Retrouvez Marie-Joëlle, la chatte reine de la jungle, dans un nouvel épisode rocambolesque ! Après une mauvaise chute, Sa Majesté se retrouve plâtrée et rasée. Mais ce malheur cache un trésor inestimable : l'accès illimité au thon. Prête à tout pour conserver ses privilèges, Marie-Joëlle va déployer des talents d'actrice dignes des plus grands Oscars !
Qui est le toto qui a affirmé que les chats retombent toujours sur leurs pattes ?
J’aimerais beaucoup le rencontrer ! Juste cinq minutes. Pour discuter. Enfin… quand je dis discuter…
Parce que MOI, Marie-Joëlle Calle, reine de la jungle, terreur des ficelles, spécialiste internationale du saut depuis les endroits où Maman m’a précisément interdit de monter… je viens de me casser la patte !
Oui. Cassée !
En tombant de l’arbre juste en face de chez moi. Je préfère préciser tout de suite que l’arbre a probablement bougé ! Je ne vois pas d’autre explication.
Et là commence mon calvaire. Un mois de souffrance. Un mois de vétérinaires.
Un mois avec un énorme plâtre qui glisse de ma patte toutes les cinq minutes.
On remet le plâtre. Il glisse. On le remet. Il reglisse.
À ce rythme-là, ce n’est plus une patte que j’ai. C’est un distributeur de plâtres !
Finalement, un docteur manifestement plus éclairé que les autres comprend qu’il faut raser mes poils pour que le plâtre tienne.
Me raser ?! MOI. Marie-Joëlle Calle !
Je préfère ne pas développer. Certaines humiliations doivent rester dans le cercle familial.
Mais il faut reconnaître une chose. Cet accident a considérablement amélioré mon niveau de vie !
Parce que Maman a pitié de moi. Et quand Maman a pitié de moi…
Maman achète du THON !
Vous avez bien lu. Pas les petites croquettes sèches qui font cric-crac et qu’on essaie de nous vendre comme un repas équilibré.
Non. Du vrai thon : moelleux, parfumé, magnifique.
Pendant trois semaines, je vis donc ma meilleure vie. Enfin… ma meilleure vie avec une patte cassée à moitié rasée et une collerette ridicule.
Mais quand même. THOOOOON !
- Dès que Maman entre dans la cuisine : MIAAAAAOUUUUU !
- Elle ouvre un placard : MIAAAAAOUUUUU !
- Elle touche une casserole : MIAAAAAOUUUUU !
- Elle vient juste chercher un verre d’eau : THOOOOON !
Bon. Apparemment, au bout de trois semaines, cela devient « pénible ! » Je trouve le terme excessif.
Un jour, Maman me regarde.
— Marie-Joëlle, tais-toi maintenant !
Pardon ? Je suis blessée, handicapée et fragile. Psychologiquement une toute petite chose sans défense !
Et elle me demande de me taire ? Chaperlipopette !
Maman, un peu de douceur ! Un peu d’empathie ! C’est ton métier, quand même !
Et là… elle prononce LA phrase. La phrase qui va bouleverser ma vie.
🚨 L'annonce fatale
— Dans deux jours, on enlève ton plâtre. Ensuite, terminé les boîtes de thon. On reprend les bonnes habitudes : croquettes et une petite portion de pâtée.
Je reste figée. Le monde s’écroule.
Je porte depuis des semaines une collerette qui me donne l’air d’une lampe de chevet !
Mon plâtre est tellement lourd que lorsque je descends les escaliers :
BOUM. Deux marches.
BOUM.
Les voisins doivent croire qu’un rhinocéros a emménagé dans la résidence.
Je ne peux plus grimper aux arbres. Je ne peux plus courir. Je ne peux plus attaquer mes ficelles correctement. J’ai perdu une partie de mes poils.
Et maintenant… ELLE VEUT ME RETIRER LE THON ?
Aucune pitié. Chavraiment, les humains sont des monstres.
👑 Opération Sauvetage du Thon
Aide Marie-Joëlle à valider son plan d'attaque top secret en cochant les 4 étapes :
-
✔Étape 1 : Repérer la cachette des boîtes bleues
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✔Étape 2 : Attendre le bon moment (le dos de Maman)
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✔Étape 3 : Créer une distraction dramatique
-
✔Étape 4 : Sécuriser le THON !
Deux jours plus tard, le vétérinaire enlève enfin mon plâtre.
LIBERTÉ ! Ma patte est légère !
J’ai envie de courir ! De bondir ! De grimper ! De faire trois fois le tour du salon !
Je pose une patte dehors et…
Attendez ! Si Maman voit que je vais bien… PLUS DE THON ! Chatastrophe.
Plan B.
Je rentre immédiatement la patte. Je baisse les oreilles. Je courbe le dos. Et je commence à boiter.
Très légèrement au début. Puis je réfléchis. Non, pas assez dramatique.
Alors je boîte BEAUCOUP ! Une patte en l’air. Trois petits pas. Arrêt.
Regard vers Maman. Petit tremblement. Et là… les yeux. Mes fameux yeux.
Les grands yeux humides du chat abandonné par la vie.
Je pousse un minuscule : Miiiiaou…
Pour la meilleure comédienne : « Oscar », « César », « Palme d’or » ?! Je mérite tout !
Maman me regarde. Elle hésite. Je rajoute un petit tremblement de patte.
— Oh… mon pauvre bébé chat…
ELLE CRAQUE. THON. Victoire !
Je plonge dans ma gamelle. Enfin… Je plonge dignement. Je suis blessée, n’oublions pas.
Et je m’empiffre. Vite. Très vite. Parce qu’on ne sait jamais. Maman pourrait changer d’avis !
Ou pire… la flèche du désert pourrait surgir et terminer ma gamelle !
Avec Charlie dans les environs, une boîte de thon sans surveillance a approximativement l’espérance de vie d’un glaçon au soleil.
Mon petit système fonctionne merveilleusement bien. Un jour. Deux jours. Une semaine. Quinze jours.
Je boite devant Maman. Puis je cours quand elle ne regarde pas !
Je boite dans la cuisine. Puis je bondis sur le canapé.
Je boite devant la boîte de thon. Puis je traverse la terrasse à fond la caisse parce qu’un lézard a l’insolence de passer devant moi.
La chute de l'actrice
Tout se passe parfaitement. Enfin… presque.
Parce qu’un soir, Maman me regarde bizarrement.
— Dis donc, Marie-Jo…
Mauvais début.
— Je remarque quelque chose.
Très mauvais début.
— Tu boites surtout quand tu veux du thon ?!
Mensonge !
— Tu ne serais pas en train de jouer la comédie ?
Moi ? MOI ?! Elle ose !
Il y a quelques semaines, cette humaine était bouleversée en me voyant revenir avec une patte cassée.
Aujourd’hui, elle m’accuse d’être une fraudeuse. Quelle ingratitude. Chapristi !
Je décide donc de renforcer mon interprétation.
Désormais, je ne boite plus. J’AGONISE.
Enfin… uniquement quand Maman est là.
Je descends les escaliers au ralenti.
Une marche. Pause. Regard douloureux.
Deuxième marche. Soupir.
Troisième marche. Petit « miaou » plaintif.
Franchement, même moi j’ai envie de me prendre dans mes bras.
Mais quinze jours plus tard…
Maman arrive alors que je prends tranquillement mon bain de soleil sur la terrasse.
— Marie-Joëlle.
Oh non. Le prénom complet.
Quand un humain utilise votre prénom complet, ce n’est jamais pour annoncer du thon !
Je crois que mon cœur vient de s’arrêter.
— Je t’observe depuis plusieurs jours. Tu es complètement rétablie. Tu cours, tu sautes, tu joues… et dès que tu entres dans la cuisine, tu recommences à boiter.
Je ne vois absolument pas le rapport ?!
— J’ai compris ton manège.
Quel manège ?! Je n’ai même pas de cheval.
— Alors maintenant, terminé ! Tes croquettes sont sous la varangue et tu auras une petite portion de pâtée une fois par jour.
Voilà. Aucune pitié. Chavraiment les humains !
Je descends immédiatement les escaliers. Très lentement.
Une marche… Aïe.
Deux marches… Ouille.
Trois marches… Je manque même de m’écrouler. Enfin, artistiquement.
Maman croise les bras.
— Arrête ton cinéma, Marie-Joëlle.
CINÉMA ?!
La vengeance du terroir
Très bien. Puisqu’elle refuse de reconnaître mon talent… Je vais lui faire un cadeau.
Je pars dans le jardin. Inspection sous les feuilles. Rien.
Sous un pot. Rien.
Derrière une pierre… Oh. Magnifique !!!
Je la saisis délicatement. Direction la cuisine.
Et je la dépose juste au milieu du passage. Puis je m’assois à côté.
Très droite, très digne. J’attends !
Maman arrive. Elle fait deux pas. Elle regarde le sol. Silence.
Une énorme chenille de bois ! Bien grosse. Bien dodue. Bien… chenille.
Exactement ce qu’elle a en HORREUR !
Puis :
Je la regarde. Elle regarde la chenille. Je regarde la chenille. Puis je regarde Maman.
Oui. Cadeau. Tu ne me donnes plus de thon. Je t’apporte à manger.
Je ne vois vraiment pas où est le problème ?!
Voilà. Vous comprenez mieux ma vie maintenant.
Une patte cassée. Un mois de plâtre. Une humiliation capillaire. Une collerette. Un sevrage brutal du thon.
Et pour finir, on m’accuse de jouer la comédie. MOI. Une reine.
Franchement… Aucune pitié.
Bon, je vous laisse. J’ai aperçu Maman sortir quelque chose du placard.
Une boîte ronde. Bleue.
Attendez. DU THON ?!
Enfin voilà, vous comprenez ma vie maintenant !
Bon à plus, pour une de mes nouvelles et si captivantes aventures ! 🐾
🐾 Le Petit Dico de Marie-Joëlle
- Chaperlipopette : Exclamation de reine face au manque d'empathie total de ses serviteurs humains.
- Chatastrophe : Menace imminente de perdre ses privilèges royaux (comme le thon).
- Chavraiment : Profonde déception envers la nature humaine et ses décisions injustes.
- Chapristi : Juron félin prononcé lorsqu'une humaine ose remettre en question des talents d'actrice oscarisés.
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