui ont des enfants. Elle est considérée dans la structure familiale et sociale.
— Alice, après toutes ces riches informations qui nous permettent de mieux appréhender, de mieux comprendre et d’être plus sensible à cette transformation. Y a-t-il un traitement que tu préconises ?
— J’ai fait et je poursuis mes recherches pour me rassurer et agir avec sérénité. Quand j’ai commencé mes recherches sur les différents traitements, j’ai découvert beaucoup de choses. Notamment au 19ème siècle. A-t-on le temps d’aborder le sujet ? Car il reste intéressant de comprendre l’incompréhension ou l’ignorance médicale de ce début de siècle.
— Bien sûr, je suis très curieuse de ce que tu vas nous dévoiler !
— Au début du 19ème siècle, lorsqu’on évoque la ménopause, on pense le corps en termes d'« humeurs ». On l’explique par le prix d’un effort conséquent et épuisant chez les femmes d'âge mûr, pour expulser le sang menstruel, et cette rétention sanguine serait la cause de nombreux troubles comme les cancers, les inflammations, polypes, ulcères…
Les médecins proposent alors aux femmes la pratique des saignées et l’emploi des sangsues. Ces prescriptions sont très ancrées dans l’époque.
Au milieu du 19e siècle, les médecins déconseillent aux femmes ménopausées de faire du vélo ou de prendre le train. Production de préjugés sur les dangers de la vitesse. Rires dans le studio d’enregistrement. C’est important de voir d’où on arrive et la stigmatisation de cette transformation. Depuis, il existe des procédés beaucoup moins violents et surtout plus rassurants !
Ensuite, au tournant du 20e siècle, la ménopause est pensée comme une maladie de la carence en œstrogènes, en lien étroit avec le développement des hormones de synthèse par les industries pharmaceutiques, dans les années 1960 à 1980. Ces traitements hormonaux de substitution (THS) sont aujourd'hui en perte de vitesse sur le marché occidental, depuis que deux études ont établi des liens entre la prise de THS et le cancer.
Encore aujourd’hui, nous voyons très bien les méfaits du manque d’informations pour les femmes. 100% des femmes vont être ménopausées et 5% seulement seront soignées ou prises en charges. Malheureusement le corps médical n’est pas suffisamment informé, c’est presque un désert médical, ce qui signifie que le sujet n’intéresse pas. On recense à ce jour 93 % de femmes médecins gynécologues, donc c’est clairement une affaire de FEMME !
Grâce aux Américains, nous connaissons maintenant ce qu’il ne faut pas faire !
La ménopause intervient entre les âges théoriques de 45 à 55 ans, période de pré ménopause, avec différents symptômes : comme flou intellectuel, sommeil altéré, bouffées de chaleur, douleurs articulaires…
Depuis 2002, on a dit : « Attention, arrêtez les traitements hormonaux ».
Depuis cette étude américaine, il y eu méfiance à cause de l’augmentation des cancers du sein mais heureusement, ce ne sont pas ceux qu’on utilise en France !
Le premier traitement aux États-Unis est réalisé en 1940 en utilisant les œstrogènes du cheval ! Ce dernier impliquait le cancer de l’utérus !
En 2024, c’est une révolution intime personnelle pour essayer de se poser pour les quarante prochaines années qui nous restent à vivre en tant que femme… donc cette révolution personnelle est aussi une révolution sociale, c’est-à-dire de prononcer enfin ce mot pour être écouté et même anticiper les années futures.
Je m’explique, l’objectif d’être informées, c’est de comprendre que toutes ces choses que nous faisons étant jeunes, ont des conséquences ! Nous ne nous doutons pas des dégâts physiques et psychologiques que nous allons créer sur notre corps au moment de la ménopause. Donc de favoriser une bonne hygiène de vie et une bonne alimentation toute sa vie…
— Certains médecins proposent et rassurent sur un traitement : Le THM - Traitement Hormonal dit naturel de la Ménopause. Précise Lisandra.
— Idéalement, c’est mieux de prendre un maximum d’informations auprès de son gynécologue pour être certaine que ce dernier soit suffisamment adapté à son métabolisme. Je ne suis pas médecin !
J’ai reçu le témoignage de Sibylle concernant un échange avec son médecin. Son médecin lui dit : « Je ne vous donnerai pas de traitement hormonal car c’est un cancer du sein supplémentaire. »
Actuellement en France, une équipe de femmes et d’hommes subissent un traitement à base d’hormones dites naturelles avec des patchs (les médecins expliquent très bien que les hormones naturelles devraient-être celles fabriquées par nos propres ovaires, toutes les autres sont exogènes et donc extérieures au corps) qui passent par la bouche et des progestérones dites naturelles. À suivre pour évoquer la pertinence des résultats…
La progestérone est une hormone produite par les ovaires qui intervient dans le cycle menstruel des femmes en préparant l'utérus à recevoir un embryon. Il faut savoir qu’un pourcentage des femmes et je l’espère pour beaucoup, n’auront pas besoin de ces traitements, car elles ont la culture de l’hygiène de vie, elles se sont préparées avec l’alimentation, le sport, elles protègent leur sommeil…
S’il y a un travail de prévention et d’informations suffisantes, chaque femme peut vivre une ménopause équilibrée. Il est très important de souligner que, si on est ménopausée, certes, on ne peut plus faire d’enfant, pour autant on peut maintenir une vie sexuelle épanouit. Les enfants ont quitté la maison, c’est la liberté ! On peut réinvestir son couple et se réinventer. Le couple peut avoir sa 2e vie, sa 2e chance. Une période sur laquelle il faut laisser entrer la lumière, du lien, la relation, s’accorder et partager des moments agréables.
— Merci Alice de toutes ces précieuses lumières, je suis très surprise de toutes tes découvertes, de la clarté avec laquelle tu abordes l’aspect social et médical. Pour la première fois, j’ai le sentiment de comprendre cette transformation et cela me rassure pour vieillir sereinement ! On va malheureusement terminer cette émission, je sais qu’il y a encore énormément de choses à aborder et heureusement ton blog est très actif pour nous éclairer et nous accompagner. Qu’aimerais-tu ajouter pour terminer ?
— J’aimerais absolument préciser que la ménopause ne sonne pas le glas de quoi que ce soit. Elle offre au contraire l’occasion d’une véritable réélaboration de soi… on a le temps de cultiver son couple et plus on fait l’amour, plus la sécheresse vaginale disparaît… on se réinvente dans sa sexualité grâce aux préliminaires, aux câlins, aux caresses, on développe des expériences sensuelles différentes… c’est un terrain fertile pour semer de nouvelles envies, de nouveaux rêves…
Je conclurai par une citation d’Albert Einstein : « le monde que nous avons créé est le processus de notre pensée, il ne peut pas être modifié sans changer notre pensée… » Alors ensemble, bousculons les croyances sociales et faisons évoluer les mentalités. Un grand merci pour votre écoute et à bientôt sur mon blog !
— Ce sera le mot de la fin d’Alice. Alors mesdames et messieurs lâchez-vous, conseil expérimenté d’Alice !
Merci Alice, ce fut un véritable plaisir. Je me suis régalée sur ce temps d’échanges riches de secrets car ce sont réellement des découvertes... Hors antenne, mon collègue m’informe que nous avons des centaines de messages de remerciements pour cette émission, je crois que ton blog « UNE POUR TOUTES » a gagné de nouveaux visiteurs. Je suis curieuse de suivre le chemin que tu vas parcourir, je te souhaite le meilleur et encore merci de ta mission de nous éclairer…
L’interview d’Alice avec Lisandra fait exploser le nombre de visiteurs sur le blog. Les questions, les remerciements et les témoignages s’enchaînent.
Alice reçoit deux invitations pour donner des conférences à Paris. Elle accepte, soutenue par Pierre et Sandra qui se proposent de l’accompagner pour la rassurer.
Alice est tout d’abord conviée au Théâtre du Palais Royal, dans le 1er arrondissement, avec tous les honneurs et la considération. Son billet de train et son hôtel sont réservés. On prend soin de lui demander si elle est accompagnée.
Pour cette première, Pierre tient à l’accompagner pour comprendre le déroulement de ce type de conférence, s’assurer de la bienveillance du public et être un soutien pour son épouse.
Ils sont accueillis avec tous les honneurs et sont logés avec des attentions particulières. Alice est préparée avant la conférence. On lui expose les attentes du public, les nombreuses interrogations sur les traitements, les raisons pour lesquelles ce sujet suscite autant d’intérêt…
— Bonjour Alice et Pierre, nous sommes ravis de vous accueillir à cette conférence au Théâtre du Palais, précise Maria qui supervise cet évènement. Alice, vous êtes attendue par des centaines de personnes. Je suis là pour vous aider à vous préparer. Le public que vous allez rencontrer vous admire et vous réclame, c’est sur leur demande que vous êtes conviée, suite à l’interview que vous avez donnée et au succès de votre blog, qui explose littéralement.
Des femmes et des hommes ont besoin de vous entendre, de partager, d’être informés… Je vous rassure, vous n’aurez peut-être pas toutes les réponses aux questions mais votre positionnement aujourd’hui permet à beaucoup de femmes d’exister de nouveau, d’arrêter de se cacher, à des hommes de mieux comprendre leurs partenaires, d’accorder plus de tolérance, d’empathie, de compassion. Vous êtes déjà une icône pour beaucoup, alors laissez-vous porter pendant cette conférence.
L’anxiété d’Alice est palpable.
— Je me sens un peu déstabilisée Maria. La prise de parole en public n’est pas ce que je préfère, la radio était un bon exercice mais c’est l’écriture qui me rassure...
— Je comprends complètement Alice. L’exercice peut sembler compliqué mais vous allez voir, comme pour beaucoup de passionnés, vous allez entrer dans le flow, cet état où vous n’aurez même pas besoin de consulter vos notes… vous connaissez votre sujet, vous maîtrisez beaucoup d’informations, vous allez les partager instinctivement…
Alice, je suis là pour vous guider et vous préparer, j’aurai le plan que vous souhaitez aborder pour être structurée et si surgit la page blanche, je serai là pour vous aider. Votre public aime votre engagement et le sens que vous apportez à cette quête et à cette vérité. Je serai là pour gérer les détracteurs mais je ne pense pas qu’il y en aura…
— Merci Maria, je suis rassurée de votre accompagnement. D’habitude, j’ai ma fille Sandra qui me prépare et m’encourage, je sens votre soutien et ça me fait du bien.
***
Vingt-quatre heures plus tard, Alice se présente au théâtre. Elle se sent anxieuse mais préparée. Maria a envisagé tous les scénarios et toutes les questions possibles. Ils ont installé un écran géant derrière Alice pour afficher les supports, et évoquer ses recherches au fur et à mesure de la conférence. L’ambiance musicale est également sélectionnée pour l’accompagner pendant son récit.
Elle est prête et rien n’a été laissé au hasard !
La salle est comble, Pierre est en coulisse pour épauler sa femme.
Maria fait son introduction et appelle Alice à se présenter. Alice s’avance habillée, coiffée et maquillée sous un tonnerre d’applaudissements. Elle se sent tellement impressionnée par cet engouement, qu’elle regarderait presque derrière elle… et c’est comme cela qu’elle brise la glace !
— Bonjour à tous, et merci de m’accueillir avec tant d’enthousiasme. J’ai cru à un moment, qu’une célébrité était derrière moi, j’ai failli me retourner mais comme je suis bien formée par mon coach Maria, je me suis convaincue de marcher tout droit pour rejoindre le micro.
La salle rit de bon cœur. Alice entend crier des « MERCIS d’être là, MERCI pour ton blog, UNE POUR TOUTES » … et avec ces encouragements, elle entre dans le flow de son sujet avec passion. Alice s’adonne à une heure trente de conférence sur des sujets aussi passionnants les uns que les autres… elle a préparé quelque chose de spécial pour cette visite.
— Souvent la question des bénéfices/risques revient. Quels sont les dangers ? Quels sont les bienfaits des traitements hormonaux ? C’est normal de s’interroger car une catégorie de femmes peut bénéficier des avantages de ces traitements et pour d’autres cela sera plus compliqué… je vais commencer par un fait en France, pour faire le rapprochement avec la ménopause et qui arrive de plus en en plus à la puberté. Il y a une tendance grandissante à proposer aux jeunes filles la pilule en continu, cette pratique entraîne la disparition des règles ! Cela laisse penser que les règles ne servent à rien… de plus, on avance des arguments stressants tels que les règles sont fatigantes, anémiantes, apportent des maux de ventre, de tête, et c’est également discriminatoire car les hommes n’en ont pas...
La ménopause est également un sujet qui inquiète les femmes mais aussi les hommes… comment ma femme va-t-elle vieillir, peut-être grossir, ou s’assécher, vivre les symptômes… il existe beaucoup de peurs chez les hommes et cela s’interprète comme une maladie quand arrive la ménopause ou quand les cycles s’éteignent et que les femmes ne sont plus en âge d’avoir des enfants. Donc, de fortes croyances sociales autour du sujet ! cela est souvent interprété comme médical et non comme un passage libérateur de la femme…
Il existe des solutions par lesquelles on peut poursuivre les cycles. On refoule la ménopause et c’est totalement artificiel ! Dans d’autres cas, quand nous arrivons à la ménopause, on nous propose le Traitement Hormonal Substitutif « THS », on propose de remplacer ce qu’on n’a plus alors que cela devrait être un traitement complémentaire… ce dernier est devenu le Traitement Hormonal de la Ménopause « THM » qu’on a essayé d’adoucir pour qu’un maximum de femmes le consomme. En France, c’est un marché d’environ quinze millions de femmes en âge d’être ménopausées et ce sera inéluctable pour cinquante pour cent de la population ! Ne nous voilons pas la face : cette population vieillissante représente un énorme marché financier ! Les laboratoires pharmaceutiques gagnent aussi beaucoup d’argent grâce à la ménopause. Un exemple : pour un laboratoire allemand, son budget dédié à la recherche s’estime à « cinq milliards de dollars » et quatre fois plus pour lancer sa communication, soit « vingt et un milliards de dollars » (animée par différentes formes de médias, le corps médical associé à cette action, des témoins féminins…). Un tableau apocalyptique de la ménopause est affiché où l’objectif est de faire peur sur la baisse du taux de la progestérone (hormone pour la gestation). Pourtant, les ovaires continuent à travailler et à fabriquer, donc ce n’est clairement pas un vieillissement… le travail des ovaires ne doit pas être systématiquement remplacé par les traitements hormonaux. L’objectif n’est pas complètement honnête face à la réalité… il est d’orienter vers la consommation de médicaments pour la ménopause alors que tout fonctionne simplement au ralenti, retenez ce mot : RALENTIR. Car nous avons tous besoin de ralentir et notre corps nous interpelle pour lever le pied, sachons l’écouter.
En 2000, aux États-Unis, on constate une augmentation des cancers du sein avec le traitement de la ménopause. Quand cela a été communiqué, 60 à 70 % des femmes l’ont interrompu et cela a baissé de 12 % les cancers du sein dans les 3 ans qui ont suivi.
Quand vient la ménopause, peut-être vers 48-50 ans, on donne des doses hormonales surélevées par rapport à ce que fabriquent les ovaires. Les glandes mammaires en sont hormonodépendantes et c’est grâce aux œstrogènes que les glandes mammaires se construisent (La glande mammaire se développe et fonctionne sous l'influence des hormones sexuelles fabriquées par les ovaires.)
Le discours de certains gynécologues : « Si jamais vous déclarez un cancer du sein lié au traitement hormonal, c'est une chance et grâce au traitement hormonal, vous avez pu faire le diagnostic du cancer du sein plus tôt ! » C’est complètement fou, car la femme n’aurait peut-être jamais déclaré un cancer du sein. Des médecins cautionnent cela ainsi que les laboratoires… Je vous laisse imaginer l’intérêt de ce fonctionnement !
Sous traitement THS, il existe un risque augmenté de 30 % de déclarer un cancer du sein quand vous arrivez à l’âge de la ménopause. Si vous interrompez le THS ou THM, vous réduisez de 15 % le taux de cancer du sein, pratiquement dans les 3 ans qui suivent. Ce qui signifie que vous avez fabriqué un cancer du sein avec un THS ou THM en 3 ans alors que pour la pilule, il faut 15 à 20 ans de prise. On peut voir des cancers du sein chez des femmes à 35 ans mais qui ont pris la pilule à 15 ans. Il y aura plus de risques pendant le THS ou THM pour celles qui sont porteuses du gène du cancer du sein et ne le savent pas, car il y a environ 5 à 8 % des femmes qui le portent.
Prenez conscience qu’aujourd’hui, on a médicalisé la ménopause à des fins financières. Depuis deux ans, les laboratoires pharmaceutiques se sont relancés dans la course en présentant un nouveau traitement à base d’hormones naturelles. Avec des données probantes de professeurs passionnés par le sujet, toutes les références sont à votre disposition en sortant de cette salle. Je vous confirme que cela est impossible : il n’y a pas d’hormones naturelles ! Sauf celles fabriquées par nos propres ovaires, toutes les autres sont exogènes et donc extérieures au corps. Le corps les reconnaît et peut rejeter l’hormone étrangère. D’après certains spécialistes qui luttent en faveur de la cause des femmes, les laboratoires n’ont pas les kits pour doser les hormones, et s’il y a un surdosage, cela peut aggraver la situation. Par exemple, si nous avons un taux d’hormones naturelles bas, et qu’on vous propose un surdosage (comprimés, injections…), ce sera physiologiquement perturbant !
Donc le THS a peu d’intérêt car nous ne sommes pas capables de détecter le dosage de l’hormone naturelle par individu, sauf chez les femmes avec une ménopause précoce, c’est-à-dire vers 35 ans, dont les ovaires ont été enlevés. Il s’agit d’une ménopause artificielle, mais à 50 ans, il est conseillé d’interrompre le traitement pour que le corps puisse reprendre ses droits et retrouver un fonctionnement naturel…
Dans l’assemblée, les questions fusent, le micro se balade de main en main, les femmes sont avides de réponses, et les hommes se questionnent. Alice s’émerveille de tant d’attention pour ce sujet, encore tabou il y a six mois.
— On prétend que les traitements hormonaux permettent de prévenir de l’ostéoporose. Cela est difficilement entendable. L’examen ostéodensitométrie (diagnostic d'ostéoporose) tel qu’il est paramétré se révèle très souvent négatif (indiquant donc le danger d’ostéoporose) pour indiquer une maladie et donc la prescription de tous les médicaments utiles si vous avez des problèmes osseux, mais dangereux si ce n’est pas le cas ! C’est encore un objectif financier…
Mesdames, la nature est bien faite : faites-lui confiance…
Une des vraies réponses au traitement de la ménopause encore une fois et largement soutenue par le corps médical des sage-femmes, des médecins ou des praticiens de santé est de rester vigilantes sur la qualité de vie, les activités physiques, un bon sommeil et celle de l’alimentation !
De quoi avez-vous besoin ? De précisions ? Dans mon blog, j’ai essayé d’être assez précise, mais nous pouvons aborder le sujet de nouveau pour mieux clarifier. Cela pourrait paraître étonnant que l’alimentation soit un médicament mais c’est son rôle quand nous prenons soin de choisir ce que nous allons manger pour faire fonctionner nos organes, nos muscles, nos articulations, nos sens, nos humeurs…
Avec des fruits secs oléagineux comme des amandes, des noisettes, des noix… une alimentation orientée sur du végétal, des fruits, des salades car il y a beaucoup de calcium dans le végétal… de plus, soyons vigilantes sur notre manière de manger : « la mastication ». La mastication des végétaux permet d’absorber jusqu’à 75 % du calcium par le tube digestif, la viande permet seulement d’absorber 30 à 35 % de calcium capital pour prévenir l’ostéoporose, c’est tout simplement magique d’en prendre conscience.
D’autre part, évitons de consommer des produits laitiers. Les Suédoises sont particulièrement touchées par l’ostéoporose, ce sont des grandes consommatrices de lait. Alors que si nous regardons les Japonaises qui n’en consomment pas, elles présentent les taux les plus bas au monde… ce sont des éléments très révélateurs d’une certaine manipulation marketing…
L’ostéoporose touche principalement les femmes, qui n’ont pas d’activité physique, et qui peuvent prendre du poids. Celles qui mangent quand elles sont stressées, les addictions au sucre, la surconsommation du pain blanc, des sucreries, des boissons sucrées… nous fabriquerons inévitablement du gras et ce gras est cancérigène. Il se stocke dans les seins, le foie et chez l’homme, dans le bassin, d’où le cancer de la prostate. Il est recensé une augmentation annuelle de 70 000 cancers de la prostate ! Les hommes aussi peuvent apprendre à prendre soin d’eux pour vieillir avec sérénité. C’est toute la population qui est concernée. Donc une réponse fondamentale et essentielle pour bien vivre sa ménopause : une alimentation surtout végétale.
La question que vous venez de poser est très intéressante : « Est-ce qu’un régime végétarien est plus approprié ? »
Mesdames, il est établi que pour sécréter nos hormones, nous avons besoin de phytohormones, c’est-à-dire les hormones d’origine végétale qui sont contenues dans tous les végétaux, comme le pamplemousse, le raisin, le jus de raisin. Une alimentation saine, en évitant la viande (produits acidifiants), les produits laitiers, les produits industriels, les céréales (acidifiant et sucré) … sans pour autant nous priver d’un bon verre de vin mais le préférer Bio pour éviter les sulfites (Les sulfites sont ajoutés comme conservateurs et antioxydants). Éviter aussi les faux sucres comme l’aspartame, la stévia car le corps les reconnait comme de vrais sucres.
Privilégier au maximum les aliments naturels, pour leurs saveurs, leurs vitamines, leur texture, leurs fibres. C’est important pour notre flore intestinale et la santé en général, même la peau des végétaux des légumes est importante car il y a souvent plus de nutriments dans la peau. Donc privilégier le Bio ou l’agriculture raisonnée.
Pour conclure sur l’alimentation : pour fabriquer des Phytohormones, il suffit de ralentir la viande rouge, les laitages. Les remplacer par légumineuses, noix, noisettes, amandes, tofu une fois par semaine suffit, car c’est une légumineuse riche. Et dans ce cas, pas besoin de THS…
Alors, il est vrai, qu’il faut revoir son alimentation et ce n’est pas toujours simple mais peut-être seulement essayer pour en avoir les bénéfices et constater un bien-être qui deviendra une motivation intrinsèque par suite.
Pour les plus initiés et les plus motivés, j’ai expliqué dans le blog comment fabriquer des Phytoœstrogènes : on les retrouve dans les légumineuses, grains, plantes en infusion, comme la sauge qui est exceptionnelle et considérée comme œstrogénique (infuser 10mn et couper le feu avant que l’eau ne bouille)
Ce ne sont pas les seules, d’autres plantes apportent du phyto progestérone, cette hormone de la gestation qui baisse ! C’est très important. Il existe une solution pour en sécréter naturellement.
Il faut également souligner que les douleurs pendant les règles, les dérèglements hormonaux, des migraines ou douleurs hormonales avant ou après les règles, sont la cause d’une baisse de progestérone. Une des réponses en plante : « L'Achillée millefeuille », c’est une plante miracle, anti hémorragique pour l’équilibre hormonal et général, elle agit contre la sensation de malaise, les maux de ventre, les migraines… Et elle a une action digestive, c’est une prescription, un remède à ces symptômes.
Une nouvelle question : dans quoi trouve-t-on les vitamines ?
Dans les légumes-feuilles. Ils sont également sources de vitamines, telles que la vitamine C, la vitamine B9 (ou acide folique) et la vitamine K (préserve la santé osseuse). Ils contiennent du fer, du calcium, des oméga 3… autant d'éléments qui répondent à nos besoins nutritionnels quotidiens !
Pour des jeunes filles qui ont des troubles au moment de la puberté ou des femmes qui ont du mal à trouver leurs cycles et avoir des enfants, il est conseillé des phytoœstrogènes le matin, une cuillère à soupe et L'achillée millefeuille l’après-midi et/ou le soir. Elle peut être accompagnée d’autres plantes comme la verveine, la mélisse qu’on appelle aussi herbe des jeunes filles pour apaiser les troubles de l’humeur à la puberté, comme à la ménopause, avec un peu de miel apaisant de lavande ou de tilleul. Ces plantes favorisent le sommeil. Elles sont réellement bénéfiques aux deux grandes périodes de transformation de la femme.
Pour une jeune fille ou une femme ménopausée, c’est la nature au service de la femme. Les plantes sont nos médicaments, comme dirait ce spécialiste : « Ton aliment devient ton médicament ! »
Maria reprend le micro souriante et amusée par l’énergie et la curiosité de la salle :
— Alice, je crois que la conférence sera basée sur la nutrition en grande partie
— J’en suis ravie Maria, on a trop minimisé les pouvoirs d’une alimentation de qualité et équilibrée au profit des industries alimentaires et du marketing. Sachez que nous avons le pouvoir d’agir sur nos minéraux !
On peut aussi viser un équilibre en minéraux. Grâce aux noix, noisettes, amandes mais aussi les légumineuses… un petit truc, attention à ne pas trop les cuire, nos légumes doivent rester croquants pour garder leurs bénéfices.
Il existe également la méthode de la germination en les faisant tremper la veille, ça augmente la proportion en phytoœstrogènes et en vitamines du groupe B, très importantes pour le système nerveux. (À cuire à la vapeur 5 minutes seulement pour qu’elles croquent sinon elles se transforment en sucre !).
Vous trouverez des fiches pratiques dans mon blog, n’hésitez pas à les imprimer et à les coller sur le frigo, des petits rappels sont toujours appréciés.
Très souvent, les femmes arrivent à la ménopause quand leurs enfants grandissent et sont autonomes. Mesdames, cela signifie que vous avez de plus en plus de temps pour prendre soin de vous et c’est essentiel ! Faites les bons choix alimentaires, pratiquez une activité physique, apprenez à vous dorloter ! Ce que vous avez réalisé au quotidien pour les autres, c’est maintenant le moment opportun de vous l’accorder.
Une spectatrice crie : « Et les maris dans tout ça ? »
— Je viens d’entendre : « Et les maris dans tout ça » ! rit Alice. Vous avez raison de le souligner, leur rôle est important. Ils sont impliqués pour que nous vivions pleinement cette transformation…
Alors, messieurs, soyez sereins : cela n’est pas une maladie ! Pas plus que l’andropause, qui est aussi une croyance sociale, souvent au profit de la médicamentation…
En effet, c’est une période délicate, mais elle est belle ! Exactement comme la puberté… Profitez-en pour parler et expliquer positivement cette transition qui apportera de la douceur, une nouvelle complicité car on apprend à se livrer sur son intimité, ses peurs, sa vulnérabilité… ce n’est pas simple mais c’est toute la beauté du processus pour continuer le chemin ensemble.
Informez les hommes grâce au livre d’un médecin, Henri Joyeux : « Femme, si vous saviez ! » J’encourage les hommes à le lire pour ensuite l’offrir à leurs compagnes. Ce livre est dédié aux hommes pour qu’ils comprennent les hormones de la puberté à la ménopause… également pour comprendre leurs filles, mais aussi leurs femmes au moment de cette transformation. Pour que l’homme devienne plus attentif, soit plus attentionné, entretienne la relation du couple… cela nécessite une attention amoureuse de la part de l’homme. Si l’homme ne considère pas la transformation de sa compagne, ou la néglige … alors ses symptômes risquent de s’amplifier et la compagne peut consulter et se diriger vers des traitements hormonaux !
Comme le rappelle encore ce médecin audacieux, la ménopause est aussi une affaire d’homme !
Un homme prend le micro :
— Ce n’est pas toujours simple de communiquer dans cette période car notre compagne peut facilement s’isoler, peut prétendre que nous ne pouvons pas comprendre…
— En effet, pour l’homme, il s’agit d’une période d’insécurité… cela demande de la patience, de l’écoute, une attention différente, parfois plus soutenue…
Une chose est certaine, à la ménopause, la femme n’a plus peur d’une grossesse non désirée, et c’est souvent à la ménopause qu’une femme s’épanouit le plus sexuellement, au moment où la libido de l’homme change, et c’est peut-être l’opportunité d’un changement pour les deux. L’homme doit aussi gagner en maturité sexuelle, commencer un dialogue avec sa compagne, oser des changements, oser tout court !
Quelquefois, la femme est beaucoup plus demandeuse d’une union amoureuse, plus de tendresse, plus de complicité, de caresses… c’est une autre période de la vie avec une autre sexualité, une sensualité plus épanouissante pour la femme et l’homme… cela requiert de nourrir une nouvelle complicité…
Donc, il faut comprendre que la ménopause est une nouvelle période d’épanouissement, et c’est la femme qui peut gérer cette période en expliquant à son compagnon ce qu’il se passe. Donc, mesdames, parlez, dites les choses à vos compagnons, pour trouver de l’harmonie, pour changer, faire évoluer votre relation. La psychologie est très importante chez les deux partenaires pour retrouver une complicité et créer une nouvelle intimité…
Alice prend quelques secondes. Elle regarde son public captivé par leurs échanges… elle évoque un livre qu’elle a ouvert récemment…
— Pierre, mon mari, m’a fait découvrir un livre étonnant. Un soir en rentrant à la maison, il m’offre un paquet et il me dit : « Il faut absolument que tu découvres ça ! Ça fait partie de ta quête et de ton marathon pour la vérité ! »
J’ouvre le paquet et je découvre le titre : « Tout ce que l’homme sait de la femme » de Michel Isidore Sogine (M.I. Sogine). J’ouvre le livre, et là, surprise ! La vérité dans les pages… plus de 100 pages blanches !
Les rires éclatent dans la salle.
Viennent encore les questions-réponses, où elle prend un sincère plaisir à échanger avec toutes ces personnes. La bienveillance et la considération avec lesquelles chacun aborde sa situation remplissent la salle d’émotions.
Maria intervient pour indiquer que la conférence arrive à son terme et Alice l’interpelle pour dire le mot de la fin en lisant une écrivaine qui l’inspire…
— Je souhaite aborder l’aspect spirituel qui est souvent oublié ou négligé dans la ménopause. J’aimerais conclure en vous lisant un extrait d’une écrivaine que je respecte énormément, Lise Bourbeau, qui explique dans son livre « Aime-toi » :
— Plus la période de ménopause est vécue difficilement, plus ton corps te dit de ne pas avoir peur de faire la transition vers la vieillesse. Ce n’est pas parce que ton corps te donne moins de rendement que tu ne peux plus créer ta vie. Tu dois réviser ta définition de la vieillesse…
Vieillir ne veut pas dire mourir, devenir invalide ou impuissante, être indésirable, et se retrouver seule, ou être inutile, et ne plus pouvoir passer à l’action vers quelque chose de nouveau.
Avec l’âge, une personne devient en général beaucoup plus sage, parce qu’elle est plus expérimentée et a beaucoup de cordes à son arc pour faire face à toutes les situations. Tu peux remplacer le mot « vieillie » par « plus âgée », « mature. »
Tu dois te permettre de vouloir créer pour toi à partir de maintenant au lieu de croire que tu es sur cette terre pour les autres.
En général avant la ménopause, la femme s’est occupée à procréer et à créer pour les autres. C’est maintenant ton tour… créer pour toi, signifie utiliser ton principe féminin, pour sentir quelle direction donner à ce cycle de ta vie. Cette réflexion accompagnée d’une introspection, demande du temps seule avec toi-même. Une fois ta nouvelle orientation pressentie, utilise ton principe masculin pour organiser et structurer ta nouvelle vie.
N’oublie pas que c’est une période de changement pour toi dans plusieurs domaines. Tu reçois le message de t’accepter face à la difficulté à gérer ces changements, et surtout d’accepter que tu ne puisses pas tout contrôler dans ta vie, que les surprises qui te viennent de l’univers ont leur raison d’être…
Vois les imprévus qui t’arrivent comme des cadeaux de la Vie, des nouvelles expériences…
N’oublie pas que ton grand besoin est de t’AIMER, d’accepter tes peurs du moment. Prends le temps de trouver ce dont tu as peur pour toi dans cette situation. Ton Dieu intérieur t’invite à accueillir cette peur qui te pousse à agir ainsi, en te rappelant que tout est temporaire. Il te dit d’accueillir tes limites actuelles et de reconnaître davantage ta propre valeur.
Ce n’est qu’après t’être accueillie dans tes peurs et tes limites que tu pourras te diriger vers ce que tu veux vraiment. Souviens-toi que cette partie en toi qui a peur est convaincue de te protéger. Si tu te sens capable d’assumer les conséquences de vivre selon les besoins de ton être, rassure-la.
Merci à tous de m’avoir écoutée et d’avoir participé avec autant d’enthousiasme.
Le tonnerre des applaudissements remplit le théâtre, des sifflements, des acclamations, des mercis, des bravos criés. Le public se lève pour remercier Alice. Un franc-succès...
Après le triomphe de cette conférence, Alice est interpellée pour donner une nouvelle conférence au théâtre des Champs-Élysées dans les mêmes conditions.
On parle de plus en plus de son blog, de sa cause, de son engagement.
De retour à la maison, Sandra se précipite pour féliciter sa mère :
— Maman, tu as été stupéfiante. Dès ton entrée, tu as gagné le public avec une blague et tu t’es lancée avec passion dans ton sujet. Papa m’a envoyé des vidéos tout au long de ta conférence : tu étais éblouissante.
— Merci ma chérie, tes mots me touchent sincèrement. En effet, je ne me suis pas reconnue sur scène. Je pensais être intimidée, mais j’ai pris très vite confiance et j’ai adoré ce moment de partage. J’ai autant apprécié que les personnes présentes dans la salle.
Ma fille, j’ai réalisé au moment des questions-réponses, qu’il y avait beaucoup d’interrogations concernant le fonctionnement dans d’autres cultures, les injustices sociales subies par les femmes menstruées dans notre société. Le manque de considération des moments compliqués de nos cycles qui provoquent des symptômes différents chez chacune…
Depuis le début du blog, Sandra, tu me soutiens et tu m’encourages. J’ai énormément réfléchi suite à cette conférence et je sens qu’il y a un besoin complémentaire afin d’être en accord avec le sujet. Je souhaite te proposer de participer à la cause avec moi pour soutenir les femmes qui subissent leurs règles sur un plan personnel comme professionnel, et également apporter plus de considération et de respect dans cette différence qui nous définit.
— Maman, c’est un vrai cadeau que tu me fais, j’adorerais... Je considère ton engagement comme une urgence citoyenne et la cause est noble. Grâce à toi, je suis déjà très curieuse de ce qui se passe dans différentes cultures pour apporter une vision différente, plus de tolérance, plus de compréhension.
Je peux aussi devenir ton agent afin de répondre à tes demandes d’interviews et de déplacements.
— Je n’en demandais pas autant ma fille, mais je t’avoue que d’avoir une personnalité telle que la tienne pour me guider et m’orienter dans le monde public me rassurerait. Personne ne me connaît mieux que toi ou ton père pour m’accompagner dans cette aventure.
— Merci maman, je sens que cette mission va me passionner. Défendre le droit des femmes et accompagner ma maman et amie dans son aventure, c’est fantastique. D’ailleurs, nous avons une prochaine rencontre à organiser, ton invitation au théâtre des Champs-Élysées.
— Oui, je te laisse le soin de gérer les détails ma fille... Te sentirais-tu de faire une intervention sur le sujet que nous venons d’évoquer ?
— Complètement maman, avec grand plaisir ! J’ai déjà réuni un nombre considérable de données qui, j’espère, suscitera autant la curiosité du public que la surprise qui m’a submergée en découvrant ces vérités.
— Ça laissera le choix à ton père de nous accompagner ou pas. Je crois qu’il a bien apprécié l’accueil avec le restaurant et la chambre d’hôtel la dernière fois, il peut rapidement y prendre goût…
— Je crois qu’il a encore découvert des ressources cachées chez sa femme. Qui aurait cru que tu puisses être cette oratrice que tous écoutent et que tu aies le talent d’emmener les foules avec toi.
Je crois que papa est encore plus amoureux de sa femme… il n’avait pas mesuré à quel point, il vivait avec quelqu’un d’exceptionnel !
— Tu vas me faire pleurer, arrête, tu me fais rougir ! s’émeut Alice.
— Mère et fille, nous allons former un incroyable duo entre tes ressources et mes découvertes, nous allons réveiller les consciences...
Les associations pour les droits des femmes se manifestent et veulent recevoir Alice. Un vif engouement pour « Une pour toutes » que Sandra accueille et gère d’une main de maître.
Le grand mouvement de mobilisation contre les violences faites aux femmes #MeToo invite Alice pour une nouvelle conférence à Lyon. L'AVFT (Association contre les Violences faites aux Femmes au Travail) la sollicite également. Ou encore CLASHES (CoLlectif Anti-Sexiste de lutte contre le Harcèlement sexuel dans l’Enseignement Supérieur). Même des experts du Gemvi (Groupe d’étude sur la ménopause et le vieillissement hormonal) souhaitent inviter Alice.
Sandra gère avec discernement l’ensemble des demandes. Quels sujets veulent-ils aborder ? Quel public sera présent ? Et combien de personnes seront attendues afin de tout envisager pour soulager et préparer sa mère.
— Bonjour Sandra. Ça fait des semaines que je n’ai pas de nouvelles de toi, alors je t’appelle pour savoir si tu n’avais pas encore disparu à l’autre bout du monde !
— Salut Lisa, je suis par là en ce moment mais je suis sur un projet qui m’anime tellement que je suis littéralement absorbée…
Je te manque, c’est ça ? Tu as besoin d’une bouffée d’air entre adultes, et tu veux que nous déjeunions ensemble ?
— C’est une excellente idée, comme ça, tu pourras me raconter tes nouvelles aventures... ça me changera de ma désespérante routine…
Quand aurais-tu un temps pour ta grande sœur ? Comme tu es débordée d’activités passionnantes…
— Ce jeudi midi, on peut se retrouver au petit resto où je t’avais rejointe la dernière fois, près de la crèche de Louane. Comme ça, pas besoin de se presser, tu seras sur place pour la récupérer et foncer à l’école de Maël.
— Merci ma sœur, de considérer ma logistique et ma course quotidienne contre la montre pour récupérer mes enfants ! Souffle Lisa.
— C’est normal, je sais que tu cours tout le temps et comme ça, on aura plus de temps pour discuter, je suis contente de te voir.
— Moi aussi. À jeudi, des bisous.
Sandra arrive la première, elle en profite pour traiter ses mails.
— Ça fait plaisir de te voir, lui dit Lisa. Heureusement que je t’appelle sinon, je serais encore en train d’attendre…
— Tu as raison et tu as bien fait car je suis tellement dans mon truc en ce moment, que rien d’autre n’existe. J’ai fait des découvertes qui me captivent…
— Eh bien, raconte : nous avons le temps, pour une fois que je n’ai pas les courses à faire, le linge à repasser ou encore aller chercher les costumes de Fabrice, et j’en passe… Tu vois la vie trépidante que je mène !
— Tu es une merveilleuse maman et une fabuleuse épouse. Sans toi, tout ce petit monde serait perdu !
— Merci et tu as raison mais quelquefois… Je ne sais pas, j’ai l’impression que je manque d’épanouissement. Je sais que ça viendra mais…
Raconte-moi pour toi plutôt, je suis curieuse de tes nouvelles lubies ?
— Écoute bien ! Je suis le nouveau manager de maman, je vais également participer à ses conférences et intervenir sur les difficultés sociales, surtout en milieu professionnel des femmes menstruées. Je suis tellement excitée… je rassemble des données incroyables, tu savais…
Lisa lui coupe la parole.
— Ce n’est pas possible, toi aussi, tu t’y mets ! C’est quoi cette idée de parler de notre intimité en public ! Les femmes de ma famille n’ont aucune pudeur ! La France doit savoir tout ce qui se passe entre leurs jambes !
Sandra s’amuse de la chasteté de Lisa.
— Depuis que maman a lancé son blog, tu sais que je la soutiens… non pas parce que c’est notre mère mais parce que je trouve que la cause est formidable. Le sujet m’a tellement fasciné, que j’ai commencé à récolter des témoignages, des récits, tous plus insupportables les uns que les autres.
Par exemple, dans les métiers du commerce, l’amie de Fabienne ma voisine, est secrétaire depuis 20 ans. Elle a été reléguée aux archives car elle n’a plus la présentation souhaitée pour le poste d’accueil qui était le sien. Elle ne fait plus un petit 36 et n’a plus la jeunesse.
Aussi, la copine de Bertrand, le cousin de papa. Elle travaille dans l’aviation comme hôtesse de l’air et pendant son entretien annuel, on lui propose un poste au sol en lui exposant que cela sera moins fatiguant. Elle explique que sa seule motivation, c’est de continuer à naviguer et on lui fait comprendre qu’elle ne possède plus les mêmes atouts qui enchantent les clients !
Tous ces témoignages sont plus scandaleux les uns que les autres et j’ai encore beaucoup d’autres exemples pour t’expliquer la cause et l’engagement de maman…
Ce que je veux te dire, c’est que toutes les femmes sont touchées et demain ce peut être toi, et ensuite Louane.
Au-delà des violences faites aux femmes, il y a toute l’injustice, toute la violence gratuite et le manque de considération de la société qui laisse faire…
Je comprends le ras de bol de Maman, ça ne peut plus durer ! Nous sommes tous responsables de la société dans laquelle nous vivons et coparticipons. Si nous n’aidons pas à la faire grandir, à éduquer les consciences, nous serons responsables des souffrances perpétuées sur des générations en chaîne avec légitimité ! Ce combat est mené aujourd’hui pour que demain les mentalités évoluent et accueillent le changement, la différence et le respect…
Ce combat est peut-être une bataille que nous gagnerons et dont Louane, ta fille, pourra bénéficier. Un combat gagné pour l’équité, l’égalité, la considération, la reconnaissance.
Lisa ne se sent toujours pas concernée, toujours plus honteuse que courageuse face à ce sujet qui dérange !
— Évidemment, Sandra, tu n’as pas d’enfant ! Tu ne subis pas les regards, les messes basses partout où tu vas, sur ta mère qui s’expose publiquement sur sa sexualité !
Il y aurait tellement d’autres sujets à débattre aujourd’hui comme l’environnement, la lutte pour les espèces en voie de disparition, la lutte contre la faim dans le monde…
Mais maman, a choisi la sexualité ! L’impudeur de parler de son intimité !
— Justement Lisa, toutes ces causes que tu viens de citer sont déjà représentées et défendues mais celle de maman, n’a jamais réellement été abordée. Elle se bat pour l’unité des femmes. Pourquoi cela te dérange autant, Lisa ? Est-ce à cause des dires de ton mari ? Sa manière de parler des femmes n’est pas toujours très délicate…
Je l’ai déjà entendu dire qu’il était dégoûté d’entendre parler des règles ou de nos soucis féminins comme les sécheresses vaginales et autres. Est-ce à cause de lui ? De l’image que tu as peur de lui renvoyer en prenant de l’âge, quand tu vieilliras ?
Lisa reste silencieuse. Elle ne sait pas quoi répondre, cela fait écho en elle mais elle réfute que ce soit à cause de Fabrice. Elle s’obstine à déclarer que c’est leur mère le problème !
Sandra la questionne avec douceur :
— Lisa, quand vous allez vieillir tous les deux. Comment toi, et surtout lui, allez accueillir ce changement ? Comment allez-vous l’accepter ? Êtes-vous préparés ou ne vous sentez-vous pas du tout concernés ?
— Écoute, Sandra, je ne sais pas si c’est à cause de Fabrice comme tu sembles l’accuser, mais je trouve seulement le sujet impudique et inutile à débattre !
— Pourtant les tabous sont souvent les sujets les plus intéressants à débattre. Ce sont justement des secrets qui ont besoin d’être révélés pour enfin équilibrer, harmoniser notre société.
— Bon, si nous changions de sujet : nous ne serons jamais d’accord ! J’entends que tu as tes raisons et j’ai les miennes.
Elles cessent de batailler sur le sujet pour discuter des histoires d’école de Maël et des aventures de la crèche de Louane.
Les deux sœurs ne réussissent pas toujours à s’entendre mais ne se fâchent jamais. Elles ont été très proches pendant leur adolescence. Sandra se rappelle encore des bons moments qu’elle a partagés avec Lisa.
Quelques années plus tôt, Lisa qui a pourtant trois ans de plus que sa sœur, sort avec la bande de copines de Sandra. Elle emmène sa grande sœur partout, elle est très fière que cette dernière veuille bien la suivre et ne la traite pas de petite. Elles ont développé une forte complicité, quand l’une se fait reprendre par l’un des parents, l’autre la défend au risque d’être également punie…
Elles ont partagé ces riches moments jusqu’au jour où Lisa rencontre Fabrice. En totale admiration, elle tombe rapidement amoureuse de ce garçon. À 19 ans, Lisa cesse de suivre Sandra pour suivre Fabrice. Cela est entendu entre les deux sœurs, Sandra est heureuse que sa sœur soit amoureuse et elle poursuit ses échappées de son côté.
Depuis toujours, Sandra est plus indépendante et plus sûre d’elle. Elle se revendique autonome et maître de sa vie. Elle aime choisir ses soirées. Elle sort parfois seule pour faire des nouvelles rencontres, elle voyage aussi seule pour ne pas être contrainte par les dates de disponibilités des amis, elle ne veut pas que quelqu’un la freine dans sa vie et elle protège sa liberté d’action.
Lisa a besoin d’un guide, de quelqu’un sur qui se reposer, quelqu’un avec qui partager pour être rassurée. Sa rencontre avec Fabrice arrive au bon moment car elle doit prendre une vraie décision pour sa future vie professionnelle. Fabrice l’influence à choisir le BTS d’assistante de direction. Un métier assez féminin où il y a toujours besoin d’une personne pour rédiger des courriers, s’occuper du standard téléphonique, accueillir les visiteurs et une femme est mieux armée qu’un homme pour ces tâches ! Affirme-t-il.
Lisa s’inscrit à ce BTS et obtient son diplôme deux ans plus tard. Suite à un stage réalisé dans une société de cadeaux d’entreprises, le responsable qui la supervise, lui propose une place de secrétaire administrative pour épauler son assistante. Ravie de cette opportunité, elle commence sa vie professionnelle sur un poste qui lui convient.
Aujourd’hui, Lisa a 30 ans. Elle a deux enfants avec son mari Fabrice, son garçon Maël de trois ans et sa fille Louane d’un an et demi. Elle ne comprend pas l’engagement de sa mère dans cette cause au lieu d’être la grand-mère modèle qu’elle attend pour ses enfants.
Elle ne supporte pas les regards et les échanges à voix basse qu’elle subit quand elle va chercher Maël à l’école ou à la micro-crèche où elle dépose Louane. Pourtant plusieurs mamans soutiennent le blog de sa mère « Une pour toutes ». Elle ne répond rien aux parents qui l’interpellent avec admiration sur le sujet car elle ne comprend pas pourquoi cela suscite tant d’intérêt.
Un sujet qu’elle-même néglige et trouve inutile.
Mais c’est justement ce qu’affirme Sandra : « Toute la bataille de sa mère, c’est que tout le monde se sente concerné et de mettre un point final à cette négligence citoyenne ! »
Cette fois, c’est Sandra qui accompagne sa mère. Pierre veut que sa fille trouve sa place pour soutenir et protéger son épouse. Il sent que cette union peut prospérer et apporter un engagement encore plus fort dans le combat d’Alice.
Un soir après une séance de travail entre mère et fille, Sandra reste manger avec ses parents.
— Papa, je te vole ta place auprès de maman pour la prochaine conférence ! Tu ne m’en veux pas trop, j’espère ?
— C’est trop de luxe pour moi ma chérie, les taxis, l’hôtel, les restaurants… j’ai peur ensuite de devenir difficile aux pizzas maison de ta mère !
— Elles sont très bonnes, mes pizzas maison, tu les réclames très souvent ! s’amuse Alice.
— Ma chérie, je te chahute mais tout est exceptionnel chez toi. Les pizzas ne sont qu’un aperçu. Quand on te voit monter sur scène avec grâce, t’exprimer avec clarté et douceur… répondre avec bienveillance et gentillesse…
Tout respire la bonté en toi. Tu es une femme épatante et stupéfiante et les années ne font que le confirmer. J’espère que d’autres hommes comme moi ont la chance de découvrir leur femme comme je te découvre, mon amour !
— J’adore ta déclaration papa, tu pourrais être poète. Maman, tu ne dis rien ?
— Je suis émue, mes amours, je t’aime Pierre et je crois que je ne t’ai jamais autant aimée ! Merci de m’avoir toujours soutenue, quelle que soit ma décision.
— Je vous laisse les parents, cette petite séance de gratitude et de déclaration fait du bien à l’âme. Pour ma part, je vous adore quand vous êtes des ados et je veux bien tomber amoureuse si j’ai une histoire comme la vôtre !
***
Alice et Sandra arrivent à Paris, elles se préparent pour la conférence. Comme la dernière fois, elles sont coachées, orientées et guidées.
L’accueil est parfait, Sandra a tout supervisé pour rassurer au mieux Alice. Demain, c’est le grand jour pour toutes les deux : une conférence d’une heure trente pour Alice et le même temps dédié à Sandra. Elles sont un peu stressées mais heureuses de transmettre et de partager.
Alice monte sur scène sous les applaudissements du public. Comme la première fois, elle se découvre une aisance et un authentique plaisir à partager. Elle aborde avec plus de précision, des sujets comme les idées reçues :
— Bonjour à tous, mille mercis de me suivre sur mon blog et de venir ici me rencontrer. Je suis ravie de partager ce moment avec vous et de vous partager les découvertes de ma fille Sandra.
Parmi vos nombreuses questions, la place de la sexualité chez les seniors a plusieurs fois été évoquée… c’est un sujet qui me tient à cœur : je suis directement concernée, j’ai mon expérience et celles des lectrices qui ont échangé généreusement leurs histoires de vie.
Elle laisse un instant de silence pour capter toute l’attention de son public…
— La place des seniors est très souvent dirigée par la société, par le regard que les gens portent sur les autres et eux-mêmes. Si la sexualité diminue avec l’âge, elle peut diminuer également chez des couples qui restent ensemble pendant des années, ce n’est pas uniquement une question d’âge. C’est-à-dire que le désir peut s’estomper avec les habitudes. C’est là la question de se réinventer, de se redécouvrir, de se surprendre…
D’autres rapports peuvent naître, un autre rythme peut s’instaurer. L’amour physique n’a pas d’âge quand on se connaît. Je peux affirmer qu’il existe une sexualité de l’expérience et même une sexualité épanouissante à la fin de la cinquantaine quand on se fait confiance…
Ces idées reçues, ce tabou de la ménagère de plus de 60 ans qui n’a plus de vie, plus d’aspiration, plus de fantasme.
Il n’y a pas de date de péremption !
Au contraire, même des femmes qui ont 60 à 70 ans aiment s’habiller, quelquefois rajeunissent, elles sont coquettes, pétillantes. Nos personnalités jouent énormément sur notre équilibre.
À partir de 60 ans, nous passons dans la catégorie des seniors. Dans le monde de l’entreprise, nous sommes séniors dès 45 ans. Tout ça, ce sont des normes, mais qu’avons-nous à faire des normes sociales ?
Émancipons-nous de cette société frileuse devant les sexualités qu’elle considère stériles, quand le sexe ne sert pas à la reproduction comme chez les homosexuels, les seniors ou les adolescents. Quand le sexe n’est pas là pour la reproduction, c’est souvent un tabou !
Mais nous sommes en 2025, dans l’air du Verseau, l’air du changement et nous devons participer à faire évoluer les mentalités.
Alors mesdames et messieurs, plus nous avons des rapports sexuels, plus nous avons envie d’en avoir, plus nous nous sentons vivants... Nous avons en plus l’expérience et cela nous permet de mieux connaître nos besoins, par exemple plus de préliminaires, d’introduire des jeux, des jouets…
Regardons de plus près les hormones, grâce à une sexualité épanouie, nous sécrétons plus d’hormones vitales à notre bien-être. Tous les rapports des neuroscience déposés dans le blog vous expliquent avec simplicité la sécrétion de sérotonine, l’hormone du bonheur, de la dopamine, l’hormone du plaisir et de la motivation, des endorphines, les hormones de bien-être et d’autres encore comme l’ocytocine l’hormone de l’attachement ou encore de l’amour. Toutes ces sécrétions de bonheur nous donnent envie d’y retourner rapidement et de profiter de ces moments qui deviennent des bulles de bien-être, des havres de paix, une fusion des âmes.
Alice est perçue comme un personnage libre qui affirme qu’il n’y a pas d’âge pour la sexualité.
L’intervention de Sandra est également époustouflante, elle aborde au travers des différentes cultures, la vision de la ménopause mais également un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : « La puissance des cycles féminins »
Sandra a fait d’incroyables découvertes dans différentes cultures au travers de ses voyages qu’elle partage sur scène :
— Dans certaines cultures amérindiennes, le sang menstruel a été associé à la fertilité, à la vie et à la création. Il était parfois considéré comme sacré et pouvait être utilisé dans des rituels religieux ou encore, on le croyait doté de pouvoirs spéciaux.
Les femmes étaient souvent isolées dans des huttes menstruelles durant leur période, ce n'était pas pour des raisons de purification mais parce que le sang menstruel était considéré comme extrêmement puissant. Les huttes servaient de lieux où les femmes pouvaient se reposer, méditer et se connecter spirituellement. Le repli dont elles avaient besoin…
Elle poursuit avec les Aborigènes australiens. Ils cultivent des mythes qui évoquent le pouvoir créateur du sang menstruel. Certaines cérémonies impliquent des rituels où le sang menstruel est utilisé pour bénir ou sanctifier des objets ou des lieux.
Certaines cultures africaines ont des rites spécifiques associés au sang menstruel comme l’initiation des filles.
Dans certaines tribus, comme les Dogons du Mali, les premières menstruations d'une fille sont marquées par des cérémonies initiatiques. Ce sang est considéré comme un signe de transition de la fille à l'âge adulte, et la cérémonie est conçue pour introduire la jeune fille aux mystères et aux responsabilités de la féminité.
Dans certaines sociétés, il est perçu comme un symbole de puissance créatrice.
Dans la mythologie égyptienne ancienne, le sang menstruel avait des connotations puissantes. Celui de la déesse Isis était perçu comme ayant des propriétés magiques et curatives. Isis, en tant que déesse de la magie et de la guérison, utilisait son sang pour ressusciter Osiris (un roi mythique de l'Égypte antique). Cela symbolisait le pouvoir de régénération et de création associé au sang menstruel.
Dans la mythologie grecque, le sang menstruel de la déesse de la fertilité, Déméter, était souvent associé aux cycles de la nature et de la croissance des plantes. Les mystères d'Éleusis, des cérémonies religieuses secrètes dédiées à Déméter et Perséphone, impliquaient probablement des rituels liés à la fertilité et à la vie...
Dans la tradition juive, le sang menstruel est souvent considéré comme rituellement impur, et les femmes observent des règles de pureté pendant cette période. Cependant, certaines interprétations mystiques, notamment dans la Kabbale, considèrent le sang menstruel comme un mystère divin lié à la création.
Au Moyen Âge, des récits de la quête du Saint Graal étaient souvent teintés de symbolisme lié au sang sacré, parfois associé au sang menstruel féminin. Cette idée était souvent présente dans les légendes arthuriennes.
Pas si loin de chez nous, en Angleterre, dans la Religion Wicca et les Pratiques Néo-païennes, le sang menstruel est souvent vénéré. Il existe le rituel de la « Lune Rouge ». Les adeptes de la Wicca célèbrent les menstruations comme une période de renouvellement et de connexion avec le féminin divin. Le sang menstruel est parfois utilisé dans des rituels pour symboliser la fertilité, la puissance créatrice et la connexion avec la terre.
Certaines traditions autochtones dans diverses parties du monde attribuent des pouvoirs spéciaux au sang menstruel. Il peut être considéré comme un lien direct avec la Terre et la nature.
Ces croyances varient énormément d'une culture à une autre. Elles ont pour certaines évolué et pour d’autres, ont disparu et sont aujourd’hui contées comme des légendes. Les interprétations modernes peuvent écraser les rites traditionnels !
Ce sang sacré représente les Tabous et les superstitions dans l'histoire européenne car même en Europe, où le sang menstruel a souvent été entouré de tabous, il y avait des croyances sur son pouvoir. Au Moyen Âge, certaines croyances superstitieuses suggéraient que le sang menstruel avait des pouvoirs maléfiques. Paradoxalement, il était aussi considéré comme un ingrédient dans certains remèdes et potions magiques.
Ces exemples nous prouvent que le sang menstruel, malgré les tabous qui l'entourent, a été et continue d'être un symbole puissant dans de nombreuses cultures. Il représente la capacité à donner la vie, la fertilité, la cyclicité et le pouvoir féminin, tout en étant entouré de diverses croyances et pratiques sacrées.
Cette différence qui fait de nous des femmes doit être prise en compte, sinon valorisée !
Alors, comment pouvons-nous être accueillies et considérées avec notre singularité dans la société d’aujourd’hui où les valeurs principales sont la rentabilité, l’optimisation et la performance ?
Comment se faire comprendre et respecter pour gérer nos activités professionnelles et personnelles en fonction des cycles ?
Un fait cyclique qu’il est inapproprié d’aborder !
On ne s’autorise pas à l’évoquer, par exemple, pour programmer une réunion, dire : « Cela sera difficile d’animer cette semaine car j’ai mon cycle menstruel et je pourrai difficilement être au top !». Cela n’est pas légitime dans le monde des hommes ou dans notre société actuelle.
En revanche, si la population respectait ces cycles, les femmes pourraient développer des ressources exceptionnelles… éviter les coups de fatigue pendant une réunion importante en la programmant en fonction de son cycle pour être la plus pertinente et efficace.
Grâce à ces découvertes extraordinaires, Sandra s’exclame : « Nous nous négligeons, alors que cela se révélerait si avantageux de programmer et d’organiser les premières règles de nos filles car elles sont très souvent perçues comme un tabou. Cette préparation devrait commencer très tôt pour éviter de percevoir les règles comme une honte, un inconvénient, quelque chose à cacher, à camoufler…
Avoir une vraie conversation avec les plus jeunes vers huit ou neuf ans, pour accueillir l’information de façon légitime, populaire. Dans cette manière de procéder, le tabou pourrait disparaître. Cela prépare ensuite les jeunes filles vers les onze, douze ans à parler plus aisément, sans gêne. C’est devenu aujourd’hui un réel besoin d’apprentissage, de comprendre ce qu’il se passe dans notre corps. La plupart des jeunes filles et des garçons ne comprennent pas le sens et l’utilité des menstruations. C’est aussi le rôle de la parentalité de communiquer au mieux avec leurs jeunes…
Ces informations sont également indispensables pour que les garçons soient éduqués sur ces sensibilités et que ce ne soit plus un problème de filles mais un fait de société qui concerne tout le monde ! Sandra expose et explique avec clarté la voix du cycle et termine sur : La voix du cycle est la voix de la vie…
Le public est conquis par ces dévoilements et un tonnerre d’applaudissement remplit la salle pour les deux conférencières.
Le bruit de cette nouvelle conférence mène à une nouvelle invitation pour Alice à la demande des auditeurs de France Inter.
— Bonjour Alice, nous sommes heureux d’accueillir une femme aussi audacieuse sur notre plateau. Votre combat pour la cause, les témoignages sur votre blog, vos recherches et vos communiqués sont vivement attendus par un grand nombre de lecteurs. Depuis, vous remplissez des salles de conférences et vous êtes invitée en Europe…
— Bonjour, merci Éloïse de m’inviter et de vous intéresser à ce sujet. Je suis ravie de partager cette matinée avec France Inter et de répondre aux différentes questions des auditeurs.
— Avant de préparer cette rencontre, nous avons sollicité les auditeurs de France Inter pour nous orienter sur des questions précises car le sujet peut être très vaste, grâce à vous ! Aujourd’hui, ils se questionnent sur les derniers sujets de votre blog.
— En effet, j’ai abordé des découvertes étonnantes sur la ménopause. Plus exactement trois symptômes surprenants de la ménopause mais également des solutions pour y répondre. Souvent, nous pensons aux bouffées de chaleur, et autres symptômes connus mais il existe aussi les problèmes dentaires, les odeurs corporelles, les vertiges et les étourdissements.
— C’est justement la surprise de vos lecteurs Alice, nous avons reçu beaucoup de questions de femmes qui aimeraient plus d’éclairage…
— J’espère que je serai la plus claire possible, n’hésitez pas à m’interrompre Éloïse. Je vais commencer par les difficultés dentaires.
Vous savez que la baisse du niveau d’œstrogènes au moment de la ménopause entraîne une sécheresse de la peau mais aussi des muqueuses de manière générale. Le symptôme le plus courant et connu, est la sécheresse vaginale. Mais pas uniquement car il se matérialise aussi par une plus grande sécheresse de la muqueuse, la sécheresse buccale, ce qui peut entraîner un déséquilibre du microbiote présent dans la bouche et des problématiques en lien avec les gencives ou encore une multiplication des caries. L’ensemble des micro- organismes, vivant naturellement dans la cavité buccale : bactéries, champignons, virus… Plus de 700 espèces différentes réparties sur les gencives, la langue, le palais et les muqueuses.
C’est le syndrome de la bouche brûlante !
C’est la raison pour laquelle, porter une plus grande attention à sa santé dentaire en prenant de l’âge est un incontournable pour nous sentir équilibrées.
J’attire aussi votre attention sur l’ostéoporose qui peut elle aussi se localiser au niveau des mâchoires. Ce qui est rarement communiqué !
Le stress engendré par la période de ménopause peut créer ce qu’on appelle le « bruxisme », c’est une augmentation de la fréquence des serrages de mâchoire et des grincements de dents. Cette pression supplémentaire des mâchoires peut occasionner des dommages aux dents et aux prothèses, cela peut provoquer des maux de tête.
Le syndrome de la bouche brûlante peut être un symptôme très perturbant de la ménopause, mais il existe de nombreuses options pour le gérer et l'atténuer…
Quelques solutions proposées par des lectrices du blog peuvent nous sauver et répondre à ces inconforts comme l’hydratation et la gestion de la salivation. Il faut boire fréquemment, une bouche sèche peut aggraver la sensation de brûlure. Il est donc important de maintenir une bonne hydratation, en buvant de l'eau régulièrement. Il existe également des hydratants buccaux comme des gels ou des sprays spécialement conçus pour hydrater la bouche qui peuvent offrir un soulagement temporaire. Aussi, des pastilles et gommes sans sucre car elles favorisent la production de salive et peuvent soulager la sécheresse buccale et la sensation de brûlure.
Ensuite des soins bucco-dentaires adaptés, c’est-à-dire de préférer les dentifrices doux. Certains dentifrices peuvent irriter la bouche. Il est donc conseillé d'opter pour des produits doux, sans SLS (laurylSuLfate de Sodium), qui est un agent moussant souvent irritant.
Éviter les aliments irritants comme les épices, les aliments acides ou très chauds, ils peuvent aggraver la sensation de brûlure. Préférez des repas plus doux et modérés en température.
Certaines études ont suggéré que les carences en vitamine B12 ou en zinc pourraient jouer un rôle dans la survenue du syndrome de la bouche brûlante. Par conséquent, une supplémentation en ces vitamines et minéraux pourrait être bénéfique.
Et sinon, des traitements alternatifs existent.
La phytothérapie avec des plantes comme la sauge ou le ginseng peuvent être utilisées pour aider à réguler les symptômes hormonaux et réduire l'inflammation buccale. Ou encore l’acupuncture, certaines personnes trouvent un soulagement de leurs symptômes par des traitements d’acupuncture, qui aident à équilibrer l'énergie dans le corps.
Nous devons considérer que le stress peut exacerber les symptômes du syndrome de la bouche brûlante. Des techniques de relaxation comme la méditation, le yoga ou la respiration profonde peuvent contribuer à diminuer les symptômes.
Si vous vous reconnaissez dans ces problématiques, n’hésitez pas à consulter votre dentiste. Il pourra vous proposer des solutions pour éviter ces inconforts et vous apporter un suivi ! Un diagnostic précis est essentiel pour écarter d'autres causes possibles de la sensation de brûlure, telles que des infections buccales ou des troubles neurologiques…
— C’est très étonnant Alice comme symptôme. On entend souvent des personnes parler de grincement des dents à cause du stress de la vie, du travail, mais rarement, nous associons le stress à la ménopause alors que cette transformation est si vive qu’elle apporte inévitablement du stress. Je sais que le grincement des dents est souvent résorbé grâce à la solution d’une gouttière mais je ne sais pas si c’est le traitement dédié à ce genre de cas ?
— Une gouttière peut-être une solution mais l’avis du spécialiste est important. Détecter le stress dû à la ménopause est un facteur clé pour savoir par où commencer…
— Merci Alice, nous avons déjà beaucoup de message hors antenne et mon collaborateur m’indique que cela fait écho chez beaucoup d’auditrices qui prennent ce jour leur rendez-vous chez leur dentiste. Déjà, toutes nos excuses aux spécialistes de la profession car leur agenda risque de se remplir méchamment mais ce sera pour la bonne cause et j’espère qu’ils écoutent notre émission pour également être sensible à ce phénomène. S’amuse Éloïse.
Alice, un autre sujet qui suscite vivement l’intérêt de nos auditeurs : le problème des odeurs corporelles. On comprend rapidement l’intérêt de ce sujet, dans notre société où le paraître fait partie de notre vie sociale. Où cela peut être difficile de vivre avec ces injonctions sociales qui nous forcent à toujours maintenir une image impeccable. Vous avez reçu beaucoup de témoignages lors de la diffusion de ces informations. Pourriez-vous nous expliquer ce symptôme ainsi que les retours que vous avez recueillis sur votre blog ?
— Certainement. Comme à l’adolescence, les changements hormonaux peuvent entraîner des changements d’odeurs corporelles plus fortes. C’est le cas à la puberté mais c’est également le cas à la ménopause mais ça peut l’être également à l’andropause pour les hommes. Cette dernière est souvent qualifiée de « seconde puberté », à cause des sautes d’humeur, des cycles irréguliers, du retour de l’acné, des odeurs un peu fortes. Cela vous rappelle une période que nous passons tous de manière singulière ? rit Alice.
En effet, cette période de l’adolescence tant attendue mais aussi redoutée : « La puberté ! »
Les œstrogènes nous permettent de réguler l’hypothalamus (la glande qui est chargée de réguler la température du corps), quand le niveau d’œstrogènes chute ou fluctue de manière importante, ce qui est le cas au moment de la préménopause et de la ménopause. L’hypothalamus est perturbé, c’est un mécanisme assez complexe qui n’est pas encore bien compris à l’heure actuelle. Ce dernier est chamboulé et il agit comme si nous avions trop chaud alors que ce n’est pas le cas !
Résultat, il se met en place une suractivité dans les glandes qui permettent de transpirer et cela va alors entraîner une transpiration excessive mais aussi des bouffées de chaleurs, des sueurs nocturnes et cette transpiration au contact de l’air et de certaines bactéries qui sont naturellement présentes sur la peau peuvent entraîner une odeur assez forte. Tout s’explique aussi facilement…
— Merci Alice, c’est très clair pour moi. Ce n’est pas drôle de redevenir ado. Moi-même, je n’ai pas particulièrement apprécié cette période instable de ma vie et j’aimerais me préparer dans ce cas pour anticiper la prochaine ! Alors, je pose la question pour nos auditrices. Quelle peut être la solution ? Au-delà du déodorant toutes les heures ! Je ne suis pas fan de cette solution non plus…
— Moi non plus Éloïse. Une solution a été apportée par Charlotte sur mon blog que je remercie encore : utiliser un hydrolat de menthe poivrée. En plus de sa sensation de fraîcheur intense, la menthe poivrée a aussi la réputation d’être une excellente plante médicinale.
Alors, comment l’utiliser ? Charlotte, nous explique sa manière de fonctionner : dès qu’elle ressent une bouffée de chaleur, elle s’en pulvérise sur les avant-bras, la nuque, le buste. Cela ne coupera pas la transpiration mais apportera beaucoup de fraîcheur…
La menthe poivrée a d’autres vertus, notamment un effet positif sur la digestion, la circulation sanguine, le système nerveux mais aussi sur la capacité fonctionnelle du corps.
— Alice, la question qui sature en ce moment notre standard : Comment créer un hydrolat de menthe poivrée ?
— Ce sont toujours les précieuses ressources de Charlotte qui nous aident. La technique consiste à mélanger et chauffer les feuilles de menthe avec de l'eau dans un alambic, puis à récupérer la vapeur d'eau sous forme liquide. À la surface flotte l'huile essentielle, moins dense que l'eau ayant servi à l'extraction qui n'est autre que l'hydrolat. Sinon en parapharmacie, vous en trouverez.
— C’est exceptionnel d’avoir autant de ressources. Enfin une solution pour oser de nouveau lever les bras pour héler son taxi, danser dans une soirée… Mon collègue nous interpelle encore à la demande des auditrices, cette fois via le réseau X-twitter : est ce qu’il y a des contre-indications ?
— Bien sûr, il faut toujours rester vigilant avec les huiles essentielles. Il est judicieux de consulter un avis médical pour les personnes épileptiques et asthmatiques. Ou encore en cas de pics d'hypertension ou de problèmes cardiovasculaires importants.
— L’hydrolat de menthe poivrée peut-il être utilisé sur le visage ?
— C’est possible mais sous forme de masque, en fine couche, sur un visage sec et propre en évitant le contour des yeux. Laissez agir dix à quinze minutes et rincez abondamment. Il peut être appliqué un à deux fois par semaine.
— Alice, vous avez reçu beaucoup de témoignages suite à cette communication sur votre blog ?
— Énormément, car la perturbation de son corps peut devenir une souffrance au quotidien. Quand Charlotte nous a transmis ses solutions, elle avait cherché solution appropriée auprès de nombreux spécialistes de santé, dermatologues, naturopathes, allergologues… C’est une femme sur un marché sur l’Île de la Réunion ; vendeuse spécialisée dans les huiles essentielles, qui lui a apporté la solution qu’utilisait sa mère et sa tante depuis des années… cette recette est transmise de génération en génération.
— C’est une véritable chance pour les femmes d’aujourd’hui de pouvoir vous lire ; de se communiquer des informations aussi précieuses rassemblées dans le monde.
— Merci beaucoup Eloïse. C’est enfin terminé de sentir des bras ! Restons des princesses, surtout à soixante ans ! s’amuse Alice.
Une autre ressource efficace est l'argile verte ou blanche : elle permet de réduire la production de sueur, mais aussi d'absorber les mauvaises odeurs. L'argile verte illite est particulièrement intéressante : c’est une des structures argileuses des plus absorbantes, rester vigilante sur sa consommation pour ne pas produire des éruptions cutanées.
— Dorénavant, mesdames, vous avez toutes les solutions pour vous sentir sûre de vous ! C’est quelque chose d’essentiel pour vivre la transition, déclare la journaliste.
— Eloïse, vous me questionniez sur les différents témoignages que j’ai reçus sur mon blog. Certains sont poignants d’injustice, comme celui d’Agnès. Elle explique avoir reçu un mail au travail par le biais de l’adresse mail contact de l’entreprise, donc pas de destinataire précis pour lui indiquer que son odeur dérangeait l’ensemble de ses collègues et précisant : « Merci d’y remédier pour le bien-être au travail ».
— Comment parler de bien-être au travail quand on se permet ce genre d’écrit aussi indélicat ? se révolte Eloïse.
— Cela l’a profondément touchée dans son estime et sa confiance en elle. Quand nos émotions sont exacerbées par le raz de marée que nous vivons, recevoir ce genre de message peut être bouleversant et peut nous déstabiliser. De plus, la lâcheté de ne pas se présenter, de parler gratuitement au nom de tous est tellement violent et cruel… alors que nous sommes tous en capacité d’entendre des propos difficiles, si ces derniers sont amenés avec douceur. Depuis, Agnès a trouvé la solution et vit avec plus de sérénité la transition. La collègue est venue présenter ses excuses après avoir lu le témoignage d’Agnès sur le blog : cette jeune femme n’avait pas mesuré l’humiliation, la souffrance et la brutalité ressenties par Agnès quand elle avait découvert avec surprise ce message…
— Votre blog, Alice, amène aussi de l’équilibre générationnel entre les femmes… C’est un outil formidable.
— Merci Eloïse, c’est vrai, et je suis très heureuse que les femmes de tout âge apprennent à se comprendre et à se respecter pour avancer…
Je vais terminer sur le témoignage de Sarah pour cette partie car il est tout aussi saisissant. Sarah est une passionnée d’échec, elle joue dans le même club depuis huit ans. Elle sentait depuis quelques mois des changements sur sa personne. Elle sentait son odeur changer, mais n’avait pas encore de solution. C’est avec indélicatesse, que son coach lui a offert un déodorant quand elle s’est présentée à un championnat régional. Comme elle nous l’a écrit, elle a perdu ses moyens, sa fierté et le championnat ! Sa concentration avait disparu, elle ne voulait qu’une seule chose, partir. Puisqu’elle était venue en covoiturage, c’est son mari qui est venu la sortir de ce mal-être. Aujourd’hui Sarah a trouvé un moyen de répondre à ce problème et a retrouvé l’équilibre. Elle a changé de club d’échec et elle attend plus de considération et de bienveillance des personnes avec lesquelles elle partage.
— Merci Alice de nous transmettre ces témoignages où certaines auditrices, j’en suis certaine, retrouvent leur propre histoire…
Alors mesdames, vous n’êtes plus seules et c’est cinquante pour cent de la population mondiale qui est concernée. Je sais que vous aimez le préciser Alice, pour rappeler que nous sommes nombreuses, et en mutualisant nos ressources, nous pouvons traverser avec philosophie cette période de changements.
— Eloïse, je vais clôturer ce chapitre avec la sécheresse vaginale qui peut aussi causer des problèmes d’odeurs un peu fortes.
Les œstrogènes servent de carburant aux lactobacilles, donc ce sont de bonnes bactéries présentes dans le vagin. Elles assurent l’équilibre fragile de ce milieu. Donc la conséquence de moins d’œstrogènes, signifie une baisse du « bon microbiote vaginal », et donc la porte ouverte au développement de certaines bactéries qui peuvent proliférer en entraînant des mycoses et des vaginoses. Il est indispensable d’échanger sur ce sujet avec une sage-femme ou un gynécologue pour être le mieux conseillée.
— Alice, un dernier point que vous avez soulevé qui intrigue nos auditrices et auditeurs car heureusement des hommes se sentent concernés par les changements que vivent leurs compagnes : ce sont les vertiges et les étourdissements. Pourriez-vous nous apporter plus de clarté sur ces symptômes ?
— Oui, ce sont des symptômes auxquels nous nous intéressons vivement puisqu’ils sont souvent oubliés ou négligés, car ils sont moins fréquents que les bouffées de chaleur par exemple. Ils peuvent-être le signe de problématiques assez graves, mais ils peuvent aussi être dus à la ménopause. Les fluctuations hormonales peuvent être la cause de vertiges, d’évanouissements ou d’étourdissements.
Les bouffées de chaleur, mais aussi la déshydratation, l’anxiété, le stress et les crises de panique peuvent survenir à cette période et peuvent contribuer à déclencher ces manifestations. Les perturbations cardio-vasculaires pouvant se développer pendant la ménopause et peuvent également provoquer des vertiges.
Encore une fois, il est capital de consulter un médecin pour déterminer si ces symptômes sont liés à la ménopause.
— Merci pour ces généreuses et précieuses informations qui contribuent à accompagner les femmes sereinement dans cette métamorphose. Alice, nous n’avons malheureusement plus de temps. Un gigantesque merci de la part de toutes les femmes et de l’équipe de France Inter d’avoir accepté notre invitation. Je vous laisse le mot de la fin.
— Merci mille fois aussi, Eloïse, de m’avoir invitée pour soutenir cette cause et, comme chaque fin d’intervention, je précise toujours : « Il est important de reconnaître ces injustices sociales liées à la ménopause et de promouvoir l'éducation, la sensibilisation et l'égalité des sexes pour lutter contre ces inégalités. Les femmes ménopausées ont le droit de vivre cette transition de manière positive et de bénéficier d'un soutien et d'un respect adéquats de la part de la société. »
***
L’interview de France Inter rencontre un franc succès. Le nom d’Alice est sur toutes les lèvres. On en parle devant la machine à café au bureau, entre mamans devant la crèche, l’école, chez le commerçant… Le hashtag #UnePourToutes est même apparu en top tendance sur les réseaux plusieurs heures après son interview.
Lisa est toujours consternée par les choix et les propos de sa mère. Influencée par la position de Fabrice, elle reste affligée.
Elle rentre à la maison avec Maël et Louane. Elle vient de faire les courses, elle en a profité pour récupérer les costumes de son mari et vient de subir une heure de bouchons. Elle est fatiguée et aspire à un moment de paix. Visiblement, ce n’est pas le cas de Fabrice, qui semble vouloir discuter :
— Ta mère a passé l’âge de se donner en spectacle ! C’est quoi, sa nouvelle lubie de parler de sa ménopause ? Est-ce que nous, nous parlons de nos problèmes d’érection en public ? Non, vraiment, Lisa, comme si j’avais besoin d’une belle-mère qui raconte ses états d’âme ! Je ne sais pas comment ton père fait pour supporter ça… Il doit certainement trouver une échappatoire car, avec toutes ces histoires de bonnes femmes, il doit être épuisé !
Lisa ne comprend pas pourquoi les réflexions de Fabrice la submergent plus aujourd’hui qu’hier. Pour qui se prend-il pour juger sa mère et l’histoire de ses parents ?
— Mon père est très amoureux de ma mère ! Même si la cause pourrait lui sembler futile — ce qui n’est pas le cas, car il se sent très concerné par ce que vit sa femme — il la soutiendra toujours parce qu’il l’aime profondément. Ils ont toujours formé une équipe. Tu les as vus à l’anniversaire de maman, on aurait dit des adolescents…
— Tant mieux qu’ils s’aiment encore après toutes ces années de mariage… Je dis juste que, au moment où tu peux être peinard, où la retraite approche, tu as envie d’en profiter… que ça fait trente ans que tu encaisses la vie avec la même femme et elle te sort un truc qui devient médiatique… Tu passes pour un bouffon !
— C’est encourageant, ta manière de voir l’avenir, dis-moi ! lance Lisa, acerbe
Encaisser la vie avec la même femme ! Tu subis donc le quotidien ?
— Tu le prends pour toi alors que nous parlons de tes parents. Tu changes de sujet !
— Je ne change pas de sujet ! Je suis en train de me dire que ma mère a raison quand elle suggère de se réinventer dans le couple… À la manière dont tu présentes les choses, ça ne fait pas rêver.
En effet, se taper la même femme pendant vingt ou trente ans… Mais dans le sens inverse aussi, ça fonctionne, Fabrice ! Se taper le même homme qui, en plus, minimise tous les efforts que vous faites, les soins que vous apportez à vos enfants, l’équilibre du foyer que vous vous épuisez à rendre épanouissant ! Même pas le droit de dire qu’on est fatiguée si on n’a pas de travail à l’extérieur, vive la reconnaissance sociale !
Ma mère a raison quand elle précise que les femmes, nous nous sacrifions au profit du bien-être de notre foyer car comme une croyance, c’est notre rôle. Mais merde Fabrice, merde que tu aies de la merde dans les yeux !
— Lisa, ne sois pas grossière, les enfants sont à côté. C’est quoi cette crise ? On discutait tranquillement et tu pètes les plombs !
— Gère les enfants. Tu ne comprends rien, j’ai besoin d’air…
Lisa est blessée quand Fabrice médit de sa mère. Quand il a ce comportement, il brille par son machisme et son côté contrôlant…
Malgré tout, Lisa n’assume pas la cause pour laquelle sa mère est engagée. Elle ne se positionne pas, et souvent, elle est plutôt critique sur le sujet. Mais aujourd’hui, c’est la goutte d’eau. Son mari, qu’elle soutient dans son quotidien, qu’elle soulage de toutes les tâches ingrates et chronophages qu’il ne remarque même plus…
Il fait des blagues déplacées, à la limite de l’humiliation, se sentant au-dessus de ce mouvement féminin qu’il juge inutile et dénué de sens ! Elle n’encourage pas sa mère dans son combat, mais commence à prendre conscience de certains faits évoqués dans son blog…
Lisa est excédée de n’entendre parler que de ce sujet depuis que sa mère a poussé son coup de gueule et créé son blog. Que ce soit à l’école en allant chercher Maël, à la crèche en déposant Louane ou maintenant chez elle, avec Fabrice qui s’en donne à cœur joie !
Elle a honte de sa mère qui s’expose de cette manière. Elle trouve cela impudique :
— Il y a des sujets que l’on garde pour soi, enfin ! Est-ce que je raconte, moi, mon expérience sur la table d’accouchement ?
Elle considère le sujet comme tellement déplacé.
Elle se sent constamment mal à l’aise, même quand des femmes s’adressent à elle pour la féliciter de l’engagement et de la ténacité de sa mère, qui ose prendre la parole !
Elle s’est installée avec Fabrice, un an après son diplôme, dans un petit appartement près de leurs deux lieux de travail.
À vingt-neuf ans, elle donne naissance à Maël et un an et demi plus tard, Louane. Avec la charge de deux enfants en bas âge, elle prend un congé parental. Elle veut profiter de les voir grandir…
Malgré la scolarisation en petite section de Maël et les trois jours de crèche de Louane, elle est très fatiguée. Elle n’a pas le sentiment d’avoir récupéré et frôle l’épuisement.
Un sujet qu’elle n’a pas le droit d’aborder avec Fabrice… Il considère qu’elle a largement le temps de se reposer puisqu’elle ne travaille pas. Elle a pourtant essayé de lui faire comprendre que la gestion de deux enfants en bas âge, des courses, du linge, des repas, des biberons et des nuits à assurer est aussi un travail à plein temps…… Sa vie devient une corvée !
Sandra soutient et admire sa mère pour son sens de l’engagement. Au-delà des considérations de la ménopause, elle découvre aussi les secrets du pouvoir du cycle menstruel. Elle respecte le combat de sa mère pour les femmes d’âge mûr, mais cet autre tabou doit également être dévoilé. Elle épaule Alice en dévoilant les pouvoirs cachés du cycle chez la femme.
Sandra appelle toutes les femmes à « la voie du cycle » pour rencontrer leur féminin sacré.
C’est lors d’une conférence qu’elle livre ses découvertes :
— Je vais maintenant entrer dans le vif du sujet pour transmettre aux femmes une meilleure connaissance de leur corps afin de mieux appréhender leur féminité jusque dans la continuité des cycles de leur vie. J’appelle toutes les femmes à la voie du cycle, à rencontrer leur féminin sacré.
Nietzsche a dit : « Ne dépouillez pas la femme de son mystère. » En effet, un grand mystère réside en nous, mesdames, mais nous n’avons plus personne pour nous le transmettre. Alors je viens vous livrer ce que toutes les femmes devraient connaître pour appréhender leur chemin de vie…
Je souhaite vous parler d’une autrice : Miranda Gray, auteure de « Lune rouge », un livre incontournable. Ce livre n’est pas uniquement réservé aux femmes, mais concerne toutes les personnes qui ont un utérus.
Plutôt que dissimuler les cycles menstruels, et donc de camoufler qui nous sommes, toute la société devrait être éduquée pour permettre enfin aux femmes de parler librement…
Dans ce livre, le cycle est présenté sous la forme d’un conte initiatique. Je vous invite toutes à le lire pour comprendre et pratiquer les exercices, mais avant cela, laissez-moi vous expliquer toute l’importance de cette découverte !
Nous avons toutes en nous quelque chose… Une magie qui nous permet de nous reconnecter à nos énergies cycliques, à nos énergies créatrices...
L’auteure évoque également les archétypes en lien avec les cycles féminins, comme la lune, les animaux, ou les différentes représentations de la femme. Dans certaines cultures où la nature de la femme n’était ni décriée ni dissimulée, le sang récolté lors des premiers jours de menstruation était considéré comme sacré et aurait servi à certaines guérisons, ainsi qu’à fertiliser les plantes…
Mais voyez, on nous demande d’être très linéaires alors que la nature ne peut pas l’être ! Qui nous le demande ? La société, les hommes, les ignorants…
Et pourquoi ? Pour répondre aux exigences d’un fonctionnement collectif, sans prendre en considération l’humanité de chacun, sans respecter l’être, l’essence même de chaque individu… Également à cause des a priori associant une femme menstruée à la salissure, aux excuses liées aux douleurs ou à la fatigue… Cela nous rattache à tous les éléments symboliques du cycle menstruel féminin...
Voici des clés pour mieux se comprendre, pour accueillir notre sensibilité, notre pouvoir. Que les jeunes femmes et les jeunes filles puissent trouver des repères pour être aidées…
La société a mis à notre disposition des outils pour cacher, dissimuler notre vérité, comme les cups, les serviettes périodiques — et non « hygiéniques », car ce n’est pas sale ! — les culottes menstruelles ou encore les tampons pour faire du sport…Tout cela dans le but de continuer comme si nous ne vivions aucun changement !
Miranda Gray revient beaucoup sur la création du cadran lunaire. C’est, pour elle, l’outil le plus simple pour découvrir les différentes phases de notre cycle, et la manière dont nous le vivons, de façon plus ou moins régulière chaque mois…
Le fait de véritablement s’écouter permet de se reconnecter à soi-même, à son cycle menstruel et à sa nature profonde, pas uniquement à ses phases physiologiques, mais également les phases créatives, d’énergies, d’émotions…
D’où la méditation pour accéder à la voix du corps, s’accorder un temps de repos dans la journée afin d’entrer en amitié avec soi, entendre ses besoins, se ressentir…
Nous devons trouver un exutoire, et celui-ci consiste à laisser s’exprimer notre nature profonde, car la femme est faite pour créer la vie, mais aussi pour créer tout au long de son existence, même si elle n’est pas mère. Elle peut ainsi libérer cette « énergie créatrice » en découvrant les moyens qui lui correspondent…
Il est de notre devoir de célébrer les rites de passage dans nos vies.
Célébrer des rites quand une jeune fille a ses premières règles, quand une femme devient mère, quand une femme entre en préménopause ou devient ménopausée. Ce sont des célébrations, car il s’agit de changements de vie importants, des métamorphoses à mettre en lumière.
Cet ouvrage allie les cycles, les ressentis, les contes et les archétypes. Il saura également nous guider dans notre créativité grâce à ses exercices de visualisation et d’introspection…
Si je vous ai suffisamment intriguées par la magie de nos cycles, alors parlons des quatre phases principales du cycle féminin. D’une femme à l’autre, les phases et les ressentis peuvent être différents. C’est un enchevêtrement de périodes, de cycles et de fluides, où les énergies évoluent progressivement d’une phase à l’autre, de manière interconnectée :
Le jour un du cycle correspond au premier jour des règles, où commence la phase des règles. La phase de menstruation qui est représentée par la phase de « la sorcière ou la vieille femme ».
La phase de la sorcière correspond, d’un point de vue lunaire, à la nouvelle lune, c’est-à-dire au moment où la lune est sombre. Cela pourrait également correspondre à la saison hivernale. C’est un moment de repli sur soi, un besoin de retrait qui permet le passage d’un ancien cycle à un nouveau cycle. C’est une phase qui appelle au repos et à la récupération afin de retrouver de l’énergie pour les cycles suivants.
Biologiquement parlant, les menstruations correspondent à la fin d’un cycle chez une femme. C’est le moment où l’œuf n’ayant pas été fécondé, la muqueuse utérine préparée pour une éventuelle grossesse s’évacue avant de laisser place à un nouveau cycle. Pendant cette phase, c’est le bon moment pour laisser partir tout ce qu’on ne veut plus dans notre vie… De se détacher. Nous avons envie de nous débarrasser de certains soucis du quotidien. Cela peut s’accompagner de douleurs ou encore de fatigue, car il y a souvent une charge émotionnelle associée… Soyons dans l’acceptation de ce repli sur soi, du besoin de dormir et de calme. On peut penser que certaines femmes vivent proportionnellement plus de douleurs que d’autres, notamment celles qui ont une charge émotionnelle plus lourde, un nettoyage intérieur plus conséquent à réaliser et à laisser partir…
Cela reste compliqué dans le monde dans lequel nous vivons. On nous demande de maintenir la productivité, de veiller à ce que rien ne vienne perturber la rentabilité, et surtout pas nos règles ! Cela représente vingt-quatre à quarante-huit heures maximums pour ce repli. C’est pour cela, mesdames, que nous pouvons déclarer à notre conjoint que nous avons besoin d’un peu plus de temps pour nous. Ce qui implique, à cette période, de moins participer aux tâches ménagères du quotidien. Il est donc essentiel que les hommes soient également au fait de ce que nous vivons et/ou subissons afin d’essayer de nous écouter et de mieux nous comprendre !
De plus, nous pourrons récupérer ce que nous n’avons pas pu faire lors de la phase suivante, qui est très vivifiante !
Pendant cette phase de la sorcière, utilisez davantage d’eau pour vous laver, mais aussi pour laisser partir ce que vous ne voulez plus.
Nous pouvons nous laver plus souvent, prendre un bain pour évacuer les émotions et les ressentis dont nous n’avons plus besoin afin d’aborder les prochains cycles.
En réalité, les saignements représentent généralement l’équivalent d’une à deux tasses à expresso maximum. Sur les quatre à cinq litres de sang présents dans notre corps, cela reste minime, même si cela impressionne toujours…
Le second cycle correspond à la phase de « la vierge », dite aussi phase de « la jeune fille ». C’est la phase de la lune montante, qui redevient lumineuse. Physiologiquement, cette phase commence à la fin des menstruations, mais quelquefois dès le début des saignements.
On a davantage envie de voir du monde, notre esprit est clair, vif, très analytique. Nous fourmillons d’idées, d’énergie, d’envies…
Si nous avons respecté notre espace de repos, nous avons rechargé nos batteries. Nous sommes capables d’abattre, en une journée, une semaine de travail ou de tâches. Nous sommes efficaces pour cumuler différentes missions : faire les courses, remplir la paperasse administrative, caler les rendez-vous médicaux et encore courir en fin de journée, comme au premier printemps d’une jeune fille. Nous débordons de nouveaux projets et d’opportunités, mais attention à ne pas nous laisser submerger, car cette phase est si vivifiante que nous avons la capacité de mener plusieurs choses en même temps. Pourtant, un nouveau cycle approche...
Celle-ci est la phase la plus énergisante si nous nous sommes écoutées durant la phase de repli.
Le troisième cycle, la phase de « la mère », correspond à peu près à la période de l’ovulation et, d’un point de vue lunaire, à la phase de la pleine lune. C’est le moment où nous sommes lumineuses, plus posées que la jeune fille pleine de vitalité. Nous allons beaucoup nous tourner vers les autres, avec un comportement très maternel et dans le don de soi, mais il faut rester vigilantes à ne pas nous oublier…
Nous devons également prendre soin de nous et faire grandir nos projets existants. Si ces derniers stagnent, c’est le bon moment pour les reprendre et les accompagner jusqu’à leur envol, comme le ferait une mère avec son enfant. Les enfants représentent ici les idées qui nous viennent pendant la phase de la jeune fille et que nous accompagnons dans leur développement pendant la phase de la mère. Certains projets vont s’étendre sur plusieurs cycles. Je vous conseille de privilégier la phase de la mère pour les faire grandir…
Le cycle de la mère est aussi la phase où l’on se sent fortement reliée à la nature. Elle nous invite à aller marcher ou dormir en pleine nature afin de retrouver le lien avec Mère Nature et cultiver nos envies Profiter des bains de forêt, dormir sous les étoiles afin de retrouver une véritable connexion. Dans ce cycle, la conscience est très présente. Nous renforçons les liens, fédérons et accueillons afin de nous régénérer, de nous rassurer et de nous revitaliser.
La quatrième phase est celle de « l’enchanteresse », qui correspond à la lune descendante et donc au moment où nous commençons à retourner vers nous-mêmes. Elle peut être délicate si on ne l’accueille pas correctement. Nous vivons une créativité décuplée, car nous ressentons énormément de choses au niveau physiologique, mais aussi émotionnel et psychique, de manière très puissante. L’écoute de notre corps, encore une fois, est primordiale pour accueillir ce cycle.
Dans la société dans laquelle nous vivons, cela peut être difficile à accepter. Plus nous nous cachons, plus la créativité explose en nous. Il faut comprendre que c’est un exutoire permettant de laisser sortir toutes nos émotions refoulées. C’est un déferlement d’ampoules qui s’allument…
D’ailleurs Miranda Gray a écrit Lune Rouge à 90% dans sa phase « Enchanteresse », une semaine par mois.
En revanche, si vous faites de l’art créatif, soyez tolérante avec vous-même car plus la phase de l’enchanteresse avance, moins nous avons de concentration. C’est-à-dire que vous allez vous concentrer sur de courtes périodes et par petites phases. N’hésitez donc pas à lancer un projet, à le laisser sur la table puis à le reprendre lorsque vous en ressentirez le besoin.
Un conseil, mesdames : maintenez une activité physique pendant cette phase. Pas forcément un footing d’une heure, car cela pourra être plus difficile ; nous avons moins d’énergie puisque nous nous rapprochons de la phase de la vieille femme. Nos capacités vont diminuer pendant cette phase de l’enchanteresse, et c’est normal. Mais c’est aussi un bon exutoire pour libérer nos émotions, nos pensées… C’est le moment de faire le tri dans ce que nous ne voulons plus garder pour le prochain cycle, avant de couper complètement les liens pendant la phase de la sorcière. Nous prenons conscience de certaines choses, ce qui nous permet de couper les liens avec le cycle passé.
Pour résumer, il existe quatre phases : « la vieille femme », « la jeune femme », « la mère » et « l’enchanteresse », qui nous permettent de nous connecter à notre nature cyclique et de l’accepter. Autorisons-nous à avoir besoin de repos pendant une semaine pour exploser de vitalité durant la suivante, puis à nous apaiser et à nous accueillir dans le cycle de la mère, avant de clôturer avec l’enchanteresse, qui regorge de créativité et nous prépare à appréhender la vieille femme.
Alors, vous me demanderez : qu’en est-il de ces cycles à la ménopause ?
Nous incarnons ces quatre dimensions au quotidien. Si nous ressentons le besoin de nous isoler et que nous écoutons suffisamment notre corps, ce besoin de repli, nous permettra de rencontrer notre phase de jeune fille en pleine vitalité. Et nous poursuivrons sur nos deux autres cycles. Il devient indispensable d’être à l’écoute de notre corps pour respecter nos phases essentielles à notre nouvel épanouissement… N’ayons plus peur d’être nous-mêmes !
Si nous nous autorisons à suivre la voie du cycle, nous serons plus alignées avec nous-mêmes, dans le respect de notre être, afin de ressentir toutes ces phases et de mieux nous connaître.
Ces phases nous permettront de mieux nous appréhender à travers nos différentes émotions, comme les idées noires ou le besoin de se sentir protégées pendant la phase de l’enchanteresse. Elles nous permettront aussi de comprendre pourquoi et de nous dire que cela passera… L’impermanence des moments compliqués…
Comme l’a écrit Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient. »
J’espère que ces découvertes vous auront inspirées à vous écouter davantage…
Merci de votre attention.
Le duo de conférencières reçoit un accueil époustouflant. Les révélations d’Alice et les découvertes de Sandra ravissent un public complètement captivé et curieux d’en connaître davantage. Le lendemain, cette conférence parait dans la presse. Un extrait filmé est diffusé sur les écrans afin d’annoncer les prochaines dates.
***
Cet engagement commence à susciter l’intérêt des pays européens, où des associations féminines invitent les deux conférencières à Rome, Madrid, Lisbonne ou encore Londres…
Un mouvement collectif se fait connaître. Les questions liées aux sensibilités féminines commencent à se faire entendre de plus en plus.
Davantage de considération pour les mères de la patrie, qui ne cessent de donner, d’éduquer et d’accompagner nos enfants, et qui ont besoin de considération, d’attention et d’écoute.
Des questions essentielles commencent à circuler : comment punir par la loi les discriminations en entreprise et dans les institutions ? Comment considérer la fatigue liée à la ménopause, le congé menstruel ou encore la durée du congé maternité ?
Le gouvernement s’agace. Les gouvernements des pays voisins commencent à interpeller de plus en plus la France afin qu’elle reprenne le contrôle de sa population. L’inquiétude grandit face à un mouvement qui obtient de plus en plus de soutien, d’audience et de voix… Avec le risque de voir émerger de nouvelles lois en faveur de ce mouvement…
Les médias s’en donnent à cœur joie et mettent le sujet en lumière Ils interrogent des personnalités publiques et influentes qui soutiennent le mouvement.
Si cela perdure… ce mouvement pourrait devenir difficile à contrôler…
Une partie de la société prend conscience que ce mouvement est indispensable au changement des mentalités. Suivi de près par les médias, ce premier rassemblement national de femmes et de collectifs de soutien sur les Champs-Élysées est médiatisé et rediffusé, en plus des chaînes étrangères qui s’intéressent au sujet. Les réseaux sociaux et de nombreuses chaînes média indépendantes relaient également cet événement.
L’État commence doucement à s’intéresser au mouvement, sans envisager que ce dernier puisse réellement s’affirmer. Il perçoit une population encore trop divisée pour se rassembler autour de ce genre de sujet.
Mais pour s’assurer que ce mouvement ne puisse pas déranger davantage, ils mettent en place une tentative de discrédit contre Alice Ils dénoncent une ménagère qui ne sait que faire de ses journées et qui a décidé de créer un mouvement pour donner du sens à sa vie. Ils interviewent un ancien collègue d’Alice, rempli de fiel.
Stéphan voit l’opportunité d’assouvir sa vengeance, mais la situation se retourne contre lui et contre les politiques. La gratuité des propos de ce dernier… Il se décrit comme un collègue sympathique, mais plébiscite surtout la compagnie des gens de son âge, de sa génération. Ce qu’Alice avait perçu comme une négligence dans la communication n’était qu’une interprétation de sa part. Son arrogance et son insolence transpirent… Stéphan a le sentiment d’obtenir sa revanche, mais les médias s’emparent de la vidéo pour la diffuser en faisant défiler des commentaires sous les images, où sont décortiqués le ton et le langage corporel du détracteur. La situation se renverse finalement à l’avantage d’Alice, sans qu’elle ait besoin d’y répondre.
C’est l’erreur de communication de ses détracteurs, car ils utilisent de nouveau cette violence des mots, ces humiliations tant subies par les femmes. Cela se retourne violemment contre eux et renforce le combat d’Alice !
Alice n’a rien à se reprocher. Elle a toujours mené une vie simple, contribuant à la société en élevant ses filles du mieux possible, dans le respect des lois et en payant ses impôts…
De quel droit l’attaque-t-on pour lui enlever ce qui lui reste aujourd’hui : son droit à la parole, son droit de s’exprimer librement…
— Ne dit-on pas que nous sommes dans le pays des droits de l’homme et de la femme ?
Pourquoi ces détracteurs s’intéressent à ce mouvement ? Serions-nous prises au sérieux alors qu’ils affirment le contraire ? Notre mouvement peut-il leur faire peur ? Serions-nous en capacité d’avoir du pouvoir !
***
En quelques semaines, le mouvement s’accroît de manière alarmante, et les médias interpellent régulièrement les politiques afin de comprendre leur position. C’est un journaliste qui propose une rencontre entre le gouvernement et Alice sur le plateau d’une chaîne publique afin d’organiser un débat.
Sandra est interpellée et surprise de recevoir l’invitation du journal télévisé de 20 heures :
— Maman, je comprends ton inquiétude, mais c’est une réelle opportunité. « Une pour toutes » a tellement de poids auprès des femmes qu’on ne peut plus nous faire taire. C’est une chance d’être écoutée par toute la France. Que le sujet intéresse ou non, il sera débattu ; aujourd’hui, il est considéré. C’est l’accomplissement que tu attendais : être considérée, que nous soyons toutes considérées !
Je sais que ce sera une épreuve pour toi, car tu vas faire face à une personne expérimentée, formée aux débats et à l’agression verbale. Mais toi, maman, tu as derrière toi toutes ces femmes qui ont besoin que tu sois leur voix !
Avec papa, nous allons te préparer à toutes les situations verbales, à toutes les agressions linguistiques et comportementales de ton adversaire, car nous avons bien compris qu’il essaiera de te déstabiliser et de discréditer notre mouvement. Mais nous serons prêts à lui faire face !
Portée par la force et l’enthousiasme des encouragements de Sandra, Alice se laisse convaincre malgré ses inquiétudes. Saura-t-elle suffisamment argumenter ? Saura-t-elle se défendre ? En effet, cela répond à l’appel qu’elle a lancé pour une meilleure considération de la condition féminine. Elle ne peut pas refuser… Elle doit être prête !
***
Le soir du JT de 20H :
— Bonsoir à toutes et à tous. Merci à nos invités d’être présents ce soir sur le plateau du journal de 20 heures. Nous recevons Alice, fondatrice du mouvement solidaire féminin « Une pour toutes », dont la mobilisation prend de plus en plus d’ampleur en France et désormais à l’étranger, ainsi que Monsieur le ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités.
Cette rencontre a pour objectif de mieux comprendre les revendications portées par ce mouvement grandissant et d’échanger sur la manière dont le gouvernement entend répondre aux attentes des femmes, qui représentent aujourd’hui près de 50 % de la population française.
La journaliste reprend :
— Alice, vous avez lancé un appel aux femmes de France en créant votre blog « Une pour toutes », devenu aujourd’hui un site incontournable pour de nombreuses femmes. Vous rassemblez aujourd’hui des milliers de personnes à travers vos conférences en France et, depuis peu, en Europe. Vous organisez également des rassemblements réunissant des femmes, mais aussi des hommes et différents collectifs engagés pour la condition féminine : le MNF, des mouvements antiracistes ou encore des associations de lutte contre les violences faites aux femmes…
Alice expose son combat, la manière dont il a commencé, et comment les témoignages ainsi que le besoin d’union des femmes lui ont permis de grandir…
Elle se rappelle les conseils avisés de Sandra ainsi que ceux du coach de sa première conférence. Elle s’est généreusement proposée pour la préparer à ce type de rencontre.
Elle sait qu’elle doit garder son calme. Elle doit respirer avant de prendre la parole ou de répondre, rester claire, analyser les questions et ne pas se laisser emporter ni dériver vers un hors-sujet. L’exercice n’est pas simple, mais comme le souligne continuellement Sandra : « Maman, tu es la voix des femmes et, à travers toi, les femmes vont réellement exister pour ce qu’elles représentent. Cela symbolise une grande victoire, un tournant dans notre histoire… la vérité ! »
Le débat commence, la tension sur plateau est vive. Le ministre sourit de manière narquoise aux explications d’Alice, essayant de la déstabiliser mais elle tient son rôle. Elle est la voix de toutes ces femmes. Elle aborde plusieurs sujets : le congé maternité, le congé pathologique, la protection du retour sur poste, la discrimination de l’âge, le manque de gratitude et de reconnaissance de l’État pour les femmes qui enfantent, la gratitude que le pays oublie ! Les femmes peuplent depuis des milliers d’années la planète sans reconnaissance…
Les échanges deviennent plus houleux :
— Pourquoi ne serions-nous pas considérées dans nos différences ? précise Alice.
— Madame, ce sont les femmes qui se sont battues pour l’égalité des sexes !
— Évidemment, en tant qu’êtres humains, nous réclamons au minimum les mêmes droits, tout comme l’esclavage est révolu !
— Eh bien, respectez les règles établies par les droits de l’homme !
— Les femmes, aujourd’hui, se rebellent parce que ces lois ont été écrites par des hommes.
Les lois devraient être coécrites avec les femmes, dans le respect de nos différences.
— Vous n’y pensez pas Madame, nous avons d’autres priorités plus urgentes !
— Cela devrait faire partie des priorités de santé publique. Normalement, l’État est censé se soucier du bien-être de sa population !
— Vous détournez le débat, Madame.
— J’insiste simplement sur nos convictions et sur nos droits légitimes La Déclaration des droits de l’homme a été rédigée en 1789. Le droit de vote des femmes n’a été accordé qu’en 1944. Plus d’un siècle s’est écoulé — soit 155 ans — avant que les femmes puissent voter et faire entendre leur voix.
En 2025, il serait peut-être temps de réécrire l’histoire de manière plus équitable, ne croyez-vous pas, Monsieur ?
Le ton hautain et dédaigneux du ministre rend les échanges stériles, et l’irritation monte progressivement sur le plateau, malgré les interventions des journalistes pour tenter d’apaiser le débat. Le ministre se lance dans une véritable diarrhée verbale. Il change de sujet sans prévenir, au point qu’Alice ne peut plus intervenir ni s’exprimer. La rencontre devient complètement improductive…
Alice ne répond plus. Les deux mains jointes sous le menton, elle le laisse déverser son flot de paroles… C’est avec un calme serein et réfléchi qu’elle reprend la parole lorsque le journaliste demande au ministre de le laisser redistribuer le temps de parole :
— J’appelle toutes les femmes de France à reprendre le pouvoir. Nous sommes les mères de l’humanité, les créatrices des citoyens de demain, les mères de l’État, les mères de notre pays ; le manque de considération envers les femmes, encore en 2025, est inacceptable ! Nous ne pouvons plus accepter d’être maltraitées lorsque nous vieillissons. Pour certains, nous représentons l’âge du rebut, de l’encombrement. Pouvons-nous tolérer une société qui se débarrasse de nous ? Battons-nous ici et maintenant pour nos enfants, pour que nos filles gagnent des droits et soient reconnues dans une société plus éclairée, où elles pourront vivre pleinement en tant que femmes !
À la moitié de sa vie, Alice se sent investie d’une mission : c’est terminé de se taire. Elle souhaite se faire entendre. Elle est devenue le porte-voix des femmes de ce pays pour que demain change, afin de rendre aux femmes la valeur et la considération qu’elles méritent.
— L’accouchement est banalisé. Pourtant, il existe encore, en 2025, des complications pouvant être critiques en salle d’accouchement. Il s’est presque installé une forme de silence autour de cela, comme une honte qu’on ne devrait pas dévoiler…
Les femmes accouchent, éduquent, supervisent leurs foyers, travaillent, s’engagent…
Elles recherchent également l’épanouissement ou l’accomplissement pour devenir elles-mêmes, mais tout cela au prix de nombreux sacrifices et d’un rythme de vie pratiquement inhumain.
Une seule solution s’impose à nous pour être écoutées, considérées, respectées : la prise de contrôle des naissances !
Nous avons le pouvoir de contrôler les naissances. Nous enfantons, nous créons, nous avons la main sur le contrôle de la population. Femmes de France, nous sommes « l’unité ». Ensemble, nous représentons la force, une puissance qui ne peut être maîtrisée par les hommes ! Battons-nous pour nos droits ! J’ai besoin que nous ne fassions qu’une face à cette injonction patriarcale ! Je vous invite à nous rassembler sur les Champs-Élysées pour n’être qu’une seule voix : la voix des femmes et enfin nous faire entendre.
Alice se découvre fédératrice et meneuse. C’est le manque d’ouverture, d’écoute, de compréhension, ainsi que la frustration, qui l’amènent à ce changement. Peut-être aussi le désenchantement de ne pas voir les mentalités progresser… Ne serait-ce qu’envisager une nouvelle direction, l’expérience d’une possibilité…
Il y a également l’injustice de subir un système patriarcal résistant au changement et à l’évolution, malgré la participation exceptionnelle des femmes à travers le monde, malgré leur implication dans les guerres et leur soutien indéfectible à la patrie…
C’est le déclencheur. Avec la posture d’une meneuse, elle appelle à un mouvement général grâce à la notoriété de « Une pour toutes » …
Le ministre hausse le ton, invective Alice et l’accuse de profiter de sa position de victime pour soulever les foules. Il précise que la France n’a pas besoin de ça en ce moment et qu’elle a également un rôle de citoyenne à considérer et à respecter. Selon lui, il s’agit d’un grand n’importe quoi. Elle ne sera jamais entendue, et encore moins suivie dans son utopie…
Alice est désormais portée par son engagement et explique très clairement aux médias que ce qui n’était au départ qu’un coup de colère et une dénonciation de la société se transforme en un mouvement visant à reprendre le pouvoir, obtenir davantage d’équité et provoquer un véritable changement des mentalités. Elle appelle les femmes de France à prendre le contrôle de l’enfantement :
— Nous souhaitons offrir le meilleur à nos enfants, et pour cela nous devons vivre le changement. Et ce changement commence maintenant…
Comme l’a déclaré Simone Veil : « Nos revendications en tant que femme, c’est que nos différences soient prises en compte, que nous ne soyons pas contraintes de nous adapter au modèle masculin. »
Les journalistes reprennent avec ferveur l’intervention du JT. Un véritable déferlement médiatique s’engage à la suite de cette rencontre. Certains passages du débat sont rediffusés, commentés et décortiqués. La rencontre est partout, dans la presse comme sur les écrans…
Ce mouvement devient connu de tous :
— Alice, cette femme de 52 ans, mère de deux filles et grand-mère de deux petits-enfants, nous a tous ébahis au JT de 20 heures. Nous nous attendions à une rencontre pimentée, mais celle-ci s’est avérée spectaculaire ! Alice, fondatrice du mouvement « Une pour toutes », se révèle être une étonnante oratrice. Elle incarne pleinement son engagement et ses paroles, donnant au public l’envie de la suivre dans sa quête d’équilibre et de justice face à des responsables politiques jugés vieillissants et réfractaires. Aura-t-elle les épaules pour mener de front une bataille qui nous semblait, jusqu’à présent, inconcevable, inenvisageable et pourtant bien réelle…
Les associations de lutte contre les violences faites aux femmes reprennent les échanges entre les deux protagonistes afin de dénoncer toutes les violences gratuites et publiques que peuvent encore subir les femmes. Encore une fois dans l’histoire, une femme s’affirme en devenant la voix de toutes. Ces dernières déclarent que le ministre a accepté ce débat dans le seul but de discréditer Alice, avec humiliation, maladresse et sans véritable considération. Les associations appellent l’ensemble des collectifs concernés à se joindre au rassemblement du lundi afin de faire naître une véritable unité, et déclarent :
— Les politiques parlent d’un pays divisé incapable de se rassembler. Je crois au contraire que ce rassemblement montrera à l’État toute la puissance de l’unité, porteuse de vérité, de lumière, de connaissance, d’amour et de paix… Un message destiné à réveiller les consciences…
Les réponses au rassemblement sont immédiates. Plus d’une vingtaine d’associations, accompagnées de l’ensemble de leurs adhérents, seront présentes sur les Champs-Élysées, sur la plus belle avenue du monde, afin de soutenir « Une pour toutes ».
Alice rentre bouleversée à la maison. Sandra et Pierre la réconfortent et l’épaulent. Elle n’a jamais souhaité que cela aille si loin. La tournure des échanges l’a elle-même surprise. Elle a lancé cet appel aux femmes spontanément, à cause du sentiment d’impuissance, du refus du dialogue et des œillères qu’elle ressent en face d’elle. Elle n’a vu que cette solution pour se faire entendre par quelqu’un de sourd !
— Maman, tu as fait de ton mieux pour écouter et échanger avec cet homme, qui refusait le dialogue et avait déjà son opinion avant même de te rencontrer, la rassure doucement Sandra.
— Je sais, ma chérie, mais j’ai le sentiment d’avoir appuyé sur un bouton et qu’on ne peut plus arrêter le missile… Je ne veux pas entrer en guerre contre mon pays. Je veux simplement faire respecter les droits de chacun, mais il est devenu si difficile de dialoguer et de se faire comprendre…
— Ma chérie, reprend Pierre, la pensée s’éduque, le changement s’apprend, mais pour cela, il faut déjà cultiver un certain état d’esprit… Être capable de laisser une place à un « peut-être » pour envisager du renouveau. Hier soir, le renouveau n’était pas envisagé. L’objectif n’était pas la compréhension, et encore moins la conciliation. Il aurait déjà fallu cette prise de conscience : les limites sont dépassées depuis longtemps pour des femmes qui n’ont jamais réclamé quoi que ce soit… essaie de la déculpabiliser Pierre.
— Je me suis sentie privée de ma liberté sur le plateau. J’avais le sentiment qu’on essayait de m’étouffer. Ce pays que j’aime tant, avec ses libertés, sa philosophie de l’altérité que tous revendiquent… Tous ces grands concepts étaient oubliés. En boucle dans ma tête, je me répétais cette loi de « l’altérité » : reconnaître les individus et les groupes dans leurs différences pour les respecter.
— C’est ça maman ! s’écrit Sandra. Tu dois l’écrire dans ton blog. Tes lecteurs attendent de lire cette expérience que tu as vécue hier. Bonne ou mauvaise, c’est une expérience qui te fera avancer, réfléchir et envisager les choses autrement…
Je m’occupe de toute l’organisation, des autorisations et de la communication du rassemblement. Ne t’inquiète pas, c’est une cause juste et ce sera une marche pacifiste. Malgré tout, l’organiser un lundi permettra d’exposer clairement notre mécontentement…
Grâce aux encouragements et au soutien de Pierre et Sandra, Alice s’apaise. Elle reprend confiance et retrouve l’énergie nécessaire pour continuer sa route. Elle se sait, sans comprendre pourquoi, sur le bon chemin… Elle va de nouveau s’exprimer sur son blog pour partager son expérience.
Blog d’Alice
— Chères et chers lecteurs, je reprends ma plume, l’outil avec lequel je me sens le plus à mon aise pour réfléchir… poser et peser mes mots.
Après avoir longuement échangé avec mes proches et m’être accordé un temps avec moi-même…
Pour tous ceux qui me suivent depuis le début de cette aventure, je suis sûre que vous avez assisté au JT de 20 heures et à ma rencontre avec le ministre. Je suis aussi surprise que vous de la tournure qu’elle a prise.
Avant tout, je veux vous dire que j’étais préparée à cet échange, mais que je n’aurais jamais pu prévoir ce qui s’est produit…
Tout cela est arrivé lorsque mon sentiment d’impuissance s’est ravivé, le même ressenti que face à ce responsable qui me demandait de fermer mon blog. J’ai ressenti tellement d’injustice, de déloyauté et d’arbitraire que je ne trouvais plus les arguments pour défendre notre cause…
Déjà, pour cela, je vous demande pardon, à vous qui me soutenez, de ne pas m’être maîtrisée.
Je maintiens mon engagement pour ce rassemblement, qui aura du sens et permettra à nos responsables politiques de percevoir notre volonté de faire évoluer les mentalités.
« L’altérité »
Ce grand principe de notre pays est bafoué, outragé. Il implique la reconnaissance et la valorisation de la différence et de l’autre dans les relations interpersonnelles, sociales et culturelles.
Il s’agit avant tout de reconnaître que les individus et les groupes ont des perspectives, des expériences et des cultures différentes, et de les considérer comme des entités autonomes et respectables.
L’altérité implique une ouverture d’esprit, une volonté de comprendre l’autre et de s’engager dans une relation dépassant les préjugés et les stéréotypes.
Elle peut se manifester dans de nombreux domaines : religion, origine ethnique, nationalité, genre, classe sociale, orientation sexuelle ou encore croyances politiques.
Reconnaître l’altérité signifie respecter ces différences et traiter les autres avec dignité et égalité, sans imposer ses propres valeurs ni jugements…
L’altérité est souvent considérée comme une composante essentielle du dialogue interculturel et de la coexistence pacifique au sein d’une société diversifiée.
Elle apporte la compréhension mutuelle, la tolérance, l’empathie et la construction de ponts entre les personnes et les communautés qui peuvent être différentes les unes des autres…
Elle encourage également la remise en question de nos propres préjugés et la réflexion sur nos positions et privilèges.
En conclusion, l’altérité est un concept fondamental pour promouvoir le respect, la reconnaissance et l’acceptation des différences entre les individus et les groupes, contribuant ainsi à la construction d’une société inclusive et égalitaire.
Nous devons l’appliquer avec engagement afin de mieux nous respecter et d’ouvrir une véritable communication.
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— Alice
Le message délivré par Alice reçoit un accueil et un soutien sans précédent. Femmes, hommes, associations, médias et personnalités publiques se solidarisent avec davantage de force et d’engagement pour soutenir ce besoin de moderniser les mentalités, de développer la réflexion et de faire évoluer les lois.
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Le lundi du grand rassemblement.
Une véritable marée humaine envahit la plus belle avenue du monde et déborde largement du périmètre prévu. La grande surprise vient de l’affluence : des dizaines de milliers de personnes solidaires se rassemblent sur les Champs-Élysées, équipées de pancarte :
« UNE POUR TOUTES »,
« UNE VOIX POUR TOUTES »,
« LE CHANGEMENT POUR LA RECONNAISSANCE DE LA DIFFÉRENCE »,
« DANS L’UNITÉ, SE TROUVE LA CLÉ »
Et d’autres…
Les femmes et les enfants sont à l’honneur, les nourrissons, installés dans des porte-bébés, participent eux aussi à ce moment clé de l’histoire des droits des femmes.
La foule est si nombreuse qu’elle déborde largement dans les rues attenantes au parcours prévu. Les forces de police assurent la sécurité de la marche dans un climat pacifique, les médias sont partout et assurent la promotion de cette vague humaine pour le réveil des consciences et une pensée éclairée et raisonnée…plus de cinq mille policiers, gendarmes et militaires sont mobilisés toute la journée pour encadrer la marche.
Une scène a été montée pour accueillir la figure du mouvement.
Alice est réclamée, acclamée et applaudie. Accompagnée de sa fille, elle monte sur scène. Elle attend que la foule se calme pour s’exprimer et encore une fois. C’est avec une ferveur presque hypnotique qu’elle captive son auditoire sur les droits des femmes et les devoirs de l’État pour des décisions éclairées et réfléchies.
— Pour cela, le mouvement demandera encore de lourds sacrifices aux femmes, encore une fois, mais cette fois pour la cause des femmes ! J’appelle toutes les femmes de France à reprendre le pouvoir ! Nous sommes les mères de l’humanité, nous sommes les créatrices des citoyens de demain, les mères de l’État, les mères de notre pays ; le manque de considération des femmes encore en 2025 est inacceptable. Nous ne pouvons plus accepter d’être maltraitées quand nous vieillissons. Pour certains, nous représentons l’âge du rebut, de l’encombrement. Pouvons-nous tolérer une société qui se débarrasse de nous !
Une seule solution, pour être écoutées, considérées, respectées : la prise de contrôle des naissances !
Femmes de France, nous sommes « L’UNITÉ » et dans l’unité, se trouve la CLÉ ! Ensemble, nous représentons la force, une force qui ne peut être maîtrisée par les hommes ! Battons-nous pour nos droits. J’ai besoin que nous ne fassions qu’UNE face à l’autorité patriarcale ! La voix des femmes pour enfin nous faire entendre.
Le discours d’Alice est suivi d’un immense chant collectif… « Allons enfants de la Patrie, le jour de gloire est arrivé ! Contre nous de la tyrannie, l'étendard sanglant est levé… » La Marseillaise résonne dans tout Paris. Les résidents à leurs balcons accompagnent le chant… cet instant de magie : L’UNITÉ.
Les médias reprennent cette journée de l’histoire où ce mouvement pour les femmes aura été grandiose et noble. Aucun incident n’aura été signalé tout au long de la journée. Une marche dans un climat pacifique, des chants, des prises de conscience, la compréhension d’un sacrifice jugé nécessaire au changement… L’État peut-il évoluer grâce à la force collective ?
Les médias parleront bientôt de « la prise d’otage des naissances pour la renaissance de la France ». Cette mobilisation symbolise la solidarité et la détermination du collectif « Une pour toutes », qui refuse les inégalités et les injustices.
Chaque personne présente renforce le message… cela prouve aujourd’hui que c’est dans l’unité que naissent les véritables changements sociaux. La force collective devient le levier indispensable pour transformer les idées en actions concrètes, faisant entendre la voix de toutes celles et ceux qui luttent pour un avenir plus juste et une reconnaissance dans leurs différences. Ensemble, les manifestantes et manifestants créent un élan puissant, capable de faire avancer les droits de chacun et d’apporter le réveil social...
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Ce rassemblement résonne désormais dans toute l’Europe et traverse le continent. On en parle, on s’intéresse, cela interpelle, inquiète de plus en plus…
Ce qui était minimisé par le gouvernement se révèle bientôt une réalité qu’il n’aurait jamais envisagée. Une bombe dévastatrice qui soulève l’indignation, le manque de considération pour les femmes, la population et les mouvements veulent que ça change…
En six mois, on mesure une chute à venir des naissances. Un véritable soutien des femmes se déploie dans cette cause, soutenu par un mouvement solidaire de l’Espagne et du Portugal.
Ce qui était défini comme « un blog de bonne femme », se transforme en véritable arme de négociation avec l’État, un combat pour les droits des femmes. Les mentalités peuvent-elles évoluer ? L’homme peut-il laisser davantage de place à la différence que représente la femme ?
Lisa commence à percevoir certaines injustices avec son propre regard, et non plus au travers celui de son mari, de la honte ou de la gêne. Elle commence à prendre conscience de la force et de l’énergie que sa mère déploie pour mener ce combat, se défendre des coups bas, des rumeurs et des attaques…
Elle décide d’appeler sa sœur pour la féliciter de ses interventions :
— Bravo Sandra, quelle éloquence ! Tu étais merveilleuse à la conférence. J’ai reçu des vidéos de mes deux copines de la crèche, qui étaient présentes. Elles ont adoré ton intervention.
— Merci Lisa, je suis heureuse et flattée par ton retour, surtout que je me souviens que tu n’approuvais pas vraiment ma participation au combat de maman.
— Je voulais justement aborder le sujet avec toi. Je crois que tu avais raison. Je ne voulais pas ouvrir les yeux à cause de Fabrice… La peur du changement, mon rôle de mère parfaite, cette obligation morale de loyauté liée au sens du devoir… Et faillir à ce devoir m’amène à la culpabilité et à la dette familiale... Ce rôle qui me fatigue au quotidien. Je comprends mieux l’engagement de maman et le tien dans cette cause !
— En effet, tu étais tellement investie dans ce rôle de mère, et tellement identifiée à lui, que tu as peut-être perdu contact avec tes besoins de femme…Il peut être difficile d’effectuer les ajustements nécessaires dans sa vie de femme. Je comprends tellement cette situation où tu essaies constamment de répondre aux besoins des autres…
Il est possible que tu continues à t’enfermer dans ce rôle maternel, en jouant constamment le rôle de la mère avec ceux que tu aimes… Mais est-ce réellement ce que veut ton être profond ? Apporte-toi de la douceur et de la souplesse Lisa. Tu sais, ma sœur, il est souvent difficile d’accepter les changements dans sa vie. Surtout les changements qui viennent de l’extérieur, ceux que l’on ne peut ni contrôler ni choisir soi-même…
— Ça me fait du bien de parler avec toi, Sandra. J’ai récemment pris conscience qu’il n’est ni facile ni même possible de vouloir tout contrôler, et que c’est épuisant… Je te demande pardon d’avoir été si incisive lors de notre dernière discussion. Tu as tout mon soutien, maintenant que je me réveille de cette emprise patriarcale. J’ai parfois envie de gifler Fabrice, je me retiens pour les enfants…
— Oui, rit Sandra, c’est bien que tu te retiennes. Ils n’ont pas besoin d’être traumatisés ! Appelle maman. Elle a besoin de ton soutien et d’être entourée de sa famille. Tu fais partie des personnes qu’elle aime le plus au monde, Lisa.
À peine raccroche-t-elle avec Sandra que Lisa appelle Alice :
— Bonjour maman, j’appelle pour savoir comment tu vas, avec tous les événements bouleversants que tu vis en ce moment ? Et aussi pour t’inviter à déjeuner en tête à tête.
— Bonjour ma chérie, quelle belle surprise, avec plaisir. Rassure-toi, tout va bien pour moi mais toi, est-ce que tu te sens bien ?
— Oui, t’inquiète, j’ai juste besoin de prendre un temps de qualité avec toi.
Alice rejoint Lisa dans son restaurant préféré, un Italien où Pierre aime partager de doux moments avec sa femme. Lisa est déjà sur place, elle a commandé deux verres. Elle se lève et attrape sa mère pour l’enlacer tendrement :
— Pardon maman, je te demande tellement pardon de n’avoir pas voulu comprendre. Comprendre ton engagement si puissant dans une cause qui devrait davantage nous unir que nous diviser. Maman, je suis vraiment désolée de n’avoir pas su entendre ta détresse et de n’avoir pas été le soutien dont tu avais tant besoin. Mais cela a changé, j’ai compris beaucoup de choses depuis quelques jours… c’est aussi grâce aux nombreux échanges avec Sandra, qui m’ont permis de me réveiller.
— Mon trésor, ne sois pas désolée. Merci d’oser me dire tout ça. Je sais que la vie n’est pas toujours celle qu’on espérait et qu’elle peut quelquefois nous faire prendre des directions inattendues… Moi aussi, je te demande pardon pour tout ce que tu as subi au quotidien et qui te faisait de la peine…
— Oh maman, pourquoi n’ose-t-on pas s’affirmer ? Quelquefois, on peut s’affirmer dans son couple, mais pas dans son travail, et parfois l’inverse, sans y parvenir du tout dans sa famille ! Pourquoi est-ce que je n’ose pas m’affirmer dans mon couple ?
— Ma chérie, quelquefois, c’est la peur de ne plus être aimée, la peur d’être quittée… Pourquoi on n’ose pas s’affirmer dans son travail, comme cela a été le cas pour moi à un moment ? C’est la peur d’être critiquée, d’être rejetée ou de ne pas être comprise.
Pourquoi on n’ose pas s’affirmer dans sa famille ? C’est la peur de déranger, une forme d’ultravigilance face à une autorité, peut-être une hypersensibilité. On a pris l’habitude de laisser passer les autres avant soi…
Je n’ai pas toutes les réponses, mais j’ai un peu travaillé sur moi avec tout ce que j’ai vécu dernièrement. Je dirais que c’est en lien avec des peurs, mais aussi avec des blessures d’abandon dans la relation de couple. La peur d’être rejetée peut être liée au travail, tandis que la peur d’être critiquée peut se manifester dans la famille. Tout cela peut provoquer un sentiment d’impuissance. Tout ça peut se vivre différemment, et les blessures peuvent s’inverser.
Il y a trois blessures qui nous empêchent de nous affirmer : l’abandon, le rejet et l’impuissance. Quelquefois, on préfère renoncer à soi-même plutôt que renoncer aux autres. Par exemple, si je n’ai pas envie de renoncer à mon compagnon, alors je m’oublie moi-même. Je n’ai pas envie de renoncer à mon travail alors je préfère m’oublier moi-même. Je n’ai pas envie de renoncer à ma famille, alors je préfère m’oublier…
— Oui, c’est ça, maman. Cette explication fait vraiment écho en moi. Je ne l’avais pas vu sous cet angle, mais cela me semble tellement plus clair ! Si je préfère m’oublier, c’est que je ne me suffis pas à moi-même. J’ai constamment besoin des autres, de me nourrir d’eux, de leur validation, de leur valorisation et de leur approbation pour combler un vide affectif. Or, si j’étais pleine de moi-même, remplie d’estime de moi, je n’aurais pas besoin du regard des autres, ni de l’approbation des autres…
— Oh, ma grande fille, je suis si émue d’avoir cette conversation avec toi… C’est vrai que si l’on attend des autres une autorisation pour parler, c’est que nous ne sommes pas suffisamment remplies. C’est plus facile de renoncer à soi-même, mais tellement injuste. D’abord, s’accepter soi-même avant d’attendre l’acceptation des autres, travailler sur son estime de soi et s’accorder suffisamment d’attention pour ne pas tout attendre des autres.
Alors, quand on dit : « On ne me donne pas la parole… On ne m’écoute pas… Ce n’est pas juste… », essaie de considérer que c’est à toi de comprendre ton besoin de t’apporter plus d’attention, afin de moins subir le regard de l’autre et de mieux t’assumer. S’écouter davantage et se relier à son cœur : de quoi as-tu envie ?
Lisa explique alors à sa mère que son quotidien lui pèse de plus en plus. Elle n’arrive plus à apprécier son rôle d’épouse et de mère… Sa vie est faite d’obligations et de missions pour soulager sa famille, mais elle ne trouve pas d’épanouissement, et Fabrice ne la soutient pas. Elle subit des réflexions machistes… Rien ne va plus, alors qu’elle a misé toute sa vie sur cet équilibre…
— Ma fille, savoir s’écouter est un véritable apprentissage !
— Maman, la plupart du temps, je suis dans le devoir et dans le regard des autres… Je ne fais plus attention à ce que j’ai envie de vivre. Je pense toujours aux autres, peut-être même pour me fuir…
— Il faut avoir le courage de s’écouter. Parfois, le cœur n’a pas envie de faire ce qui était prévu. Maintenant que tu détectes un peu mieux tes besoins, peut-être est-il temps d’apprendre à t’écouter…
C’est très doux de commencer la journée en pensant à soi… L’énergie que l’on dégage est extraordinaire. Si l’on est bien avec soi-même, les gens autour de nous le ressentent forcément. C’est mon expérience de blogueuse qui parle. Je me suis révélée à moi-même et j’ai commencé à considérer mes besoins. Je n’ai jamais été aussi épanouie, malgré l’ampleur du mouvement qui s’est créé autour de moi…
Lisa, si on ne s’occupe pas de soi, on est envahie par ses problèmes. On ne sait pas comment les gérer et tout se complique. On croit agir pour les autres mais c’est contre soi… Si l’on prend soin de s’écouter, on n’attend rien de l’autre. On devient plus indépendante. On n’a pas besoin de l’autre, on a seulement envie d’être avec lui, ce qui est une énorme différence.
Souvent, le besoin crée un intérêt. Si je lui apporte le confort familial, il ne me quittera pas. Mais quand l’autre nous quitte, ça peut créer une réelle blessure de l’abandon. Si l’on est avec l’autre par envie seulement, c’est à ce moment-là que l’amour est ! Je ne dois pas laisser croire à mon inconscient que je ne suis pas importante !
Prenons soin de demander à notre cœur ce qu’il pense de cette situation, si nous avons envie de faire telle chose ou non. Prenons soin de nous relier à nous-mêmes pour dire et faire les choses. En nous reliant à nous-mêmes, nous avons moins besoin du regard des autres pour vivre, et la vie devient plus simple…
Nous ne sommes pas des victimes. Qu’est-ce que ton for intérieur te dit, ma fille ?
— Toi, tu es entière et tu dis les choses, maman.
— Ne te perds pas toi-même, ma fille. Tu sais déjà de quoi tu as besoin dans la communication de ton couple : de l’ouverture d’esprit, de l’équité et de l’égalité ! « La victoire sur soi est la plus grande des victoires », comme l’écrivait Platon.
— Maman, tu es une personnalité inspirante. Tu vas au bout de tes rêves, avec l’espoir et l’optimisme nécessaires pour mener tes combats. Merci pour ce que tu réalises pour nous, les femmes, et pardon de ne pas avoir vu plus tôt la femme stupéfiante que tu es !
— Je t’aime tant ma fille. Merci de me confier tous tes doutes…
Gros titres dans les médias :
Les chiffres sont historiques en France : « Chute de 58 % des naissances en France ! » Du jamais vu ! Le nombre de naissances est désormais inférieur à celui des décès. La France passerait même sous le niveau de la Corée du Sud, longtemps citée parmi les pays aux taux de fécondité les plus bas au monde. Cette évolution implique, à terme, une baisse de la population et peut provoquer de multiples conséquences économiques.
Le déclin démographique est dû à une diminution du nombre d'enfants et à un vieillissement de la population. La croissance démographique exerce une influence importante sur la taille du marché du travail, mais aussi sur les capacités budgétaires et économiques d’un pays. Selon certains auteurs, une baisse de la population pourrait s’accompagner de conséquences économiques lourdes, avec, à la clé, un appauvrissement général…
Le vieillissement de la population impose des coûts liés à la dépendance des personnes âgées, particulièrement lourds pour le secteur public qui finance les retraites par répartition.
En France, le financement des retraites dépend directement de l'équilibre entre le nombre d’actifs et les retraités. Ce n’est pas le cas des pays qui reposent davantage sur des systèmes de retraite par capitalisation, comme les États-Unis. En France, la prise en charge des personnes âgées en perte d'autonomie coûte trente milliards d'euros par an, et ce chiffre pourrait doubler d'ici 2060.
La « prise d’otage des naissances pour la renaissance » est désormais engagée, et des millions de femmes s’investissent dans cette cause au prix de lourds sacrifices. Le désert des maternités, le soutien des sage-femmes au mouvement ainsi que celui des associations luttant contre les injustices renforcent encore son ampleur.
Après plus d’un an de militantisme, le mouvement rallierait en France 93 % des femmes et 38 % des hommes, soit un électorat considérable soutenu par un vaste collectif d’associations.
Le mouvement « Une pour toutes » devient incontournable en France et en Europe. Négliger la dimension émotionnelle du mouvement aura été l’erreur du gouvernement !
Les conséquences de cette négligence provoquent la panique à l'Élysée. Les pays européens s’inquiètent de ce mouvement qui ne cesse de gagner des partisans de toutes nationalités, mais aussi le soutien d’associations reconnues à travers le monde et d’artistes qui portent désormais la cause publiquement…
Premier appel à l’Élysée. Les inquiétudes de l’Angleterre : son dirigeant demande au Président d’apaiser les tensions, de trouver un terrain d’entente et de négociations afin de calmer ce climat de rébellion en France.
À la suite d’une première conférence organisée à Piccadilly Circus, avec comme invitée d’honneur la Française Alice et son mouvement pour les femmes, « Une pour toutes », le pays semble séduit. Le Premier ministre britannique connaît parfaitement son pays. Il sait qu’une partie de la population pourrait rapidement s’approprier ce mouvement et le faire vivre avec ferveur.
— Monsieur, cette prise d’otage démographique est catastrophique et pourrait provoquer d’autres revendications que nous ne serions ni capables, ni disposés à négocier ! Ceci impose l’urgence de calmer ce mouvement qui a pris trop d’ampleur et de crédit depuis plus d’un an en France ! Merci de prendre les mesures que vous jugerez nécessaires pour ramener le calme.
L’appel britannique est rapidement suivi par ceux de l’Espagne et de l’Italie. Ils réclament les mêmes mesures que leur homologue britannique, craignant que le mouvement ne s’étende à l’Europe entière et ne devienne difficilement contrôlable…
Alice est invitée sur la place emblématique de Plaza Mayor, ainsi que sur la Piazza di Spagna. L’ampleur prise par ce mouvement commence à inquiéter. Il met désormais plusieurs États européens sous tension. Une négociation est-elle encore envisageable ?
Le président convoque ses conseillers afin d’aborder ce sujet, qui requiert une attention particulière et une analyse méticuleuse pour comprendre les différentes attentes. L’État français a tant négligé ce mouvement. De simples « histoires de bonnes femmes » qui n’avaient plus rien à faire de leurs journées, comme certains l’affirmaient… L’État est totalement passé à côté du message…
Aujourd’hui, cette imprudence le dépasse complètement, au point de devoir considérer le mouvement avec beaucoup plus de discernement. Les conseillers sont rassemblés dans le salon doré du Palais de l'Élysée afin d’évoquer la crise et de trouver des solutions.
— Je préconise des spots publicitaires pour relancer les naissances ! Les femmes craquent pour les bouilles de bébé. Donnons-leur envie de maternité en mettant en valeur une image idéalisée de la vie de famille ! Propose l’un des conseillers.
— Nous pourrions augmenter l’allocation familiale accordée au premier-né ou créer une prime de naissance qui encouragerait une reprise de la natalité, propose un autre conseiller.
— Vous pourriez faire un discours présidentiel dénonçant cette prise d’otage ! Ce qui se passe est inacceptable. Ses Français doivent comprendre que les priorités de l’État portent sur des enjeux beaucoup plus importants ! déclare un autre conseiller.
— Je crains que cela n’apporte encore davantage de crédibilité au mouvement. Restons subtils et privilégions une approche pacifique afin d’obtenir une conciliation. Aucune de ces propositions ne me convainc réellement. Nous avons déjà commis de graves erreurs par le passé. Nous devons trouver une solution capable de ramener le calme et de préserver la stabilité et la prospérité du pays. Messieurs, vous n’êtes peut-être pas les mieux placés pour comprendre les besoins et les attentes des femmes. À l’instant où je vous parle, « Une pour toutes » a le pouvoir ! Notre seule issue est désormais de négocier habilement, et nous devrons inévitablement faire preuve de souplesse…
Décontenancé par le manque de pertinence de ses conseillers, le président fait réunir au Palais de l'Élysée plusieurs femmes travaillant au sein de l’institution. De la conseillère politique à la femme de ménage, toutes sont invitées à partager leur perception de la situation afin d’aider le président à mieux comprendre la crise…
Finalement, l’une des femmes présentes propose d’envisager une discussion avec Alice :
— Invitez Alice à l’Élysée. Cela sera apprécié par les citoyens, la presse et les mouvements solidaires…
— En effet, essayez de comprendre ses demandes et son positionnement… Ils ont aussi leur légitimité. Essayez de trouver ensemble des solutions d’apaisement bénéfiques pour tous, propose une autre conseillère.
— Alice ne réclame qu’un meilleur vivre-ensemble et une évolution des mentalités, comme cela est évoqué dans son programme, reprend Madame Delmas, la directrice de l’intendance du Palais de l’Élysée.
— C’est capituler ! s’exclame avec véhémence, un des conseillers.
— Il s’agit simplement de commencer par s’écouter et se considérer mutuellement, reprend une des femmes. Cela répond précisément aux attentes de ces femmes.
— C’est n’importe quoi ! ajoute un autre conseiller.
— Qu’est-ce qui vous dérange dans cette proposition ? demande la femme qui est d’habitude invisible à l’Élysée.
— De perdre du temps sur ce genre de banalités alors que nous avons de véritables responsabilités gouvernementales qui requièrent toute notre attention et notre urgence.
Une femme d’une soixantaine d’années prend la parole. Elle est habillée d’un uniforme du personnel. Ses cheveux sont coiffés en chignon, son regard est doux et son sourire serein. C’est la femme de chambre des appartements présidentiels :
— Eh bien, messieurs, je dois avouer que c’est la première fois qu’on me donne réellement le droit de parole et la liberté de m’exprimer grâce à cette femme, Alice ! La plupart d’entre vous ne me connaissent pas, et pourtant je suis dans ces bureaux chaque jour, à faire en sorte que vous retrouviez un endroit propre et ordonné en arrivant. On dirait que ce mouvement a enfin gagné suffisamment de poids pour susciter votre intérêt !
Puisque vous m’avez invitée à participer, je vais me permettre de vous donner un conseil : recevez-la pour un échange constructif. Elle possède cette capacité rare à rassembler les foules. Elle devient une icône, et cette force peut désormais vous échapper. Prenez le temps de l’écouter, de la comprendre et de la considérer. Ce sont précisément ces trois choses que son ancien employeur a omises, déclenchant malgré lui ce mouvement. Optez pour la douceur plutôt que l’affrontement ! Alice souhaite améliorer les conditions de vie de cinquante pour cent de la population française. Il est également dans votre intérêt que les femmes puissent de nouveau faire confiance à leurs dirigeants…
Un silence pesant accueille ces propositions.
Le président reste silencieux à l’écoute de ces échanges tendus entre les femmes et les hommes de son cabinet. Il saisit l’importance de rencontrer Alice, de comprendre ses attentes et ses motivations… La situation est allée beaucoup trop loin pour continuer à être ignorée.
Une invitation officielle est immédiatement envoyée à Alice. Sandra reçoit avec stupeur l’appel du bureau présidentiel : Alice est invitée à rencontrer le président en personne afin de trouver une issue favorable aux deux parties. Elle reste abasourdie, mais également folle de joie. Enfin, le combat qu’elles mènent depuis tant de mois semble pouvoir faire évoluer les mentalités. Le gouvernement les prend désormais en considération. La rencontre est programmée dans trois semaines. C’est suffisant pour se préparer. Elles ont désormais le pouvoir. L’UNITÉ s’est fait entendre…
Alice reste sans voix à l’annonce que vient de lui révéler Sandra :
— Maman, réagis ! C’est ce que nous attendons depuis des mois. Que la France prenne enfin ses responsabilités pour considérer les cinquante pour cent de sa population et les reconnaître dans leurs différences.
— Je sais tout ça, ma chérie…
Alice en perd la voix, comme submergée par toutes les épreuves traversées depuis plus d’un an. Elle s’effondre. Les larmes se déversent et ne s’arrêtent plus, ses nerfs lâchent… Tellement de détermination dans cette cause, tellement de pression à supporter, tellement de détracteurs à esquiver… Enfin, elles se sentent respectées, considérées… Son obstination et son courage portent enfin leurs fruits…
— Oh maman, reprend Sandra. Je comprends que ton énergie te quitte après toute cette bataille. Tu as surmonté tellement de défis. C’est la récompense de ta capacité à transformer tes aspirations en réalité, et à rester fidèle à toi-même : ton accomplissement. Je suis si fière de toi… Je voudrais tant te ressembler…
Et tu as le droit à une pause bien méritée, un moment pour souffler et, si tu en as envie, célébrer tout le chemin que tu as parcouru…
Lisa pousse brusquement la porte d’entrée avant de se jeter dans les bras de sa mère.
— Maman, comment peut-on être aussi incroyable que toi ? Sandra m’a prévenue, et je me suis précipitée pour te féliciter et te soutenir. Je ne veux plus jamais être loin de toi. C’est une nouvelle formidable ! Même si je vois à quel point cette nouvelle te bouleverse, tu as réussi, maman ! Tu vas enfin pouvoir défendre les femmes de France. Tu es une héroïne !
— Merci, mes filles, d’être mes anges gardiens et de me donner la force qui me manque parfois. Je suis simplement un peu fatiguée… C’est comme si ce combat, ces conférences et tout ce qui entoure « Une pour toutes » recevaient enfin une forme de reconnaissance. C’est tout ce que nous demandions…
— Oui, ma chérie, c’est un juste retour des choses, ajoute Pierre. Ce rendez-vous est le fruit des événements et de la pugnacité d’une armée de femmes remarquables. Je te fais la promesse, devant nos filles adorées. Une fois cette rencontre passée, je t’emmène en voyage. Tu découvriras la destination directement devant les portes d’embarquement. J’aimerais enfin récupérer ma femme pour vivre des moments de paix et de bonheur…
— Oh papa, tu es trop mignon… déclare Sandra en souriant.
Alice se réfugie dans les bras de son époux. Elle a besoin de réconfort et de douceur. Lisa ne peut s’empêcher de les enlacer à son tour, et toute la famille se serre dans les bras. Ce sentiment d’amour explose soudainement. Le puissant lien qu’éprouve Alice lui offre le courage dont elle a besoin pour préparer cette rencontre. L’un de ses derniers combats pour obtenir davantage de justice, d’équité et de respect des différences. Ce bonheur immense d’être soutenue par ceux qu’elle aime lui redonne l’énergie et la force nécessaires pour cette dernière ligne droite.
À l’annonce de la rencontre proposée entre le président et Alice, un déferlement de suppositions et d’interprétations envahit les médias. Radios-trottoirs, interviews de célébrités, déclarations de collectifs associatifs : tout le monde donne son avis… Mais une chose semble désormais acquise : « Une pour toutes » a obtenu l’audience qu’elle réclamait pour faire évoluer les lois, car c’est précisément de cela qu’il sera question dans le salon doré du Palais de l'Élysée.
Les médias reviennent sur l’historique de ce combat :
— C’est seulement parti d’un ras-le-bol sociétal et de la création d’un simple blog, qui ouvre aujourd’hui des perspectives inédites d’écoute et d’évolution pour les femmes. Une avancée majeure et historique pour la population féminine : davantage d’équité dans les différences et une recherche d’équilibre entre les hommes et les femmes. Une volonté de mettre fin à une forme de négligence sociale afin de mieux respecter chacun.
La dernière grande avancée concernant les droits des femmes en France reste l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution française, votée en mars 2024. Cette décision a été saluée comme une victoire historique, car elle renforce la protection juridique du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) face à d’éventuelles remises en cause futures.
Cependant, malgré cette avancée, de nombreux défis persistent. Par exemple, les fermetures de centres IVG au cours des quinze dernières années ont fragilisé l'accès à ce droit. De plus, les inégalités salariales et la précarité professionnelle continuent de toucher davantage les femmes, en particulier dans le contexte de la réforme des retraites de 2023.
Ainsi, bien que la constitutionnalisation de l'IVG représente un progrès majeur, le combat pour l'égalité et la protection des femmes en France demeure une priorité…
Ce mardi 25 février 2025 à 9 heures, les télévisions françaises et étrangères attendront et accueilleront Alice, leader du mouvement « Une pour toutes » pour immortaliser sa visite à l’Élysée, elle sera accompagnée de son époux Pierre et de sa fille Sandra qui la soutiennent depuis le début de l’aventure ainsi que d’une avocate spécialisée en droit public et institutionnel. L’Élysée est persuadé qu’une écoute attentive du président permettra d’apaiser la population et de rétablir une forme de sérénité :
— Parfois, vingt minutes avec le Président permettent d’emporter la décision d’un collectif, explique l’Élysée.
Le président a salué cette volonté de médiation et de dialogue. Il se montre favorable à une rencontre avec le collectif « Une pour toutes » dans un contexte de tensions sociales grandissantes. Ils aborderont les enjeux de la crise économique liés à la chute des naissances et ses conséquences.
***
Alice arrive à L’Élysée escortée par l'escadron motocycliste de la Garde républicaine, elle traverse la foule venue la soutenir. Elle est acclamée, elle est encouragée, elle est admirée.
— Maman, tu te rends compte du déplacement de tous ces gens venus t’accueillir ? Ils vont patienter pendant toute la rencontre pour en connaître l’issue. Ils ne se sont pas déplacés pour le Président… mais pour Alice ! Tu réalises tout ce que tu as accompli ?
Sandra reste estomaquée par l’ampleur du mouvement de foule, par l’enthousiasme provoqué chez les Français. Ce sujet qui n’intéressait personne il y a un an, celui que l’on cachait sous le lit, aujourd’hui rassemble plus de la moitié de la population et concerne plusieurs pays !
Alice est émue et reconnaissante que sa fille l’interpelle autant sur l’évènement. Elle ne réalise toujours pas ce qui est en train de se produire. Tout a l’air d’un rêve, la garde présidentielle, la foule, les médias… c’était si absurde d’imaginer cette possibilité il y a encore quelques mois. Cette phrase de Marcel Pagnol prend tout son sens : « Tout le monde savait que c’était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait ! »
Depuis sept ans, le président déroule le tapis rouge à des dirigeants internationaux triés sur le volet. Ce mardi 25 février 2025, au Palais de l’Elysée, le président et différents ministres accueilleront Alice afin d'évoquer les futures évolutions législatives destinées à mieux prendre en compte les différences entre les femmes et les hommes.
À son arrivée, Alice est escortée jusqu'au salon présidentiel. Ils sont saisis par le décor : le Salon doré semblait chargé de mémoire. Chaque détail — les lustres anciens, les boiseries, les drapeaux républicains — rappelait que des décisions majeures pour le pays avaient été prises entre ces murs.… Alice mesure à cet instant le poids de l’histoire qui est train de s’écrire…
Son arrivée est annoncée. Impressionnés, mais non intimidés, Alice, Pierre, Sandra et leur avocate entrent dans le salon doré, choisi autrefois par Charles de Gaulle comme bureau officiel. Depuis, la tradition s’est perpétuée auprès de ses successeurs…
Ils sont invités à prendre place autour de la table des négociations.
Sandra avait pris soin d’envoyer les différentes requêtes au secrétaire du président avant cette rencontre afin d’aborder les points incontournables. À l’insu de sa mère, elle avait pris la liberté d’évoquer l’ambiance et les conditions d’accueil souhaitées afin d’éviter qu’un échange similaire à celui du JT de 20 heures ne se reproduise, et pour garantir des discussions constructives malgré le temps précieux et compté du président. Ces points clarifiés, Sandra, rassurée, donne son accord pour fixer une date de rencontre et demande qu’elle soit annoncée publiquement.
Sandra commence à maîtriser les relations publiques et anticipe la moindre faille afin de protéger sa mère et d’obtenir des garanties.
Une fois les présentations et les échanges de courtoisie terminés, les discussions commencent entre les différentes parties. C’est avec beaucoup de respect et d’écoute que chaque sujet est abordé, étudié et envisagé dans l’objectif de faire évoluer certaines lois.
Alice reste ferme concernant les discriminations en entreprise : le gouvernement ne doit plus négliger cette violence ordinaire. La ménopause doit être reconnue et respectée comme une étape importante dans la vie des femmes. Pour cela, il faudrait coécrire une loi claire destinée à mieux protéger et accompagner les femmes.
Les premières bases d’un travail législatif commun commencent à émerger entre les différents acteurs : Une pour toutes, le Président de la République, les ministres, la commission parlementaire, le Conseil d'État, les experts et les juristes. L’objectif est de sortir de cette réunion avec plusieurs orientations majeures qui pourront ensuite être traduites en propositions de loi destinées à mieux protéger les femmes.
Les médias restent mobilisés et impatients de voir les protagonistes sortir du salon afin de recueillir leurs premières déclarations. En attendant les déclarations officielles, les journalistes rappellent le fonctionnement du processus législatif français :
— En France, le processus d’écriture et d’adoption des lois repose sur plusieurs acteurs institutionnels, chacun jouant un rôle spécifique dans la conception, la rédaction et la validation des textes. Dans ce dossier, le travail pourrait associer l’exécutif, le Parlement, des experts juridiques ainsi que plusieurs représentants de la société civile, dont le collectif « Une pour toutes », avant un éventuel contrôle du Conseil constitutionnel.
Alice ouvre la discussion en expliquant qu’elle souhaite restaurer un dialogue qui s’est progressivement perdu :
— Monsieur le Président, tous les conflits comportent les mêmes ingrédients, qu’ils naissent dans la vie personnelle, familiale, sociale ou professionnelle, entre salariés et responsables hiérarchiques…
Il s’agit de comprendre comment fonctionne une personne. Le système judiciaire n’est pas toujours adapté pour accompagner humainement la résolution des différends. Je crois que la qualité relationnelle est l’un des axes essentiels à développer afin d’aider chacun à exprimer et structurer une pensée parfois différente de celle de l’autorité. C’est précisément ce qui permet de restaurer un dialogue rompu, plutôt que de recourir à la morale ou à la soumission au règlement.
— C’est justement l’objet de cette rencontre, Madame, trouver une solution dans un cadre d’impartialité, de neutralité et de confidentialité.
Le juriste intervient alors :
— Depuis plusieurs décennies, les entreprises ont progressivement intégré des responsabilités sociétales et environnementales. Les employeurs ont notamment des obligations concernant la santé et le bien-être des salariés. Une responsabilité quant au bien-être des salariés et l’approche par la médiation semble particulièrement adaptée aux enjeux que vous soulevez. Nous sommes là pour ensemble participer à une nouvelle page de l’histoire qui tiendra compte des singularités de chacun. Votre avocate pourra naturellement vous accompagner tout au long de cet échange afin de garantir un dialogue transparent et équilibré.
— Merci, reprend Sandra, avant de recentrer la discussion sur les sujets clés de cette rencontre. Nous allons maintenant aborder les faits, leurs conséquences ainsi que les ressentis pour ne rien laisser au hasard, si vous le voulez bien.
En traitant le sujet dans sa dimension émotionnelle, toutes les questions d’injustices ont pu être abordées avec l’empathie et la compassion attendue. L’idée d’un prêt d’intention malveillant de la part de « Une pour toutes » a été écartée pour retenir uniquement les demandes jugées légitimes visant à rétablir davantage d’équilibre.
Pendant les trois heures de ce face-à-face avec le président des Français, toutes les suppositions sont envisagées par les médias :
— Alice saura-t-elle présenter suffisamment d’arguments pertinents ? Saura-t-elle maintenir sa ligne de conduite sans se laisser séduire par une proposition quelconque ? Saura-t-elle parler au nom de toutes les femmes ? Que se raconte-t-il dans le salon présidentiel ?
Trois heures et vingt minutes plus tard, les deux protagonistes se présentent sur les marches de l’Élysée. Des acclamations s’élèvent de la foule venue soutenir Alice. Des pancartes traduisent l’impétuosité de la foule avec des slogans tels que :
« Une pour toutes »,
« La voix des femmes »,
« Le STOP des naissances pour la renaissance »,
« L’UNITÉ, soyons UNE !» …
Alice repère sa fille Lisa munie de sa pancarte « Une pour toutes ». Elle commence à chanter la Marseillaise, bientôt reprise par la foule massée Rue du Faubourg-Saint-Honoré. C’est un hommage à sa mère, une manière de demander pardon pour toutes les fois où elle a douté. Elle est fière et chante plus fort que les autres, les larmes aux yeux, bouleversée par l’admiration qu’elle éprouve pour sa mère. Les caméras captent ce puissant moment de famille…
Le journaliste ajoute : « « Quelle que soit l’issue de cette négociation, la blogueuse Alice a déjà conquis la foule, les Français et peut-être bientôt l’Europe… ses filles, l’une à ses côtés, l’autre dans la foule la soutiennent passionnément. Je pense que nous vivons un moment rare dans l’histoire des droits des femmes en France !
Le chant se termine. Les questions fusent. Le président prend la parole :
— Nous avons abordé toutes les préoccupations essentielles des Françaises et des Français pour retrouver l’harmonie dans notre pays.
— Les journalistes : Alice, êtes-vous d’accord avec cette déclaration ?
— Nous avons trouvé des points d’équilibre. Mais je ne parlerai d’accord réel que lorsque les textes seront écrits, rendus publics et votés. Pour l’instant, ce sont des engagements.
— M. le Président, quelles sont les principales mesures validées pour les femmes ?
— Nous avons acté un principe clair : les discriminations liées aux spécificités biologiques féminines, notamment en période de préménopause et de ménopause, feront l’objet de sanctions renforcées. Les entreprises et les institutions devront adapter leurs pratiques, sous peine de sanctions financières. Nous avons également engagé une réforme du congé maternité, avec un allongement significatif de sa durée et des garanties renforcées sur le retour à l’emploi. Ce point fait encore l’objet de discussions, notamment sur son financement et ses modalités d’application dans les petites structures.
— M. le Président, quand ces lois pourront-elles voir le jour ?
— Le gouvernement a engagé leur élaboration sans délai. Les premières mesures seront présentées dans les prochaines semaines, avec un calendrier législatif prioritaire. Nous voulons aller vite, mais sans fragiliser l’équilibre du texte.
Plusieurs organisations patronales ont déjà exprimé leurs inquiétudes sur le coût de ces réformes et leur impact sur l’organisation du travail. À l’inverse, certaines forces politiques et associatives estiment que nous devons aller encore plus loin. Ces tensions sont normales. Elles seront tranchées dans le cadre du débat parlementaire.
Le mouvement « Une pour toutes » sera associé aux travaux préparatoires. Ses contributions seront entendues à chaque étape, mais la décision finale appartiendra à la représentation nationale. Les réformes seront mises en œuvre de manière progressive, avec une attention particulière portée à leurs effets sur l’emploi des femmes. Nous refusons de créer de nouveaux freins là où nous cherchons à corriger des inégalités.
— Certains éditorialistes parlent déjà d’une réforme coûteuse, voire déséquilibrée…
— Le débat public existe, et il est sain. Mais il ne doit pas occulter la réalité : aujourd’hui, des millions de femmes traversent des périodes de vie encore insuffisamment prises en compte par notre organisation sociale et professionnelle. Il ne s’agit pas d’un choix idéologique, mais d’une adaptation nécessaire.
— Vous avez évoqué la ménopause. Concrètement, que prévoit le gouvernement ?
— Nous allons structurer un plan national autour de trois axes : renforcer la recherche médicale, améliorer la formation des professionnels de santé et mieux informer les femmes dès l’entrée dans la quarantaine.
Nous devrons toutefois avancer avec lucidité. Certains acteurs alertent déjà sur le manque de moyens du système de santé, d’autres sur le risque de médicaliser à l’excès une étape naturelle de la vie. Ces questions devront être traitées avec rigueur.
— Et sur le congé menstruel, pourquoi avoir renoncé ?
— Parce que nous devons mesurer les effets réels des dispositifs que nous mettons en place. Plusieurs retours d’expérience montrent que ce type de mesure peut, malgré de bonnes intentions, générer des effets indirects sur l’embauche ou l’évolution professionnelle des femmes. Nous avons donc fait le choix de ne pas retenir cette mesure à ce stade, afin d’éviter toute forme de stigmatisation ou de déséquilibre dans les équipes.
La parole est donnée à Alice :
— Pour la première fois, ces sujets sortent du silence. Mais il ne faut pas se tromper : ce qui se joue ici dépasse des textes de loi. Il s’agit de reconnaître des réalités vécues, parfois ignorées, parfois minimisées. Ce que nous attendons maintenant, ce ne sont pas seulement des annonces, mais des mesures concrètes, applicables, et surtout durables. Nous serons attentives à leur mise en œuvre réelle.
Alice marque une pause, puis conclut, reprise immédiatement par les chaînes d’information :
— La paix sociale ne se décrète pas. Elle se construit. Elle passe par la connaissance, par l’écoute, par la capacité à comprendre ce que vivent les autres. À partir de là, une société devient plus juste.
Alice termine sur ces mots qui sont devenus l’identité du mouvement :
« La paix sociale résulte d’une éducation de la pensée, laissons-nous informer, soyons curieux de ce qui se passe chez nos semblables, apprenons à accepter nos différences ; ainsi nous participerons à une société inclusive et égalitaire. »
Dans les minutes qui suivent, les chaînes d’information diffusent en continu les extraits de l’échange. Les bandeaux déroulent déjà les premières réactions : soutien des associations féministes, réserves des organisations patronales, critiques de certains éditorialistes dénonçant un coût difficilement soutenable dans le contexte budgétaire.
En bas de l’écran, une citation attribuée à Michel de Montaigne circule en boucle :
« Les femmes ont raison de se rebeller contre les lois parce que nous les avons faites sans elles… »
Quelques jours plus tard, les premiers projets de loi sont transmis pour relecture aux acteurs associés. C’est dans une atmosphère mêlant tension et espoir qu’Alice et Sandra découvrent les textes.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Liberté – Égalité – Fraternité
relatif à la prévention des discriminations liées à la ménopause
dans le monde professionnel
Considérant les difficultés rencontrées par de nombreuses femmes dans le cadre de leur activité professionnelle en raison des effets liés à la ménopause ;
Considérant la nécessité de garantir l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes dans le monde du travail ;
Considérant l’importance de préserver la santé, la dignité et le maintien dans l’emploi des salariées concernées ;
Le présent projet de loi vise à prévenir les discriminations liées à la ménopause et à favoriser une meilleure prise en compte de cette réalité dans les politiques de ressources humaines et de santé au travail.
Objet de la loi
La présente loi a pour objet de prévenir et de lutter contre les discriminations liées à la ménopause dans le cadre professionnel, afin de garantir l’égalité de traitement, la protection de la santé au travail et le maintien dans l’emploi des femmes concernées.
Champ d’application
La présente loi s’applique aux employeurs publics et privés, ainsi qu’aux administrations et établissements publics.
Elle concerne notamment :
Définition de la discrimination liée à la ménopause
Constitue une discrimination liée à la ménopause toute distinction, pratique ou décision fondée sur l’état de santé réel ou supposé d’une femme en lien avec la ménopause, ayant pour objet ou pour effet :
Obligations des employeurs
Les employeurs doivent :
Protection contre les représailles
Toute femme ayant signalé des pratiques discriminatoires ou demandé des aménagements raisonnables en raison de la ménopause ne peut faire l’objet d’aucune sanction, rétrogradation ou mesure défavorable de la part de l’employeur.
Aménagements raisonnables
Les entreprises mettent en place, dans la mesure de leurs moyens et des nécessités de service, des aménagements raisonnables destinés à accompagner les salariées concernées par les effets de la ménopause, notamment :
Sanctions
Le non-respect des dispositions prévues par la présente loi expose l’employeur à des sanctions administratives ou pénales prévues par le Code du travail et le Code pénal en matière de discrimination.
Les personnes victimes de discrimination peuvent engager toute action devant les juridictions compétentes afin d’obtenir réparation du préjudice subi.
Suivi et évaluation
Il est créé un comité national de suivi des discriminations liées à la ménopause dans le monde professionnel.
Ce comité a pour mission :
La présente loi vise à améliorer la prise en compte des enjeux liés à la ménopause dans le monde professionnel, à favoriser un environnement de travail respectueux et à renforcer la protection des droits des femmes concernées.
Fait à Paris,
Présenté au nom du Gouvernement de la République française.
— Maman, tu réalises ce que nous venons d’obtenir ? C’est tout simplement stupéfiant ! s’ébahit Sandra.
— Je reste abasourdie, ma fille ! Je savais que nous obtiendrions un compromis, mais je ne pensais pas que le gouvernement jouerait autant le jeu. Cela dépasse totalement mes espérances… Après avoir nourri tant d’espoir à croire que tout pouvait changer, j’ai l’impression d’un rêve éveillé. Les femmes vont enfin trouver leur place dans la société, l’estime et la reconnaissance qu’elles méritent…
— Ma chérie, c’est tellement mérité ! s’exclame Pierre. Les femmes contribuent depuis tellement d’années à la réalisation, à l’accomplissement de ce pays sans réclamer quoique ce soit à la société… C’est un juste retour des choses et c’est grâce à vous, mes femmes d’exception… Je pourrais en avoir qu’une, mais j’ai la chance d’en avoir trois. Je suis tellement reconnaissant envers la vie…
— Tu as raison, papa. Maman et toutes les femmes vont enfin avoir la possibilité d’être mises à l’honneur pour faire évoluer les lois dans notre pays, mais aussi inspirer l’Europe… C’est extraordinaire…
Un temps de respiration et de réalisation s’écoule après cette première lecture…
— Papa, maman, je vous lis maintenant le projet de loi sur le congé maternité porté à six mois. Vous êtes prêts ?
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Liberté – Égalité – Fraternité
relatif à l’allongement du congé maternité
et au renforcement de la protection parentale
Considérant l’importance de la période postnatale pour la santé physique et psychologique des mères ainsi que pour le développement du lien entre la mère et l’enfant ;
Considérant que la durée actuelle du congé maternité est jugée insuffisante par de nombreux professionnels de santé, associations familiales et représentants des salariées ;
Considérant la nécessité de renforcer la protection des femmes après l’accouchement tout en favorisant un meilleur équilibre entre vie familiale et vie professionnelle ;
Le présent projet de loi vise à étendre la durée du congé maternité à six mois, à renforcer les garanties de retour à l’emploi et à accompagner les entreprises dans cette évolution sociale majeure.
Durée du congé maternité
La durée du congé maternité est portée à six mois pour les salariées relevant du secteur privé ou public, indépendamment de leur secteur d’activité ou de la nature de leur contrat de travail.
Possibilité de prolongation
En cas de complications médicales liées à la grossesse, à l’accouchement ou à l’état de santé du nouveau-né, la durée du congé maternité peut être prolongée de deux mois supplémentaires sur avis médical.
Allocation maternité
Pendant toute la durée du congé maternité, la salariée bénéficie d’une indemnité journalière versée par la Sécurité sociale, équivalente à 100 % du salaire de référence calculé sur les trois derniers mois de rémunération brute, dans la limite d’un plafond fixé par décret.
Protection contre le licenciement
L’employeur ne peut rompre le contrat de travail d’une salariée pendant la durée de son congé maternité ni dans les douze mois suivant la reprise effective de son activité, sauf en cas de faute grave ou d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la maternité.
Retour à l’emploi et formation professionnelle
À l’issue du congé maternité, la salariée retrouve son emploi précédent ou un emploi équivalent assorti d’une rémunération au moins égale à celle perçue avant son départ.
Elle bénéficie également d’un droit renforcé à la formation professionnelle afin de faciliter son retour à l’activité dans des conditions adaptées.
Congé paternité et co-parentalité
Le congé paternité est porté à trente jours afin de favoriser un meilleur partage des responsabilités parentales et de renforcer le lien entre le père et l’enfant dès les premiers mois de vie.
Soutien aux petites et moyennes entreprises
Afin d’accompagner les petites et moyennes entreprises confrontées à l’absence prolongée de salariées en congé maternité, l’État met en place des dispositifs d’aide financière destinés aux entreprises de moins de 250 salariés.
Ces aides ont pour objectif d’accompagner les coûts liés au remplacement temporaire des salariées concernées ou à la réorganisation interne des services.
Application dans la fonction publique
Les dispositions de la présente loi s’appliquent également aux fonctionnaires et aux agents contractuels de la fonction publique.
Des aménagements de poste peuvent être proposés aux agentes enceintes rencontrant des difficultés particulières pendant leur grossesse.
Suivi et évaluation de la loi
Un comité national de suivi est placé sous l’autorité conjointe du ministère du Travail et du ministère de la Santé afin d’évaluer l’impact de la présente loi.
Un rapport annuel est remis au Parlement afin de proposer, le cas échéant, des ajustements législatifs ou réglementaires.
La présente loi entre en vigueur à compter du 1er juillet suivant sa promulgation.
Un délai de six mois est accordé aux entreprises, administrations et organismes concernés afin de se conformer aux nouvelles dispositions.
La présente loi vise à renforcer les droits liés à la maternité, à améliorer la protection des femmes après l’accouchement et à favoriser un meilleur équilibre entre les responsabilités familiales, professionnelles et sociales.
C’est enfin une véritable prise de conscience : celle de ne plus tolérer cette violence ordinaire et de considérer les femmes dans leurs singularités afin de favoriser un mieux-vivre ensemble et un équilibre plus harmonieux de la société.
Après la lecture de ces deux propositions de loi, Alice part s’asseoir dans le jardin. Elle a besoin d’un moment pour elle, de mesurer tout le chemin parcouru, toutes les épreuves traversées, toute l’énergie déployée pour obtenir ces précieuses feuilles posées sur la table du salon.
Elle a encore du mal à réaliser que « Une pour toutes » s’est fait entendre et participe désormais à faire évoluer les consciences…
Sandra rejoint sa mère. Elle sent la vive émotion qui la submerge et la serre dans ses bras sans parler. Toutes les deux laissent simplement le moment exister…
Que ce soit enfin la fin de cette violence ordinaire…
Ce n’est pas uniquement l’équilibre de cette famille qui se stabilise. C’est un véritable tournant pour les femmes de France, qui découvrent une nouvelle considération, un nouveau respect et surtout une prise de conscience collective autour de l’inclusion.
Il aura fallu plusieurs mois pour que les nouvelles lois et les dispositifs associés entrent en vigueur.
Aujourd’hui, les discriminations et les violences ordinaires sont davantage sanctionnées par la loi. Les femmes gagnent en considération, et un nouveau respect s’installe à la mesure de leur contribution à l’humanité. Enfin, elles sont entendues dans leurs différences.
Sandra trouve réellement sa voie. Elle est invitée au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Allemagne, où elle partage ses révélations inspirantes. Comme sa mère, elle devient progressivement une figure pour de nombreuses femmes et poursuit avec passion ses recherches. Elle intervient dans des conférences, publie des articles remarqués et participe à de nombreux colloques.
Lisa s’est progressivement reconnectée à elle-même. Elle garde en mémoire cette citation de Coco Chanel qui la définit bien aujourd’hui : « La beauté commence au moment où vous décidez d’être vous-même… »
De plus en plus, elle apprend à se connaître, à se respecter et à vivre dans la douceur de sa vie de famille. L’exercice n’est pas simple, mais lorsque chacun désire une vie heureuse, l’effort devient un chemin. Fabrice a appris à faire preuve de davantage de souplesse pour préserver son couple. Il accompagne Lisa aux conférences de sa mère et découvre un sujet captivant, autour des différences entre les femmes et les hommes. Un véritable réveil.
Alice alimente plus que jamais son blog pour que toutes aient droit à la parole et puissent partager leurs expériences. Des récits riches en solutions, mais aussi en soutien, fidèle au but premier du blog : « Plus jamais seule », devenu le slogan qui accompagne désormais « Une pour toutes ».
Elle est aujourd’hui reconnue pour son engagement. Elle partage de nouvelles données scientifiques et des informations de qualité, avec le souci constant de conseiller, d’éclairer et de s’adapter au plus grand nombre. Chaque intervention d’Alice est accueillie comme un cadeau et continue d’apaiser les émotions vives des femmes qui traversent cette transformation, désormais avec davantage de sérénité.
Pierre est fou amoureux de sa femme et prend plaisir à l’accompagner dans ses déplacements. Il lui avait aussi fait la promesse de la kidnapper à ses fans pour un moment à partager seul avec elle, un temps de qualité pour méditer, souffler et s’apaiser de cette euphorie.
Il choisit de lui faire découvrir la perle de l’océan Indien, qui porte le nom de l’esprit du combat d’Alice : l’île de La Réunion. Une mosaïque humaine, une terre d’échanges et de partage, où les différences ne sont pas un obstacle mais une richesse. Des plages aux montagnes, du Piton de la Fournaise aux forêts luxuriantes, l’île lui ressemble : singulière, intense, vivante.
Extrait du blog d’Alice
Les lois françaises ont longtemps reflété une vision patriarcale de la société. Malgré des progrès considérables réalisés au fil des décennies, l’inclusion pleine et entière des femmes demeure un combat majeur.
L’accès à l’égalité des droits n’a pas toujours été garanti, que ce soit en matière de travail, de parentalité ou même de droits civiques. Pourtant, des lois majeures, comme le droit de vote des femmes en 1944, l’égalité salariale, ou encore la lutte contre les violences conjugales et le harcèlement sexuel, ont constitué des avancées majeures.
Pour de nombreuses femmes, ces lois ne sont pas qu’un ensemble de règles écrites : elles symbolisent un chemin vers la reconnaissance, vers la liberté d’être soi et de s’affirmer pleinement dans la société. Chaque droit acquis représente un pas vers la justice. Il touche au cœur de notre dignité, car derrière les articles de loi, il y a des vies, des femmes et des hommes marqués par l’histoire du féminisme et des luttes sociales.
Pour nous, les femmes, l’inclusion dans les lois ne se limite pas à l’égalité formelle. Elle concerne aussi l’application concrète de ces droits.
Il ne suffit pas que la loi garantisse l’égalité entre les sexes. Encore faut-il qu’elle protège efficacement, qu’elle soutienne et qu’elle s’adapte aux réalités de chaque femme, dans toute sa diversité. C’est ce processus de transformation, tant juridique que sociale, qui donne enfin aux femmes l’impression que la société commence à nous prendre en compte à notre juste valeur.
Cela représente pour nous non seulement une question de droits, mais aussi une reconnaissance profonde de notre place et de notre rôle dans la construction du pays.
Cet écrit remercie les femmes et les hommes de France qui ont permis la construction de cette reconnaissance. Vous avez fait en sorte que l’impossible soit possible. Grâce à vous, l’adoption et l’application de ces lois représentent des avancées inestimables, une reconnaissance de nos différences et de nos êtres profonds.
Je ressens, grâce à vous, un profond sentiment d’accomplissement. À la fois une fin et un renouveau. Une croissance personnelle et un tremplin vers nos prochains défis.
L’humanité a besoin d’évoluer constamment pour éveiller les consciences et maintenir l’épanouissement de ses individus. Toute activité humaine est une marche vers l’équilibre. Et l’équilibre, c’est se sentir à sa place.
Merci de me suivre depuis le début de l’aventure. Je vous dois beaucoup.
Alice.
Je remercie profondément les auteurs qui ont nourri ce chemin d’écriture. Leurs mots, leur parcours, leurs doutes parfois, ont résonné en moi et m’ont aidée à faire émerger cette histoire.
Nat, mon amie, pour ta présence fidèle, ton regard sincère et ta capacité à me dire les choses avec justesse, même quand elles sont difficiles.
Laëtitia, pour ton objectivité et pour tes retours précis, qui m’ont permis d’aller plus loin, sans jamais me perdre.
Arnaud, mon compagnon, pour ton soutien discret mais constant, pour ta patience et pour le temps que tu as consacré à relire, corriger et m’accompagner tout au long de ce projet.
Ce roman est né d’un besoin profond : comprendre, mettre des mots et surtout ne plus laisser les femmes seules face à ce qu’elles traversent. J’ai voulu qu’il soit à la fois une histoire et un espace de résonance, où chacune puisse se reconnaître, s’autoriser et peut-être se découvrir.
Si ces pages vous touchent, vous apaisent ou vous donnent simplement l’élan de vous écouter davantage, alors elles auront pleinement rempli leur rôle.
Je vous souhaite de vivre chaque transformation avec douceur, force et confiance.
Parce que rien ne s’éteint
et tout évolue.
Miranda Gray
Autrice spécialisée dans les cycles féminins.
Ouvrage : Lune rouge.
Lise Bourbeau
Autrice et conférencière en développement personnel.
Ouvrage : Ton corps dit : « Aime-toi ! ».
Cécile Charlap
Sociologue.
Ouvrage : La Fabrique de la ménopause.
Margaret Lock
Anthropologue canadienne spécialisée en anthropologie médicale.
Travaux : recherches sur la ménopause au Japon et les approches culturelles du vieillissement féminin.
Michel Mouly
Médecin gynécologue, spécialiste de la ménopause.
Travaux : interventions et publications autour de la santé hormonale féminine.
Céline Hovette
Praticienne naturopathe.
Ressources : vidéos et contenus autour des symptômes de la ménopause.
Gaëlle Baldassari
Autrice et spécialiste du cycle menstruel.
Ouvrage : Kiffe ton cycle.
Anne-Flore Baron
Conférencière et accompagnante en reconnexion au corps.
Thématique : se reconnecter à son corps.
Fabien Éon
Auteur en développement relationnel.
Ouvrage : J’ai décidé de faire confiance : Comment bien s’entendre avec tout le monde… ou presque !.
Natacha Calestrémé
Autrice et journaliste.
Ressource : interview avec Michèle Laroque autour du féminin et du bien-être.
Michèle Laroque
Actrice et réalisatrice.
Intervention : témoignage et échange autour de la ménopause et du vécu féminin.
Henri Joyeux
Professeur et chirurgien cancérologue.
Christine Bouguet-Joyeux
Nutritionniste spécialisée en gastronomie santé.
Ressource : reportage YouTube sur les dangers et les options naturelles liées à la ménopause et à la santé hormonale féminine.
Virginie Calle écrit autour des silences, des transformations intimes et de ces passages de vie que l’on traverse souvent trop seules.
Avec Une pour toutes, elle explore le corps féminin, le temps qui passe, la parole qui se libère et la force collective qui peut naître d’une expérience longtemps tue.
Découvrir son univers d’autrice
Site officiel : plume-de-virginie.fr
Prolonger l’expérience du roman
Le blog fictif créé autour de Une pour toutes permet d’entrer plus loin dans l’univers d’Alice et dans la résonance du récit.
Blog immersif : unepourtoutes.fr
Autre roman publié
J’ai 9 ans et l’univers est une corne d’abondance, publié aux Éditions Baudelaire.
Page éditeur : Éditions Baudelaire
Merci d’avoir lu ce roman.
L’histoire continue parfois là où le livre se referme.