Découvrez les débuts de Marie-Joëlle, la reine de la jungle, à l'époque où son royaume était encore paisible ! Avant l'arrivée de Charlie, il y avait Louise, un Golden Retriever majestueux et patient. Entre chasse à la queue, plongeon imprévu dans la gamelle d'eau et conquête clandestine du canapé, plongez dans cette nouvelle histoire drôle pour enfants !
La Flèche du désert n’a pas toujours été MA voisine.
Il fut même une époque merveilleuse où Charlie n’existait pas dans mon environnement immédiat.
Une époque paisible.
Une époque raffinée.
Une époque où l’on pouvait traverser une terrasse sans qu’un Border Collie surgisse comme une balle projetée !
À cette époque, Tatie Nat avait Louise.
Louise était un Golden Retriever.
Une chienne magnifique. Calme, douce, patiente.
Et surtout : dorée.
Un chien avec un minimum de standing !
D’où MON incompréhension aujourd’hui pour son choix de race actuelle (coucou Charlie !).
Mais ça, c’est une autre histoire ! Louise obtient la note maximale pour son pelage décoratif et son calme olympien.
MOI, j’avais six mois. J’étais encore un bébé.
Enfin… officiellement.
Personnellement, je me considérais déjà comme une jeune souveraine en pleine prise de fonctions.
J’étais petite, ronde, avec quatre minuscules pattes blanches.
Une magnifique queue et une capacité exceptionnelle à prendre des décisions concernant des choses qui ne m’appartenaient pas.
Louise avait cinq ans lorsque l’univers décida de me déposer sur son chemin.
Elle ne le savait pas encore, mais sa vie venait de prendre une dimension supérieure !
La mienne aussi…
Au début, Louise m’observait beaucoup.
Elle me regardait courir.
Elle me regardait bondir.
Elle me regardait attaquer sa queue.
Parce qu’il faut savoir une chose : la queue d’un Golden est un jouet formidable.
Longue. Touffue. Dorée.
Et surtout…
Le boss et la bête
Je passais donc une partie considérable de MES journées à faire la chasse à la queue !
- Louise tournait la tête. Je me figeais.
- Elle regardait devant elle. J’attaquais.
- Elle tournait la tête. Je me figeais.
- Elle regardait droit devant elle. Je sautais.
Un jour, elle me stoppa direct dans MON jeu !
Au bout de dix minutes, Louise avait compris le jeu.
MOI, pas du tout !
Je pensais sincèrement être : invisible.
Elle a rapidement compris qui était le BOSS !
Un jour, elle a remué la queue beaucoup plus fort.
J'avais enfin capturé la bête.
Louise s'est levée.
Je n'avais pas prévu que la bête possédait un chien !
J’ai bondi dessus.
La queue est partie à gauche.
Puis à droite. Puis à gauche.
MOI aussi.
À gauche. À droite.
À droite. À gauche.
Et…
Je suis tombée dans MA gamelle d’eau.
Louise m’a regardée.
J’étais assise dedans.
Trempée. Les oreilles aplaties.
La dignité flottant quelque part à la surface.
Je suis sortie lentement.
Puis je l’ai regardée droit dans les yeux : « Ne raconte ça à personne ! »
Louise m’a léchée toute la tête.
Voilà.
Nous étions devenues les meilleures amies du monde.
La patience admirable de Louise
Maman gardait souvent Louise à l’appartement, car Tatie Nat travaille à l’extérieur, tandis que Maman travaille à la maison.
Ce qui est pratique.
Sauf pour nous !
Parce qu’elle avait développé une étrange habitude : nous surveiller !
— Marie-Joëlle, laisse Louise tranquille.
Je ne faisais rien !
J’étais simplement suspendue à son oreille.
Techniquement, j'avais cessé de bouger.
Je considère donc que j'obéissais !
— Marie-Joëlle !
Bon.
Presque rien !
Louise, elle, était d’une patience admirable.
Je pouvais lui grimper dessus, me cacher derrière elle, lui sauter sur les pattes et tenter régulièrement d’attaquer sa queue.
Jamais elle ne protestait.
Elle avait compris une chose essentielle : j’étais SACRÉE !
Et légèrement fatigante !
Après plusieurs heures de jeux intensifs, nous étions épuisées.
Enfin surtout Louise, cinq ans !
Ce qui doit faire au moins cent trente ans en âge humain.
Je n'ai pas vérifié.
Les mathématiques ne sont pas une matière royale.
MOI, j’appelais ça : « une pause stratégique ».
Louise s’allongeait sur le sol.
Et MOI, je m’installais entre ses énormes paluches.
Au bout de trente secondes, nous dormions.
La conquête du canapé
Mais il existait dans le salon un endroit encore plus confortable, plus doux, plus moelleux.
Le CA.NA.PÉ !
MOI, j’avais le droit d’y monter.
Louise : NON.
Décision totalement incompréhensible !
Je pouvais perdre des poils dessus.
Louise pouvait perdre des poils dessus.
La différence était simplement que les siens étaient dorés.
Donc objectivement : plus décoratifs.
Maman n’était pas sensible à cet argument.
Un jour, elle attrape ses clés.
Louise et MOI relevons simultanément la tête.
— Je vais faire une course. Je reviens vite.
Nous la regardons.
— Et pas de bêtises.
Silence…
La porte se ferme.
Je regarde Louise.
Nous regardons le canapé.
Puis nous regardons la porte.
Puis le canapé.
Puis la porte.
Puis le canapé.
J’ignore qui a pris la décision.
Mais quelques secondes plus tard, nous étions dessus.
Enfin…
Louise était dessus.
MOI, j’avais essayé de sauter directement.
J’avais six mois.
J’avais donc calculé MA trajectoire avec une grande précision.
J’ai sauté.
Et je me suis écrasée contre le bord du canapé.
Louise a passé la tête au-dessus de l’accoudoir.
Je me suis relevée immédiatement. C’était volontaire !
Deuxième tentative.
Cette fois, j’y suis arrivée.
Je me suis installée entre ses pattes.
Mission accomplie.
Il faut reconnaître que nous avions organisé les choses intelligemment.
Louise occupait environ 97 % du canapé.
MOI, les 3 % restants.
Enfin… au début.
Parce qu’après quelques minutes, je me suis étalée.
Une patte ici. Une autre là.
La queue sur le museau de Louise.
Finalement, Louise occupait environ 70 % du canapé.
Puis 60… Puis 50.
Elle n’a rien dit.
Louise était une amie parfaite !
Nous avons fermé les yeux.
Les oiseaux chantaient dehors.
Le vent passait doucement sur la terrasse.
J’étais au chaud contre ma meilleure amie.
La vie était parfaite.
L'opération Chatastrophique
Puis…
La porte d’entrée.
Louise ouvre un œil. J’ouvre un œil.
Nous nous regardons.
Maman vient d’entrer. Petit problème.
🚨 Alerte rouge
Nous avions oublié de prévoir : « Le plan de sortie ».
Maman apparaît dans le salon.
Elle s’arrête. Nous regarde.
Regarde le canapé. Regarde Louise. Me regarde.
Puis regarde encore Louise.
Nous avons immédiatement appliqué le « plan B de secours ».
Faire comme si nous avions toujours été là.
Le plan B présentait une légère faiblesse : nous étions sur le canapé !
Ok opération Chatastrophique !
— Eh oh ! Vous n’êtes pas gênées toutes les deux ? Qu’est-ce que vous faites là ?
Silence.
Je soulève lentement la tête. Louise aussi.
Je regarde Maman. Puis Louise. Puis Maman.
Franchement, je ne comprends pas sa question.
Bah… nous dormons !
Ça se voit !
Je repose donc ma tête.
Louise fait exactement pareil.
Voilà. Problème réglé !
— Marie-Joëlle !
Une oreille se lève.
— Louise !
Une oreille de Louise se lève.
Cette fois, nous ouvrons les yeux.
Complètement.
Louise me regarde. Je regarde Louise.
Nous avons immédiatement compris la gravité de la situation.
Maman venait de perdre son calme.
Louise descend.
MOI, je reste !
Parce qu’il faut parfois défendre ses convictions.
— Marie-Joëlle, toi aussi !
Je ferme les yeux. Je dors.
Je ne peux donc techniquement pas entendre cette demande !
— Marie-Jo…
Je descends. Mais TRÈS lentement.
Avec toute la dignité dont peut disposer un félin bientôt souverain de six mois qui vient de perdre une bataille.
Une patte. Puis l’autre.
Puis les fesses.
Puis…
Je tombe sur Louise.
Louise ne bouge même pas.
Je reste quelques secondes sur son dos.
Finalement, c’est pas si mal !
Maman nous montre le sol.
— Là.
Louise s’allonge.
Je me glisse entre ses pattes.
Puis je regarde Maman.
Longuement.
Très longuement.
👑 Rapport Officiel d'Expulsion
Je tiens à consigner par écrit et sans rature l'injustice intergalactique commise en ce lieu. Bilan des forces en présence :
- Infraction 1 : Avoir interrompu un protocole de sieste de haute importance.
- Infraction 2 : Expulsion violente et non concertée des coussins moelleux.
- Infraction 3 : Privation arbitraire d'un canapé pourtant testé, approuvé et déclaré zone de non-droit par Sa Majesté.
Louise s’est rendormie immédiatement.
MOI aussi.
Enfin presque.
Parce qu’avant, j’ai ouvert un œil vers le canapé.
Puis vers Maman. Puis vers le canapé.
Ce dossier n’était pas clos. Pas du tout.
J’avais six mois.
J’avais encore ma queue.
J’étais haute comme trois pommes.
Mais j’avais déjà compris quelque chose d’essentiel : une reine peut perdre une bataille…
Et SURTOUT s’installer dans le canapé dès que Maman quitte la pièce !
Ce que j’ai fait.
Évidemment.
Louise m’a suivie.
Évidemment.
C’est MOI le BOSS dans cet appartement !
Enfin voilà, vous comprenez MA vie maintenant !
MOI, c’est Marie-Joëlle Calle.
Six mois. Toutes mes dents. Une queue.
Une chienne Golden Retriever comme meilleure amie.
Et déjà beaucoup trop de règles à gérer dans mon royaume.
MAIS avec siestes obligatoires dans le canapé tous les jours avec mon amie Louise quand Maman a le dos tourné !
À plus pour une de mes nouvelles et si captivantes aventures ! 🐾
🐾 Le Petit Dico de Marie-Joëlle
- Chatastrophique : Situation dramatique où une reine est prise en flagrant délit sur un meuble théoriquement interdit.
- Pause stratégique : Excuse féline diplomatique pour s'effondrer de fatigue sur le dos de son meilleur ami canin.
- Chapardart : (ou chapétar) Terme technique désignant le comportement scandaleux d'un intrus essayant de s'approprier ce qui appartient de droit à Sa Majesté.
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